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Peut-on échapper à l'ennui ?

Publié le 26/02/2004

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Son argumentation critique se bat sur le terrain non de l'axiologie mais de la logique. Vous voulons dire par là que notre philosophe ne discrimine nullement les bons des mauvais désirs - comme l'on trie le bon grain de l'ivraie - , mais que c'est tous ou plutôt le tout du désir qu'il refuse. La radicalité du malheur évoquée plus haut appelle comme par écho la radicalisation et la totalisation du rejet des désirs, et ce, au nom d'un raisonnement à l'impeccable logique. En effet, de deux choses l'une : soit nous désirons l' " inatteint " (nous ne désirons que ce dont nous sommes démunis) ; soit nous l'atteignons et ne le désirons plus : " La satisfaction, le bonheur comme l'appellent les hommes, n'est en propre et dans son essence rien de négatif : en elle, rien de positif. Il n'y a pas de satisfaction qui d'elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu'elle soit la satisfaction d'un désir. Or avec la satisfaction cesse le désir, et par conséquent la jouissance aussi. " (" Le monde comme volonté et comme représentation "). La satisfaction d'un désir, la possession d'une femme par exemple, signe le commencement de l'agonie... du désir : " L'amour de l'homme décline sensiblement à partir du moment où il a reçu satisfaction ; presque toutes les autres femmes l'attirent plus que celle qu'il possède déjà, il aspire au changement. " (Ibid.

Grâce aux désirs, l'homme échappe à l'ennui. Ne pas s'ennuyer dépend de notre appétit de vivre.  C'est à nous de faire preuve d'enthousiasme, de curiosité, de créativité pour ne pas nous ennuyer. Mais, il est inévitable que nous ayons des moments d'ennui dans la vie - qui ne peut être toujours exaltante. La vieillesse, la maladie génèrent à elles seules le sentiment de l'ennui. A mesure que nos désirs et nos espoirs s'estompent, l'ennui nous gagne.

« vérité et dans sa certitude. Dès lors, ce n'est pas en vain que les individus et les peuples sont sacrifiés.

On comprend aussi que lespassions sont, sans le savoir, au service de ce qui les dépasse, de la fin dernière de l'histoire: la réalisation del'Esprit ou de Dieu.

Chaque homme, dans la vie, cherche à atteindre ses propres buts, cache sous des grandsmots des actions égoïstes et tâche de tirer son épingle du jeu.

Et la passion, ce n'est jamais que l'activitéhumaine commandée par des intérêts égoïstes et dans laquelle l'homme met toute l'énergie de son vouloir etde son caractère, en sacrifiant à ses fins particulières et actuelles toutes les autres fins qu'il pourrait sedonner: « Pour moi, l'activité humaine en général dérive d'intérêts particuliers, de fins spéciales ou, si l'on veut,d'intentions égoïstes, en ce sens que l'homme met toute l'énergie de sa volonté et de son caractère auservice de ses buts en leur sacrifiant tout ce qui pourrait être un autre but, ou plutôt en leur sacrifiant tout lereste.

» Mais si les passions sont orientées vers des fins particulières, elles ne sont pas, pour autant, opposées àl'universel.

Le tumulte des intérêts contradictoires, des passions se résout en une loi nécessaire et universelle.L'individu qui met son intelligence et son vouloir au service de ses passions sert, en fait et malgré lui, autrui,en contribuant à l'oeuvre universelle.

Telle est la ruse de la Raison: les individus font ce que la Raison veut,sans cesser de suivre leurs impulsions, leurs passions singulières, de même que grâce à la ruse de l'homme, lanature fait ce qu'il veut sans cesser d'obéir à ses propres lois. L'universel est donc présent dans les volontés individuelles et s'accomplit par elles et particulièrement par lamédiation des grands hommes de l'histoire.

Ainsi, par exemple, Jules César ne croyait agir que pour sonambition personnelle en combattant les maîtres des provinces de l'empire romain.

Or, sa victoire sur eux fut enmême temps une conquête de la totalité de l'empire: il devint ainsi, sans toucher à la forme de la constitution,le maître individuel de l'État.

Et le pouvoir unique à Rome « que lui conféra l'accomplissement de son but deprime abord négatif » ouvrait une phase nécessaire dans l'histoire de Rome et dans l'histoire du monde: « Les grands hommes de l'histoire sont ceux dont les fins particulières contiennent la substantialité que contrela volonté de l'Esprit du monde.

» Les individus historiques sont donc les agents d'un but qui constitue une étape dans la marche progressivel'Esprit universel.

Mais sans la passion, ils n'auraient ri pu produire.« Ce n'est pas le bonheur qu'ils ont choisi, mais la peine, le travail pour leur but.

[...

] En fait, ils ont étépassionnés, c'est-à-dire ils ont passionnément pour leur but et lui ont consacré tout leur caractère, leur gd etleur tempérament.

[...] La passion est devenue l'énergie de leur moi; sans la passion ils n'auraient rienproduire.

» Les grands hommes, les peuples avec leur esprit, 1eur constitution, leur art, leur religion, leur science nemaîtrisent pas le sens de ce qu'ils font.

Ils ne sont, que « les moyens, les instruments d'une chose plusélevée, plus vaste qu'ils ignorent et accomplissent inconsciemment ».

Si « Rien de grand ne s'est accomplidans le monde sans passion », c'est bien parce que les passions sont énergie, incandescence du vouloir,tension vers un but, mais aussi et surtout parce qu'elles ne sont que « les moyens du génie de l'univers pouraccomplir sa fin ».Hegel ne juge pas les passions d'un point de vue moral, mais du point de vue de l'histoire.

On peut remarquerque, même sur un plan personnel, toute passion comporte un élan susceptible d'être finalisé et peut ainsi êtreà l'origine de grandes découvertes ou d'oeuvres personnelles.

Ainsi, par exemple, Dostoïevski qui avait lapassion du jeu a réussi à transcender sa passion, à lui donner un sens, dans son oeuvre « Le Joueur ».Hegel compare l'histoire du monde à une tapisserie dont , les la chaîne est l'Idée ou l'Esprit,et la trame, ou les fils passions.

Sa philosophie de l'histoire est une véritable théodicée dans laquelle lesmoments excessifs, sanglants, les hommes immoraux et même les criminels préparent l'avenir selon lesdesseins de la raison divine.

On n'a pas manqué de voir dans une telle conception sinon l'affirmation de lavertu des massacres et des violences, du moins la justification du mal.

Puisque la raison gouverne le monde etpar conséquent a gouverné et gouverne l'histoire, alors tout ce qui s'est passé et se passe encore, et mêmela folie, la déraison font avancer les choses vers l'heureuse conclusion. En fait, Hegel ne cherche pas à justifier le mal, mais il considère que l'Esprit réussira, dans ce travail, àressaisir en lui-même ce qui se dégage de l'histoire et à organiser le monde selon sa rationalité propre.Autrement dit, plus le mal est grand, plus grandes sont aussi les exigences de réconciliation, car la volontéhumaine, en son plus extrême déchirement, pose la nécessité d'une unité qui en rende compte.

On constateratoutefois qu'avec l'avènement des sociétés totalitaires au xx ième siècle, et, en particulier, le mal absolu queconstitue l'holocauste, a surgi une négativité qui s'affirme en puissance contre la liberté.

La déraison resteune figure possible de l'homme et nul ne peut dire à l'avance ce que sera la fin de son histoire.. »

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