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Peut-on être indifférent à la beauté ?

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La contemplation de la beauté procure une émotion désintéressée. Or, beaucoup de gens méprisent les émotions et le désintéressement. On peut avoir un regard uniquement utilitaire sur le monde. Mais, la beauté s'imose à tous. Elle est universelle et tous les hommes la cherchent. L'homme doué de sensibilité ne peut demeurer indifférent à la beauté d'une oeuvre d'art.

  • [Le goût de la beauté est une question de sensibilité. Or, de nombreuses personnes, par manque d'intérêt ou de volonté, sont insensibles. La sensibilité à la beauté n'est donc pas universelle, on peut être indifférent à celle-ci.]
  • [La beauté s'impose à tout le monde, quelles que soient la culture et la sensibilité des gens. Si la beauté est tellement valorisée par les hommes, c'est bien parce qu'elle ne laisse personne indifférent.]

« Le plaisir esthétique est donc contemplation, non consommation.Il n'apporte aucun profit matériel, elle n'est d'aucune utilité. Elle procure seulement un plaisir sensuel etintellectuel. Les matérialistes, ceux qui ne s'intéressent qu'aux choses utiles et profitables, tiennent lasensibilité pour une faculté méprisable. S'ils s'intéressent à la beauté, à l'art, c'est seulement pour leur valeurmarchande. Jugement de goût et culture • Marx affirme que l'art – ainsi que la philosophie, la religion, etc. – dépend de la classe sociale dominante àun moment historique donné, et des rapports de classes dans cette société. Tout artiste, (Marx prendl'exemple du peintre Raphaël), a été « conditionné par les progrès techniques que l'art avait réalisés avant lui,par l'organisation de la société et la division du travail qui existaient là où il habitait, et enfin par la division dutravail dans tous les pays avec lesquels la ville qu'il habitait entretenait des relations ».L'artiste dépend de la société dans laquelle il évolue (l'art grec présuppose la mythologie grecque) et touteoeuvre d'art est un reflet de son époque. On ne peut donc véritablement apprécier une oeuvre d'art qu'en lareplaçant dans son contexte, qu'en connaissant les conditions socio-culturelles, politiques, économiques etc.de son apparition. Mais cela n'explique pas pourquoi une oeuvre d'art véritable échappe à la temporalité.Pourquoi sommes-nous encore émus aujourd'hui devant les pyramides égyptiennes ? devant un tableau deVélasquez ? à l'écoute d'une symphonie de Mozart ? "... En ce qui concerne l'art on sait que certaines époques defloraison artistique ne sont nullement en rapport avec l'évolutiongénérale de la société, ni donc avec le développement de la basematérielle qui est comme l'ossature de son organisation. Parexemple les Grecs comparés aux modernes, ou encoreShakespeare. Pour certaines formes de l'art, l'épopée parexemple, on va jusqu'à reconnaître qu'elles ne peuvent jamaisêtre produites dans la forme classique où elles font époque. Dèsque la production de l'art fait son apparition en tant que telle; onadmet par là, que dans la propre sphère de l'art, telles de sescréations insignes ne sont possibles qu'à un stade peu développéde l'évolution de l'art. Si cela est vrai du rapport des diversgenres d'art à l'intérieur du domaine de l'art lui-même, ons'étonnera déjà moins que cela soit également vrai du rapport dela sphère artistique dans son ensemble à l'évolution générale dela société. La seule difficulté c'est de formuler une conceptiongénérale de ces contradictions.Prenons par exemple l'art grec... dans son rapport à notre temps.Il est bien connu que la mythologie grecque fut non seulementl'arsenal de l'art grec mais aussi sa terre nourricière. L'idée de lanature et des rapports sociaux qui alimente l'imaginationgrecque... est-elle compatible avec les métiers à filerautomatiques, les locomotives et le télégraphe électrique? Qu'est-ce que Vulcain auprès de Robertset Cie, Jupiter auprès du paratonnerre?... Toute mythologie dompte, domine, façonne les forces de lanature, dans l'imagination et par l'imagination; elle disparaît donc au moment où ces forces sontdominées réellement... D'autre part, Achille est-il possible à l'âge de la poudre et du plomb?... Lesconditions nécessaires de la poésie épique ne s'évanouissent-elles pas?Mais la difficulté n'est pas de comprendre que l'art grec et l'épopée sont liées à certaines formes dudéveloppement social, la difficulté, la voici : ils nous procurent encore une jouissance artistique et àcertains égards ils servent de norme, ils nous sont un modèle inaccessible...... Un homme ne peut redevenir enfant sans être puéril. Mais ne se réjouit-il pas de la naïveté del'enfant et ne doit-il pas lui-même s'efforcer à un niveau plus élevé de reproduire sa vérité? Est-ceque, dans la nature enfantine, ne revit pas le caractère de chaque époque, dans sa vérité naturelle?Pourquoi l'enfance historique de l'humanité au plus beau de son épanouissement n'exercerait-ellepas l'attrait éternel du moment qui ne reviendra plus ?" MARX Ce fragment sur le problème de l'art appartient à un texte de 1857 Introduction générale à la Critiquede l'économie politique que Marx ne fit pas publier. Marx écrira deux ans après dans l'Avant-proposde la Critique de l'économie politique. « J'avais ébauché une introduction générale, mais je lasupprime. Réflexion faite, il serait gênant d'anticiper sur des résultats non encore établis. » Le textea été publié pour la première fois par Kautsky en 1903. Le problème de l'art est, nous allons direpourquoi, un des plus épineux qui puissent se poser à un marxiste. Les marxistes contemporains quis'y sont attaqués (Georg Lukacs, professeur d'esthétique à Budapest, Henri Lefebvre en France,Contribution à l'esthétique, Ed. Sociales) ne l'ont pas eux-mêmes pleinement résolu.Pour aborder ce texte sur l'art il faut d'abord rappeler le principe général de la philosophie marxiste,c'est-à-dire du matérialisme historique. Les forces productives (l'état des techniques et des moyensde production économiques, à tel moment de l'histoire) et les rapports de production (c'est-à-direles relations et les conflits des classes sociales qui en dérivent) constituent l'infrastructure de lasociété. L'état et l'évolution de cette infra-structure déterminent en dernier ressort l'état et »

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