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Peut-on être prisonnier du travail ?

Publié le 09/03/2004

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travail

Situation contradictoire tant du capital, qui ne peut subsister comme capital qu'en accroissant la misère de l'ouvrier, que de l'ouvrier, qui ne peut subsister comme ouvrier qu'en accroissant le capital. Richesse et misère à la fois. Et la richesse croît dans la même proportion que la misère : « Certes, le travail produit des merveilles pour les riches, mais pour le travailleur il produit le dépouillement. Il produit la beauté, mais pour l'ouvrier c'est l'infirmité. Il remplace l'ouvrier par les machines, mais il rejette une partie des ouvriers vers un travail barbare et transforme l'autre moitié en machines. Il produit l'esprit, mais pour l'ouvrier il produit l'absurdité, le crétinisme. « L'ouvrier n'est pas moins aliéné, en un second lieu, dans l'acte même de la production. C'est même là qu'est la cause de son aliénation par rapport à son produit. « Premièrement, dit Marx, le travail est extérieur à l'ouvrier, cad il n'appartient pas à son être ; par conséquent, il ne s'affirme pas dans son travail, bien au contraire, il s'y renie ; loin d'y être heureux, il s'y sent malheureux ; il n'y développe aucune énergie libre, ni physique, ni morale, mais y mortifie son corps et y ruine son esprit. Et c'est pourquoi l'ouvrier ne se sent chez lui que lorsqu'il a quitté son travail ; quand il travaille, il ne se sent pas 'à la maison' «.

Le travail est une prison car le travailleur, d'après l'étude marxiste, est, d'autre part, dépossédé de sa production et, d'autre part, contraint de vendre sa force de travail au patron.

MAIS...

Le travail est aussi facteur de liberté et de réalisation de soi...

  • I) On peut être prisonnier de son travail.

a) Le travail est une prison moderne et capitaliste. b) Seu le travail choisi est lbre. c) La division du travail emprisonne l'homme à son poste.

  • II) On peut ne pas être prisonnier du travail.

a) Le travail est libérateur. b) Travail et conscience de soi (Hegel). c) Après le travail, les loisirs !

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travail

« dépense d'énergie, si immense, que toute cette force est soustraite « à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l'amour, à la haine, il présence constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles etrégulières. » La sécurité, c'est la routine et le nivellement. Le gaspillage des forces à des buts mesquins au lieu d'une pensée durisque. Le monde moderne est l'anti « il faut vivre dangereusement ». Le travail et le commerce imposent le manque dedistinction entre les choses, les activités et les valeurs, l'incapacité à s'affirmer par soi-même et la nécessité de tout jugerselon autrui. Or tout cela signifie refuser l'individu, l'individualité, tout ce qui est grand ou seulement soi-même. « On assiste aujourd'hui [...] à l'apparition de la culture d'une société dont le commerce constitue l'âme tout autant que larivalité individuelle chez les anciens Grecs et que la guerre, la victoire et le droit chez les Romains. » Les sociétés antiques étaient des sociétés antagonistes, polémiques, où l'on se battait pour s'affirmer, se faire valoircomme individualité. Le monde moderne est un monde de commerçants et de travailleurs. Le commerçant est celui qui taxe « d'après les besoins du consommateur, non d'après ses propres besoins les plus personnels ». Cela est d'autant plus dramatique que ce type d'estimation est appliqué à l'art et aux sciences, à la politique. « A propos de tout ce qui se crée, il s'informe de l'offre et de la demande, afin de fixer pour lui-même la valeur d'une chose. » C'est abaisser toute création au rang de marchandise, tout fruit de la culture à celui d'objet de vente, toute réussite d'un individu à une valeur d'échange. Le travailleur est celui qui s'abêtit en gaspillant ses forces au lieu de se former lui-même, de devenir une oeuvre Dès« Aurore », NIETZSCHE voyait le modèle de la société moderne dans la culture américaine, une non-culture en vérité, une « sauvagerie » dans l'aspiration à l'or et la frénésie au travail. Les textes sont on ne peut plus explicites et scandent la mort de la haute culture, de l'individu, de la méditation et del'art. « On a maintenant honte du repos et on éprouverait presque un remords à méditer [...] Car la vie, devenue chasse augain, oblige l'esprit à s'épuiser sans trêve au jeu de dissimuler, duper [...] la véritable vertu consiste maintenant à faireune chose plus vite qu'une autre [...] le goût de la joie s'appelle déjà ‘besoin de repos'. » (« Gai Savoir », $329). Le culte du travail et la valorisation de l'argent imposent une activité continuelle : on se détermine face à autrui ens'oubliant, et le loisir ne peut plus être ce qu'il signifiait pour les Grecs, « le temps libre », mais seulement l'indice de la nécessité du repos. Nul rapport véritable à soi—même et encore moins aux autres n'est possible dans une telle société. Cette société est régie par la nécessité, cad par l'absence de distinction et de reconnaissance. « On veut vivre et l'on doit se vendre, mais on méprise celui qui exploite cette situation inévitable et qui achète l'ouvrier. » Mais elle est surtout une incompréhension de ce qu'est le travail véritable, cad celui par lequel on se forme. Pour leshommes modernes « le travail leur est un moyen, il a cessé d'être un but en lui-même ; aussi sont-ils peu difficiles dans leur choix, pourvu qu'ils aient de gros bénéfices [...] Chasser l'ennui à tout prix est vulgaire, comme de travailler sansplaisir ». L'individu, par opposition à l'homme de la masse, est celui qui travaille par plaisir, cad qui peut s'imposer la plus dure, laplus pénible des activités, pourvu qu'elle représente une valeur à ses yeux, et qui refusera de travailler, quelle que soit lapression sociale, si la tâche à effectuer est indigne. C'est celui qui sait endurer et travail et ennui pour leur valeurintrinsèque. L'homme du commun ne travaille que pour le gain, et refuse l'ennui ; sa vertu consiste non dans l'éducationde soi-même, mais dans l'affairisme. Que la société moderne, celle des marchands et des travailleurs, interdise toute culture véritable, cela se montre à ceque devient l'art pour elle. L'art n'a plus comme fonction que de tromper l'ennui ou de plonger dans l'ivresse. « Les autres au contraire souffrent d'un appauvrissement de cette vie, ils demandent à l'art et à la connaissance le repos,le silence, la mer d'huile, l'oubli de soi, ou à l'autre pôle, l'ivresse, les frénésies, l'étourdissement et la folie. » (« Gai savoir », $370). Le constat de Nietzsche est assez désolant et anticipe sur ce que l'on nommera « société de masse », qui est essentiellement une société indifférenciée. Les activités y sont régies par la nécessité. Les oeuvres y sont évaluéescomme des marchandises. Le repos nécessaire à la méditation y est interdit. Toute individualité est noyée dansl'anonymat du consommateur. Ceux-là mêmes qui exploitent, en tant qu'ils ne sont pas des chefs mais des marchands,sont méprisés. L'art devient un divertissement. En ce sens, si le danger vient toujours des individus, la société moderne a su créer la sécurité par un idéal égalitaire,dont « le travail constitue la meilleure des polices ». A la suite de cette analyse, Nietzsche n'optera pas pour une solution de type socialiste, et rien n'est plus opposé aux thèses de Nietzsche que la position de Marx . Pour Nietzsche le socialisme pactise avec le « nihilisme » : il participe de la même idéologie égalitaire qui interdit aux distinctions de se faire jour, aux fortes individualités d'accomplir leursoeuvres. En un sens, Nietzsche reste proche des modèles grecs et romains, cad de sociétés inégalitaires où la possibilité d'affirmation et de formation de soi-même des uns est corrélative de l'exploitation des autres. Nietzsche se réclame d'une « morale » aristocratique, même si l'aristocratie ici est celle de l'esprit. L'aliénation au travailAu début du XX ième, Taylor invente « l'organisation scientifique du travail », qui vise à augmenter la productivité enrationalisant le travail. Le travail est divisé de telle sorte que chacun n'effectue plus qu'une parcelle de l'objet. Le travailleurrépète toujours les mêmes gestes. Aucune habilité de métier n'est plus nécessaire, les tâches simplifiées peuvent être exécutées »

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