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Peut-on forcer autrui à être heureux ?

Publié le 06/12/2015

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« Ce que nous voulons noter, c’est qu’il y a dans chacun de nous une espèce de désirs terribles, sauvages, sans frein qu’on trouve même dans le petit nombre de gens qui paraissent être tout à fait réglés. » (Platon, La République, livre IX) Si la sagesse, la maîtrise de soi et la connaissance permettent aux âmes d’élite de parvenir au bonheur, si les désirs déréglés peuvent être réprimés par certains, toutefois, dans un grand nombre de cas, le dérèglement spirituel conduit aux conflits violents de la cité, à toute une pathologie politique, aux vices de la tyrannie et aux excès de l’âme démocratique, sombrant dans tous les vices, comme le montre Platon, dans La République. Aucune juste mesure, aucune réunification de l’âme, satisfaisant ses vœux de clarté et d’unité : l’homme est alors voué au malheur de la conscience déchirée. Bonheur est synonyme d’harmonie de la cité et de l’individu, calme par extinction des passions, tranquillité de l’âme, que rien ne vient troubler. Or, dans la cité, la bride n’est-elle pas lâchée pour les passions les plus sauvages ? Donc pas de bonheur, pas de jouissance calme de l’âme.

« -m algré : ici, en dépit de, contrairement à, par l'usage de la vio­ lence physique ou spirituelle, etc.

-m algré eux :cette expression sous-entend clairemen t que le mo­ dèle de bonheur du« on » n'est pas spontanément reconnu par les au tres, qu'il n'est pas universel.

Cependa nt.

« on » le considère com me supér ieur à tout autre.

• Vo us parvenez à un premier sens du sujet, sens résultant d'une lecture attentive de l'intitu lé: l'élab oration de ce« sens du sujet » est indispensable si vous ne voulez pas vous égarer dans les ma­ récages du hors sujet.

Est-il possible et légi time de faire parvenir à un état de satisfaction dur able tous ces« moi qui ne sont pas moi >>, ces consciences qui me sont étrangères, et ce contre leur volo nté, par la violence phy­ sique ou mor ale? On notera le caractère paradoxal de la qu estion posée, puisque c'est par la contrainte que l'on veut amener les au tres à être satisfaits.

• Cet intitu lé nous engage dans tout un questionne ment: le bon­ heur est-il une affaire privée ou publique ? relevant de la volonté du sujet ou de celle du législa teur ? Désigne-t-il une activité de l'âme, libre, dynamique et rationnelle, ou bien un état de passivité irréductible pouvant être produit et fabriqué en quelque sorte? En définitive, le bonheur est-il affaire de politique ? Te l semble être le problème, qui se circonscrit de la mani ère suivante : la violence est­ elle le moyen parfois nécessa ire d'une politique rationn elle ? Pour quoi choisir ce problème ? Il est central et gros d'enjeux.

Il a le mérite de nous relier à une théma tique centrale de la pensée depuis le XVIII' siècle.

• Quel est l'enj eu? Le destin politique et social de l'espèce humaine, le dev enir de la politique et des stratég ies inhér entes à cette der­ nière.

En définitive, le gain de pensée sera ici théorique aussi bien que pratique.

Plan Quel plan choisir ? Nous avons ici le choix entre un plan progressif.

par tant d'une réponse affirmative et abo utissant à une construc­ tion rationnelle et un plan dialectique, par thèse, antithèse et syn­ thèse.

Nous opterons ici pour le plan dialectique, malgr é ses diffi­ cu ltés.

Introduction Pr oblémat ique : le bonheur est-il affaire de politiq ue? La violence, moyen parfois nécessaire d'une politique rationnelle ? Discussion A) Il est possible et légitim e de faire le bonheur des autres malgré eux (thèse) Le bon heur d'autrui par la violence exercée sur lui.

Tra nsition : ne s'agit-il pas d'un faux bonheur , mor tifère et des­ truct eur ? 8) Il n'est ni possible ni légitime de faire le bonheur des autres malgré eux, con tre leur volonté (antithèse) Le bonheur est un état de l'âme libre et donc irréd uctible à un prod uit de la violence.

Tra nsition : peut-on toutefois mettre entre parenthèses les condi­ tions pratiques et concr ètes du bon heur ? CJ Il est possible et légitime de cont ribuer au bonheur des autres av ec eux, en exer çant sur eux le minimum de violence 12 2------------------------------------. »

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