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Peut-on jamais penser seul ?

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PENSER: Exercer une activité proprement intellectuelle ou rationnelle; juger; exercer son esprit sur la matière de la connaissance; unir des représentations dans une conscience.



PEUT-ON : Ce genre de sujet interroge sur la capacité, la faculté, la possibilité de faire ou de ne pas faire quelque chose, d'être ou de ne pas être. Il faudra distinguer la possibilité technique et la possibilité morale.

« II. Puisque l'on pense à l'aide du langage, on s'appuie toujours sur les autres pour penser. Si l'on peut penser avec Descartes que le cogito est une pensée que l'on pense absolument seul, c'estsans doute parce que l'on coupe rétrospectivement cette pensée desconditions qui l'ont rendue possible : le doute méthodique. En effet il n'y a decertitude de sa propre existence dans l'expérience du cogito que parce qu'il y a doute. Or la mise en place du doute passe par toute une réflexion surl'erreur, laquelle réflexion serait absolument impossible sans le langage. Il fautdonc dire que le langage est indirectement une condition de possibilité ducogito. Or si l'homme a le langage, c'est parce que c'est un être social.Comme le souligne Aristote au livre I, ch. 2 de La politique , l'homme est indistinctement un être social et un être rationnel, possédant le langage. Orc'est parce qu'il a le langage que l'homme peut réfléchir sur la valeur deschoses comme le juste et l'injuste, bref c'est grâce au langage qu'il peutpenser le monde. Dons si l'on pense toujours avec le langage et que lelangage nous vient de notre caractère social, il faut donc dire que les autresinterviennent toujours à titre de condition de possibilité de toute pensée quenous pouvons avoir. On peut s'en convaincre par l'exemple des enfantssauvages. Le docteur Itard dans Mémoires sur les premiers développements de Victor de l'Aveyron , a bien montré qu'un enfant dépourvu de socialisation dès le plus jeune âge n'est pas véritablement capable d'abstraction, donc depensée. La question qui se pose est alors celle de savoir si le fait de nejamais penser seul met en péril la capacité du sujet à penser par lui-même ? III. On ne peut penser seul qu'en ayant intériorisé le dialogue avec autrui. Si penser c'est évaluer les raisons que l'on a de soutenir tel ou tel jugement, on peut se demander sur quoireposent cette capacité. Dans un dialogue appelé Le Sophiste , Platon décrit la pensée comme un dialogue de l'âme avec elle-même. Celui qui pense ressemble à deux personnes discutant d'un problème en faisant des questions oudes réponses. Cela veut dire tout d'abord que celui qui pense véritablement considère les différentes opinions surune question, et pas seulement la sienne. Ensuite dans un dialogue, quand quelqu'un émet une opinion, on luidemande de la justifier. Par exemple si quelqu'un dit qu'il faut respecter la loi, on lui demande pourquoi (il devra alorsmontrer qu'il faut toujours respecter la loi, ou seulement quand elle est juste, etc.). Le dialogue réel avec les autresest donc une école de pensée, au sens où il apprend à satisfaire aux réquisits de la pensée. Mais comme leremarque Platon, cette capacité à dialoguer peut aussi être intériorisée, au sens où l'on devient à soi seul les deuxinterlocuteurs du dialogue. En ce sens là, on ne pense pas seul, puisque c'est l'expérience de l'échange avec l'autrequi est condition de possibilité de la pensée. Mais on peut tout de même penser par soi-même, au sens où l'on peutsupporter à soi seul toute la dynamique du dialogue, une fois qu'on l'a intériorisée. Le fait de ne jamais penser seuln'implique donc pas que l'on soit incapable de penser par soi-même. Conclusion La réflexivité de le pensée, sa capacité à se prendre elle-même pour objet de pensée peut nous amener àsoutenir que l'on peut penser seul, et que ce serait même sur cette capacité que ferait fond toute penséeprétendant atteindre la vérité. Mais même l'expérience du cogito repose indirectement sur notre dimension langagière, et donc sur le caractère social de notre être. On pense donc toujours avec les autres, au moinsindirectement, au sens où c'est la fréquentation des autres qui nous donne les outils de la pensée. Pour autant celane menace pas notre capacité à penser par soi-même, car lorsque le rapport à l'autre est intériorisé, il permet ausujet de penser en dialoguant avec lui-même. »

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