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Peut-on mettre sur le même plan le commerce des choses et le commerce des idées

Publié le 21/03/2004

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On notera que « commerce « a deux sens : le sens moderne courant, qui est celui de « négoce, trafic, achat et vente de marchandises, de biens «, et un sens littéraire, celui de « relations des êtres humains les uns avec les autres «, comme lorsqu'on dit « aimer le commerce des gens de goût, des savants «, etc. (Dictionnaire de notre temps, Hachette). Un tel commerce implique une relation à autrui, donc, d' une manière ou d' une autre, un échange d'idées, mais pas d'échange de biens matériels.  

  •  Introduction

   À première vue, il ne nous paraît pas possible de mettre sur le même plan les idées et les choses : nous les différencions nettement et tendons à privilégier le monde spirituel, à le tenir à l'écart et au-dessus du monde matériel. Nous jugeons alors qu'il ne peut y avoir de commerce authentique des idées que lorsque cesse celui des choses.  Toutefois, le commerce des idées n'est pas toujours désintéressé : il arrive que l'on vende des idées au même titre que des choses. La question se pose donc de savoir si, finalement, on ne peut pas mettre sur le même plan le commerce des choses et le commerce des idées.

« Valeur d'usage et valeur de la marchandise chez MARX Les marchandises, pour être échangées, possèdent une valeurd'usage et une valeur d'échange. En effet, pour qu'un acheteursouhaite posséder une marchandise, il est indispensable qu'il luitrouve une utilité. En même temps, on peut dire que ce quiapparaît utile pour l'acheteur est une non-utilité pour le vendeur(soit il n'en a pas l'usage, soit il en dispose en trop grandesquantités). Ainsi, il ne peut y avoir de marchandise qui ne possèdepas une quelconque valeur d'usage ; ce serait alors un simple objetsans intérêt qui n'aurait aucune raison d'être échangé.Ce qui est marchandise possède une valeur d'échange qui est unniveau ou une « proportion dans laquelle des valeurs d'usaged'espèce différente s'échangent l'une contre l'autre» [Le Capital, I.I, t. 1, p. 52]. C'est-à-dire que l'on peut échanger une bicyclettecontre deux stylos de luxe ou contre dix nuits d'hôtel, selon sespropres besoins et selon ce dont les autres offreurs disposent ;ainsi, chaque marchandise a une valeur d'échange spécifique. Onremarquera qu'il existe nombre d'objets utiles à l'homme qui nepossèdent pas de valeur d'échange et donc qui ne sont pas desmarchandises : l'air, un sol vierge, la lumière, le soleil, etc. Une question demeure : comment se fixe le niveau de l'échange, c'est-à-dire pourquoi tel objet as'échange contre tel objet b ou x objets c ? Selon les économistes classiques, la valeur d'échange d'unobjet est déterminée par le quantum de travail, ou le temps de travail, dépensé pour sa production.Sachant que l'on se situe à un niveau de raisonnement abstrait (loin d'une « comptabilité réelle », d'où leconcept marxien de travail abstrait, producteur de valeur qui s'oppose au travail concret, producteurd'utilité), on considère que les hommes malhabiles ou paresseux sont écartés de la production et l'on parlede temps moyen socialement nécessaire à la production des marchandises [ibid., p. 54-55]. De même, s'ilexiste différentes catégories de travail, du plus complexe au plus simple, Marx propose de ramener unequantité donnée de travail complexe à une quantité plus grande de travail simple.On peut donc rapporter toute marchandise à une somme de travail humain ; par exemple, la fabricationd'un crayon est la somme de :— la matière première (bois, mine et peinture) ramenée à x minutes de travail ;— l'usure de la machine ramenée à y minutes de travail ;— le temps du travail de l'ouvrier réalisant le crayon sur la machine.Ainsi, toutes les valeurs d'échange des marchandises peuvent être exprimées en temps moyen de travailsocialement nécessaire qui fonctionne alors comme équivalent général de toutes ces marchandises, ycompris la force de travail, comme nous le verrons (on laissera de côté ici la question des prix qui sont laforme phénoménale de la valeur des marchandises et qui fluctuent autour de celles-ci au gré de laconjoncture ; de même, on n'abordera pas les questions relatives à la monnaie).Les rapports entre valeur d'usage et valeur sont un exemple de la dialectique marxiste: d'une part, cesdeux catégories s'opposent dans leur spécificité et leur irréductibilité l'une à l'autre ; d'autre part, elles nepeuvent pas être pensées individuellement, c'est-à-dire l'une sans l'autre. Enfin, elles constituent,ensemble, les caractéristiques fondamentales de la marchandise. Pour l'échangiste, « la marchandise n'aaucune valeur utile immédiate ; s'il en était autrement, il ne la porterait pas au marché. La seule valeurutile qu'il lui trouve, c'est qu'elle est porte-valeur, utile à d'autres et, par conséquent, un instrumentd'échange. Il veut donc l'aliéner pour d'autres marchandises dont la valeur d'usage puisse le satisfaire.Toutes les marchandises sont des non-valeurs d'usage pour ceux qui les possèdent et des valeursd'usage pour ceux qui ne les possèdent pas. Aussi, faut-il qu'elles passent d'une main dans l'autre. Maisce changement de mains constitue leur échange et leur échange les rapporte les unes aux autres commevaleurs et les réalise comme valeurs. Il faut donc que les marchandises se manifestent comme valeursavant qu'elle puissent se réaliser comme valeurs d'usage. D'un autre côté, il faut que leur valeur d'usagesoit constatée avant qu'elles puissent se réaliser comme valeurs ; car le travail humain dépensé dans leurproduction ne compte qu'autant qu'il est dépensé sous une forme utile à d'autres » [ibid., p. 95-96].La distinction entre valeur d'usage et valeur conduit à la distinction entre l'échangiste et la marchandise,laquelle préfigure la séparation entre l'ouvrier et la force de travail dont il est le propriétaire avantl'échange salarial (c'est-à-dire l'échange de biens de consommation contre une capacité de travail durantun temps limité). Enfin, cet échange est fondamentalement un acte social. Dans le commerce, en revanche, la chose devient autre chose que ce qu'elle était primitivement : elle devientmarchandise, c'est-à-dire qu'elle prend une valeur d'échange. En effet. tandis que, sous l'angle de sa valeurd'usage, chaque chose était considérée qualitativement pour elle-même, sous celui de sa valeur d'échange, ellen'est plus considérée que quantitativement par rapport à une ou plusieurs autres choses, et même, au moinsvirtuellement, avec toutes les cintres choses. Le commerce des choses établit en effet un rapport de valeurpermettant d'échanger les choses, rapport qui peut être traduit par la formule : xA = yB. c'est-à-dire une quantité xde marchandise A vaut une quantité y de marchandise B ». »

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