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Peut-on parler d'un besoin de l'autre ?

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Une fois défini l'enjeu de la problématique, encore faudrait-il préciser la notion même de besoin.Premièrement: quelle est sa nature? Il peut s'agir en effet :- d'une structure quasi biologique qui me fait trouver en autrui le complément naturel de mon être, chacun de nous étant comme autant d'organes de l'immense corps de la communauté des hommes;- d'un construction rationnelle qui calcule l'utilité du secours d'autrui et conclut à l'avantage de l'élaboration de structures communes;- d'une situation historique de fait d'interdépendance qui désigne l'autre comme indispensable au déploiement de mon action sociale, en vertu d'un système réglé d'échanges et de division du travail;- d'une tendance renvoyant plus profondément à une structure essentielle de mon être qui inscrit autrui au coeur de ce que je peux être ou paraître: l'autre comme justification de mon existence.Deuxièmement: quel est son objet précis? On peut aller du plus général au plus particulier :- ce besoin, s'il est besoin de sociabilité, vise l'appartenance soit à l'humanité dans toute son extension, soit, plus concrètement, à une communauté politique donnée. Le besoin de l'autre, dès lors, renvoie à l'ensemble de la sphère d'activité qui se déploie dans une société et qui définit des liens d'inter-dépendance (échanges de biens, division du travail, services, liens d'utilité, défense mutuelle...);- quand on parle de besoin d'amitié on évoque alors plus précisément, au niveau individuel, la formation du moi s'accomplissant par l'influence et l'épreuve de l'autre (les figures sont celles du témoin, du confident, du correspondant, du modèle, de l'idéal). Cependant on notera qu'une amitié authentique selon Aristote ne doit pas, sous peine de déchoir, prendre sa source dans le besoin ;- le besoin de l'autre comme thème récurrent du rapport amoureux est plus ambigu et mérite un traitement spécial: il faudrait en analyser les composantes et les contradictions (narcissisme, masochisme, esprit de sacrifice, etc.).C.

« ANALYSE ET PROBLEMATISATION DU SUJET. § Le besoin renvoie immédiatement à l'idée d'une nécessité vitale, de quelque chose sans lequel on nepourrait pas vivre, exister, par opposition au désir qui semble quant à lui non nécessaire, non vital. § Parler d'un besoin de l'autre serait alors parler d'une nécessité d'autrui pour nous. Autrui seraitnécessaire à notre propre existence, il serait même une nécessité vitale, de laquelle nous ne pourrionsnous passer pour exister. § Mais alors parler de besoin d'autrui semble aller à l'encontre non seulement d'une certaine liberté maissurtout de notre autonomie. En effet ; si le sens fort du mot liberté doit d'accorder avec celuid'autonomie (fait de se donner à soi-même ses propres lois), alors faire d'autrui un besoin pourchacun d'entre nous, c'est semble –t-il refuser à l'homme toute existence autonome. § Néanmoins, il apparaît que l'homme peut être autonome, tout en étant au sein d'une communauté. Lacommunauté serait alors nécessaire à l'homme sans pour autant que celui-ci en soi entièrementdépendant. § L'homme serait celui qui vit avec autrui mais qui possède une liberté propre et fondamentale,autonomie. § Se pose alors le problème suivant : autrui est-il nécessaire à ma propre existence, de sorte que je nepourrais être sans lui ou chaque personne est-elle autonome, de sorte qu'autrui serait nécessairesans pour autant être un besoin pour ma propre existence ? PROPOSITION DE PLAN. I) L'autonomie morale comme la marque de l'autorité de l'homme sur son existence . § La responsabilité morale est le signe de l'homme autonome, indépendant de toute tutelle et detout déterminisme, c'est-à-dire de l'homme qui n'est soumis à rien d'autre qu'à sa raison.L'autonomie et alors synonyme de liberté et c'est parce que l'homme est autonome qu'il peut êtrel'auteur de son existence, au sens où il se détermine lui- même rationnellement à agir. La volontélibre n'est alors plus un sentiment primitif mais le fruit d'un choix rationnel du sujet. Dès lors, dansles Fondements de la métaphysique des mœurs , Kant définit l'autonomie de la volonté comme « cette propriété qu'a la volonté d'être à elle-même sa loi ». Cette loi morale que sedonne la liberté est donnée à travers l'impératif catégorique moral, dont la source est la raison pratique. Toute volonté autonome est donc une volonté rationnelle. L'autonomie est alors la légalité àl'œuvre au sein même de la liberté. § C'est donc librement que la volonté se donne la loi morale qui va la déterminer à agir selon la vertu.Le sujet moral est donc le sujet soumis à une loi qui n'est autre que la loi de sa propre raison pratiqueet qu'il s'est donné librement. La loi morale n'est donc pas ce qui détermine de manière touteextérieure l'existence du sujet, elle est au contraire le signe que l'homme agit librement, selon une loiqu'il s'est lui-même prescrite et qu'il est l'auteur conscient et responsable de son existence. § Dans la mesure où la loi morale est fondée en raison, l'homme est proprement l'auteur de la loi moraleen lui : il fait le choix de l'autonomie, c'est-à-dire de se conformer à la loi morale et il est par làpleinement responsable de tous ses actes. L'homme est donc pleinement auteur de son existence, tosses actes dépendants d'un choix libre et responsable de se conformer ou non à la loi morale.Autonomie et liberté font donc de l'existence humaine une existence morale responsable, toute actionet toute intention étant alors pleinement imputable au sujet. Ce n'est d'ailleurs que parce qu'il est entièrement auteur-responsable de son existence que le sujet est pleinement un sujet pour Kant. Le sujet est donc bien auteur de son existence, et ce, parce qu'il est libre, indépendant detoute loi extérieure et auteur de la loi morale en lui. C'est donc rationnellement que le sujet déterminelui-même son existence, sa liberté étant alors totale. II) La nécessité d'autrui dans la constitution de l'identité : nous avons besoin d'autrui pour nous connaître et exister. § Le sujet conscient a cette particularité d'être immédiatement tourné vers autrui. En effet, mon visageest en outre fait de telle sorte que, lorsque je marche par exemple, mon regard est toujours tournévers l'extérieur : je ne me vois pas moi-même. Il semble alors que l'extérieur, et plus particulièrementautrui soit nécessairement en contact avec moi et que je ne puisse me connaître qu'au travers des »

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