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Peut-on résister à la vérité ?

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Comme tel, il relève d'une tendance intérieure inconsciente et, pour cette raison, incontrôlée. Cette tendance consiste à chasser hors du champ de la conscience ce que pourtant l'on connaît mais qui, tel le désir oedipien (le désir pour le parent du sexe opposé) par exemple, représente une pensée incompatible avec les aspirations morales de l'individu et l'image de lui-même qu'il a intériorisée dès l'enfance. C'est à proprement parler ce que Freud appelle «refoulement». L'inconscient psychique en serait la cause.Puisque le psychisme est double - par conséquent conscient d'un côté, inconscient de l'autre -, il connaît ce qu'il refoule. Cette «connaissance» se manifeste dans ce que Freud nomme précisément «résistance», laquelle désigne une opposition intérieure active à la réintégration, dans la conscience, des pensées refoulées. B. Le scepticisme révèle l'inappétence de l'individuIl convient ici de revenir sur la définition de la vérité: s'il existe une résistance inconsciente à la vérité en effet, c'est que celle-ci n'est pas objective et absolue mais, subjectivement définie, elle renvoie à ce qui blesse et doit être dévoilé. Du même coup, la vérité n'est pas unique non plus, mais multiple: telle circonstance objective indifférente à l'un fera au contraire événement pour l'autre dans le réseau subjectif de ses expériences, et deviendra «vérité» inquiétante, source de traumatisme et objet du refoulement.Or cette attitude psychologique de refus de la vérité dont Freud fait le propre de la névrose ne provient-elle pas d'une inappétence interne, d'une peur constitutive à l'égard de toute source de puissance, de passion et de créativité?

- Question un peu étrange : la résistance évoquée suppose que la vérité soit dotée d'une capacité d'avancer autonome.
- « La vérité « : le concept est-il univoque ? Dans quels domaines et dans quelles circonstances en fait-on usage ?
- Qui est « on « ? L'individu, le groupe, la société ? Il peut ne pas être sans intérêt d'envisager ces différents niveaux.

« mise à l'épreuve du doute. C'est pourquoi Descartes, dans la seconde partie du Discours de la méthode, en fait la première règle de sa méthode. Ainsi le «cogito ergo sum», ou «je pense doncje suis», se présente-t-il précisément comme première certitude ou évidence,qu'aucune objection ou réfutation ne saurait ébranler: je peux bien douter del'existence du monde en effet ou de celle de mon corps, rien ne peut mettreen doute que je pense puisque je doute, et que, pensant, je sois quelquechose (cf. la première méditation des Méditations métaphysiques). Pour cetteraison, la conscience, immédiatement accessible et transparente à elle-même,est indivisible et non pas double. Voilà pourquoi elle ne saurait se tromperdélibérément, résister à la vérité qu'elle connaît. Dans ce contexte, le préjugén'est que le résultat de mauvaises habitudes mentales – soit d'un défaut deméthode, lequel me pousse à juger par ouï-dire ou à affirmer hâtivement ceque pourtant je ne suis pas en mesure de savoir.En un mot, s'il arrive que l'on juge par «prévention» (selon une idéepréconçue) ou par «précipitation» (de manière irréfléchie), cela resteaccidentel et non pas volontaire, car l'unité de la conscience exclut, pardéfinition, la possibilité de refuser ce que l'on sait. Conclusion et transition La vérité s'impose à tous; elle se manifeste sur le mode de l'évidence, ce pourquoi elle est irrésistible.En particulier, la vérité concernant ma propre existence, comme pensée, merévèle l'unité de ma conscience et, partant, l'impossibilité de nier la vérité lorsque j'en ai la connaissance.Toutefois, il semblerait que le propre du préjugé ou de l'illusion, distincts en cela de la simple erreur, soitprécisément de résister à la connaissance de la vérité: comment est-ce possible? 2. Oui, on peut résister à la vérité A. La dualité du psychisme est la condition de possibilité d'une telle résistance Il arrive fréquemment que l'on sente une résistance intérieure à reconnaître un désir ou une réalité qui nous blesse,une pensée dont on a honte.Or ce refus de reconnaître une vérité que l'on juge, «au fond de soi», épouvantable ou dérangeante ne saurait êtrel'effet d'une simple erreur de méthode, susceptible d'être rectifiée grâce aux secours de la réflexion et de la volonté,comme le voulait Descartes.Procédant en effet d'un désir irrépressible d'éviter une souffrance ou un malaise intérieur à la suite d'unecontradiction avec soi-même – d'un conflit entre l'image que l'on a de soi et la pensée, honteuse, susceptible de laternir–, le refus d'une vérité est, à peine vécu, aussitôt oublié, ainsi que la pensée qu'il vise à effacer. Comme tel, ilrelève d'une tendance intérieure inconsciente et, pour cette raison, incontrôlée. Cette tendance consiste à chasserhors du champ de la conscience ce que pourtant l'on connaît mais qui, tel le désir oedipien (le désir pour le parentdu sexe opposé) par exemple, représente une pensée incompatible avec les aspirations morales de l'individu etl'image de lui-même qu'il a intériorisée dès l'enfance. C'est à proprement parler ce que Freud appelle «refoulement». L'inconscient psychique en serait la cause.Puisque le psychisme est double – par conséquent conscient d'un côté,inconscient de l'autre –, il connaît ce qu'il refoule. Cette «connaissance» semanifeste dans ce que Freud nomme précisément «résistance», laquelledésigne une opposition intérieure active à la réintégration, dans laconscience, des pensées refoulées. B. Le scepticisme révèle l'inappétence de l'individu Il convient ici de revenir sur la définition de la vérité: s'il existe une résistanceinconsciente à la vérité en effet, c'est que celle-ci n'est pas objective etabsolue mais, subjectivement définie, elle renvoie à ce qui blesse et doit êtredévoilé. Du même coup, la vérité n'est pas unique non plus, mais multiple:telle circonstance objective indifférente à l'un fera au contraire événementpour l'autre dans le réseau subjectif de ses expériences, et deviendra«vérité» inquiétante, source de traumatisme et objet du refoulement.Or cette attitude psychologique de refus de la vérité dont Freud fait le proprede la névrose ne provient-elle pas d'une inappétence interne, d'une peurconstitutive à l'égard de toute source de puissance, de passion et decréativité? C'est ce que Nietzsche établit dans sa critique du scepticisme,qu'il définit comme résistance à toute forme d'affirmation de soi; à proprementparler, ce refus du sceptique n'est pas refus de «la» vérité, laquelle n'existe pas en soi, comme on vient de le voir ; il révèle plutôt une incapacité à adopter des évaluations positives à l'égardde la réalité. Comme tel, il témoigne d'une «maladie de la volonté», comme l'écrit Nietzsche au paragraphe 208 dePar-delà le bien et le mal, et caractérise moins l'attitude de l'aliéné que celle du philosophe lui-même. »

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