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Peut-on se fier aux apparences ?

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L'apparence, c'est l'être lui-même : il faut se fier à elle comme au fondement de notre expérience vécue (la phénoménologie). La phénoménologie, initiée par Husserl, a pour mot d'ordre le « retour aux choses mêmes » (Ideen) ; en effet, la phénoménologie constitue une doctrine philosophique qui part du principe que l'objet n'est rien d'autre que les phénomènes qui le manifestent. Ainsi, il n'y a plus d'opposition entre l'essence et l'apparence, ou entre la vérité et l'apparence. Le rôle philosophique de ce postulat de départ est d'une importance extrême, car il s'agit, pour la phénoménologie, de fonder le savoir sur la recollection des impressions phénoménologiques de base. L'épochè husserlienne constitue ainsi le gage premier d'une confiance retrouvée en l'apparence. C'est à partir d'elle que peuvent se constituer des théories qui permettront d'expliquer, par exemple, les théories scientifiques elles-mêmes. En retrouvant le sens des apparences, c'est-à-dire du vécu primordial, on peut ainsi expliciter et éclaircir les fondements des théories qui, elles, s'édifient sur l'occultation voire sur la dénégation de l'apparence. La science de l'apparence, du phénomène, doit donc asseoir les théories qui s'édifient sur leur dénégation même. Comme il n'y a d'être que de l'apparaître, refuser d'accorder sa confiance au paraître revient à dénier l'être lui-même. Conclusion.

-L'apparence désigne ce par quoi une chose apparaît ; elle est donc liée à la chose même dont elle constitue la manifestation.

-Or, nous pouvons avoir deux conceptions générales de l'apparence : d'une part, l'apparence peut constituer une sorte de reflet qui manifeste un objet qui lui est par nature distinct ; mais d'autre part, l'apparence peut aussi être considéré comme étant par essence constitutif de cet objet même, en tant que l'objet ne serait rien d'autre que son apparence même.

-D'où une attitude ambivalente face aux apparences : doit-on avoir une certaine retenue face aux apparences, comme si elles constituaient le lieu des illusions ? ou bien doit-on, au contraire, en avoir une confiance aveugle, au sens où elles seules constitueraient le socle réel à partir duquel le monde pourrait être perçu dans sa réalité propre ? Quelles sont les diverses attitudes à adopter face aux apparences, selon les conceptions particulières que l'on peut se forger de celles-ci ?

 

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