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Peut-on se passionner pour un rien ?

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b.      N'y-a-t-il de passions que des objets de valeur ? La conséquence du précédent point est qu'il n'y a peut être de passion véritable que pour les grandes choses, les objets de valeur, et jamais pour les choses de rien. Ces choses de valeur font l'objet d'un consensus : elles ne sauraient être considérées par personne comme des objets de rien. Car contrairement à ce que nous disions plus haut, la valeur de certaines choses échappe à la relativisation, certaines sont valorisées par tous : ainsi, nous serons tous enclins à reconnaître la valeur d'une passion dévouée à la musique, à la science ou aux voyages, parce que des passions pour de semblables objets sont capables de susciter un accroissement de l'être chez le sujet qui les cultive. La passion n'a donc pour objet véritable que des objets autour desquels un consensus concernant la valeur se fait, parce qu'en les pratiquant, l'homme accroit sa propre intériorité (alors que les passions serviles, les fausses passions pour « un rien «, le laissent végéter).      

III.              On ne se passionne à proprement parler que pour les grandes choseset non pour rien.

  a.      Les passions disent oui à la vie et à l'accroissement de l'être A la suite de ce que nous venons d'écrire, nous tiendrons une définition Nietzschéenne des passions, en tant qu'elles sont les inclinations qui disent « oui « à la vie ainsi entendue dans le Gai savoir : « Que signifie vivre ?

- Vivre, cela veut dire : rejeter sans cesse loin de soi quelque chose qui tend à mourir ; vivre, cela veut dire être cruel et inexorable pour tout ce qui en nous n'est que faible et vieilli, et pas seulement en nous.

« Peut-on se passionner pour un rien ? Pierre Zaoui Introduction 1. Le non-être n'est pas- on se passionne toujours pour quelque chose A. On ne se passionne jamais pour un rien, on aime seulement à le croire quand on parvient à y échapper B. Tout être est substantiel, tout être est digne de passion Il. L'objet de toute passion n'est rien en vérité comparé au processus imaginaire, voire symbolique, qui l'organise- objectivement, c'est toujours d'un rien que l'on se passionne A. La passion ne vient pas de l'objet mais du sujet : elle,, cristallise >> sur n'importe quoi B. Le vrai moteur de la passion n'est pas son objet mais un manque, une béance, un rien, bien plus fondamental Ill. La passion du rien, vérité ultime ou première de toute passion ? A. La passion authentique du rien : le Néant sur-éminent B. La passion du néant et l'ambiguïté du nihilisme Conclusion l11troductio11 Nous avons tous déjà rencontré quelques-unes de ces âmes curieuses de tout, ouvertes à tout, qu'>, qu'>. Comme si elles étaient à la fois capables d'accueillir le monde entier et de s'arrêter à chacun de ses détails, jusqu'aux plus futiles, aux plus insi­ gnifiants, Toutefois, s'intéresser à tout ou s'amuser de tout c'est aussi bien ne se passionner pour rien, tant un tel intérêt paraît alors volage, prêt à changer d'objet à chaque nouvelle rencontre, La disponibilité à l'inessentiel est aussi bien le propre d'une âme profondément dépas­ sionnée, par sagesse ou indolence, Peut-on dès lors se passionner véri­ tablement pour un rien ? Et si oui, qu'est-ce que cela nous apprend d'abord sur le statut de ce »

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