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Peut-on s'opposer à la violence sans faire preuve de violence ?

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Gandhi, par D. G. Tendulkar, V, 343) "Je n'hésite pas à soutenir que la doctrine de la non-violence vaut également dans le cadre des relations entre États. Je sais fort bien que je me risque sur un terrain délicat si on garde présent à l'esprit ce qui s'est passé au cours de la dernière guerre. Mais je crois devoir le faire pour dissiper toute équivoque. Si j'ai bien compris, il s'agissait de part et d'autre d'une guerre d'annexion, destinée à se partager les dépouilles résultant de l'exploitation des races les plus faibles, ce qu'on appelle, en d'autres termes et pour reprendre un euphémisme : le commerce mondial... Si, comme il se doit (à moins d'accepter de courir au suicide), on veut voir s'amorcer en Europe un processus de désarmement général, il faut tout d'abord qu'une nation prenne l'initiative hardie de se désarmer elle-même et accepte d'en supporter tous les risques. Si cet heureux événement se produisait, le degré de non-violence atteint par cette nation serait naturellement si élevé qu'elle commanderait un respect universel. Ses jugements ne connaîtraient aucune hésitation. Ses décisions seraient sans appel.

« [La violence est une force aveugle. On ne peut s'y opposer qu'en employant des moyens violents. Le pacifisme ne veut pas toujours la paix. En son nom, il peut en effet revendiquer la guerre.] La violence ne raisonne pasIl est inutile de vouloir raisonner quelqu'un qui est pris d'un accès de violence. La contrainte physique est leseul moyen de l'empêcher de commettre l'irréparable. Pour mettre un terme à la spirale de la violence, il fautavoir recours à une violence qui interdit toute nouvelle réponse. Ainsi, la capitulation du Japon fut laconséquence de l'extrême violence des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, en août 1945. La violence appelle la violenceMême si l'on est fondamentalement pacifiste, il faut bien se rendre à l'évidence: dès que la violence éclate, ilfaut lui opposer une réponse violente, afin d'éviter qu'elle n'en vienne à détruire tous les liens sociaux etinstaure, dans les cas extrêmes, le règne de la barbarie. Le pacifisme peut se retourner contre lui-mêmePremièrement, il est tout à fait possible que l'on en «vienne aux mains» pour défendre des idées pacifistes.Deuxièmement, un pacifisme qui refuse toute concession peut favoriser la violence au lieu de la réfréner. Ceuxqui en usent, ne trouvant aucune force d'opposition, voient leur oeuvre de destruction facilitée par unerésistance qui n'est que passive. L'idée de résistance passive, défendue par Gandhi, n'est pas totalement irréaliste. Il est vrai, d'une part, quela violence appelle une violence encore plus grande. Il est vrai, d'autre part, que si un peuple entier acceptaitde mourir plutôt que de se soumettre, il ruinerait toute volonté de domination. Mais voilà le problème: si l'onpeut demander à un homme de renoncer à sa vie, il est très difficile de lui demander de ne pas recourir à laviolence si, sous ses yeux, l'on massacre ses enfants, l'on torture et viole sa femme. Les nazis ont très biencompris cela. Tout pacifiste convaincu doit donc, s'il veut donner consistance à ses idées, se demander quelleattitude adopter face à un déploiement de violence comparable à celui mis en oeuvre par les nazis. Il semblemalheureusement qu'en bien des circonstances, seule la violence puisse résoudre le problème de le violence. »

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