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PLATON: Ame et Vérité

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Aussi longtemps que nous aurons notre corps et que notre âme sera pétrie avec cette chose mauvaise, jamais nous ne posséderons en suffisance l'objet de notre désir. Or cet objet, c'est disons-nous, la vérité. Et non seulement mille et mille tracas nous sont en effet suscités par le corps à l'occasion des nécessités de la vie ; mais, des maladies surviennent-elles, voilà pour nous de nouvelles entraves dans notre chasse au réel ! Amours, désirs, craintes, imaginations de toute sorte, innombrables sornettes, il nous en remplit si bien, que par lui (oui, c'est vraiment le mot connu) ne nous vient même, réellement, aucune pensée de bon sens ; non, pas une fois ! Voyez plutôt : les guerres, les dissensions, la bataille, il n'y a pour les susciter que le corps et ses convoitises ; la possession des biens, voilà en effet la cause originelle de toutes les guerres, et, si nous sommes poussés à nous procurer des biens, c'est à cause du corps, esclaves attachés à son service ! Par sa faute encore, nous mettons de la paresse à philosopher à cause de tout cela. Mais ce qui est le comble, c'est que, sommes-nous arrivés enfin à avoir de son côté quelque tranquillité, pour nous tourner alors vers un objet quelconque de réflexion, nos recherches sont à nouveau bousculées en tous sens par cet intrus qui nous assourdit, nous trouble et nous démonte, au point de nous rendre incapables de distinguer le vrai. Inversement, nous avons eu réellement la preuve que, si nous devons jamais savoir purement quelque chose, il nous faudra nous séparer de lui et regarder avec l'âme en elle-même les choses en elles-mêmes. C'est alors, à ce qu'il semble, que nous appartiendra ce dont nous nous déclarons amoureux : la pensée ; oui, alors que nous aurons trépassé, ainsi que le signifie l'argument, et non point durant notre vie !PLATON

Platon, en tant que fondateur de la philosophie, s’est interrogé sur les moyens de parvenir à la vérité, à aimer la sagesse. Il a donc réfléchi sur la nature humaine et sur l’origine de l’intelligence des hommes. Dans un autre texte Phèdre, Platon raconte que les âmes avant de tomber sur terre, volaient et pouvaient contempler les Idées, lieu de toute vérité. Il apportait ainsi une réponse à une question qui a travaillé et travaille encore toute la philosophie. L’âme et le corps sont-ils distincts ? L’homme est-il à chercher dans l’âme ou dans le corps ? Mais, ce qu’il s’agit d’interroger aussi, c’est l’apport du corps dans la connaissance. Peut-on se fier à lui ? à ce que les sens nous rapportent ? Comment se détacher du sensible pour parvenir à la vérité ? Est-ce nécessaire ?

« condamnation du corps ne demande pas à être dépassée. PLATON. Né à Égine, près d'Athènes, en 429 av. J.-C., mort à Athènes en 347 av. J.-C.Son père, Ariston, descendait de Codros, dernier roi d'Athènes, et sa mère, Périctyone, de Solon. Il fut l'élève del'héraclitéen Cratyle, et s'initia aux arts. Il prit part à des concours de tragédie, et se passionna plus spécialementpour la musique et les mathématiques. Vers 407, il rencontra Socrate, dont il resta l'ami et le disciple jusqu'en 399,date de la mort du maître. Platon se rendit alors à Mégare, auprès d'Euclide ; puis, il effectua des voyages enÉgypte et en Italie du Sud. Eu Sicile, il rencontra Denys et tenta de lui faire accepter ses théories politiques. Letyran, outré, fit vendre Platon comme esclave, à Égine. Là, Annicéris le reconnut, l'acheta et le libéra. Rentré àAthènes, Platon commença d'enseigner la philosophie dans les jardins d'Académos ; ce fut l'origine de l'Académie. Ilse rendit encore en Sicile auprès de Denys le jeune, mais aussi sans succès. Il mourut octogénaire, à Athènes,désignant son neveu Speusippe pour lui succéder à la tête de l'Académie. Toutes les oeuvres de Platon sont desdialogues. Ils nous seraient tous parvenus, et certains textes apocryphes s'y sont ajoutés. — C'est sous l'influencede Socrate que Platon conçut son système philosophique, premier système spiritualiste complet, qui fait duphilosophe grec, l'un des plus grands, sinon le plus grand de tous les temps. Pour les Pythagoriciens, la raison deschoses se trouvait dans les nombres ; pour les Ioniens (tel Héraclite) elle était dans les forces et les éléments de lanature ; pour les Eléates, elle était une unité abstraite. Platon fut le premier à poser un principe intelligent commeraison des choses. — La méthode qu'il utilise dans ses dialogues est la dialectique. Platon remonte à l'idée. Ilprocède par élimination des dissemblances, et ne considère que les ressemblances, dont l'origine est commune. Lesressemblances, qui font qu'un groupe d'individus peuvent être trouvés beaux, participent d'une beauté pré-existante, et inconditionnée. La dialectique opère de même pour les autres notions. Platon dégage, par ce moyen,l'Idée de la beauté. Le point le plus important de la philosophie platonicienne est précisément la théorie des Idées.Les phénomènes, « ombres passagères », ne renferment pas la vérité. Il faut dégager l'intuition de la beauté de lajouissance des belles choses. Dégager de chaque groupe d'individus le type éternel et pur, d'après lequel ils sontfaits. Les Idées, ainsi dégagées, forment une hiérarchie, dont le sommet est occupé par l'Idée de Bien. Celle-ci estle soleil du monde intelligible, elle donne vie et lumière à toutes choses. L'Idée de Bien est le principe de l'être et del'intelligence ; elle est assimilée par Platon à Dieu même. — L'homme connaît les Idées en vertu de la théoriepythagoricienne de la « réminiscence». Savoir quelque chose, c'est se re-souvenir de ce que l'on a contemplé dansune vie antérieure. L'amour, le « délire d'amour » s'explique lorsque nous retrouvons devant nous une beauté dontnous nous souvenons, et qui nous trouble. — Avant la naissance, l'âme humaine parcourt la voûte du ciel, montéesur un char d'où elle contemple le monde des Idées. Lors de la naissance, elle tombe dans le corps, où elle estemprisonnée. Elle s'y divise et s'y répartit, dans la tête, dans la poitrine, dans le ventre. Après la mort, l'âme injusteest châtiée. L'âme juste, sur les ailes de l'amour, remontera jusqu'au principe de son bien. La morale platonicienneconsiste à ressembler à Dieu. Il vaut donc mieux subir l'injustice que la commettre, et, si on l'a commise, il vautmieux expier que ne pas expier. — Platon a abordé le problème politique. Il s'élève contre la position inférieure de lafemme grecque. Dans la république qu'il conçoit, la cité est un ensemble humain, où est instituée la communautédes femmes et des enfants ; chaque génération d'adultes considère comme les siens propres les enfants de lagénération immédiatement postérieure. Les arts sont soumis au soldat, qui représente le courage. Les poètes sontexclus de la cité. Le gouvernement appartient aux meilleurs, qui reçoivent une éducation musicale et sportive, sontinitiés à la théorie des Idées et à la notion du Bien ; en un mot, aux philosophes. Mais Platon sait bien qu'il estimpossible de « faire que ce qui est juste soit fort ». — L'enseignement de Platon s'arrête véritablement à sa mort.Ni la nouvelle Académie, ni l'école d'Alexandrie ne le prolongent. Saint Augustin, la Renaissance, Malebranche, tellessont les étapes du renouveau du platonisme, mais celui-ci est alors modifié par la pensée chrétienne. Quoi qu'il ensoit, l'influence de Platon durera sans doute toujours. »

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