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Pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ?

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-          Cependant, peut-on dire à un enfant gravement malade qu'il est en train de « verser » et doit donc voir son malheur comme un bien ? -          On voit ici le présupposé du sujet : le malheur vient toujours à celui qui ne l'a pas mérité. -          D'où le problème : cela veut-il alors dire qu'il y a des cas où le malheur est mérité ? N'y a-t-il pas, derrière une telle logique, une entreprise de culpabilisation aberrante ? Car en effet, si je puis être tenu pu responsable de mon malheur, qui sait si tout malheur n'est pas la compensation d'une faute ? -          Conséquence : ou bien on maintient cette dernière hypothèse en la rattachant à la théorie du péché originel (nous expions tous la faute première et sommes ainsi voués au malheur) ; ou bien, on la récuse et il devient possible de fonder la possibilité du bonheur ici-bas. 3-      Parce que nous pensons que tout a une fin (visée, but)   a)      qu'est-ce qu'une injustice ? Est injuste ce qui n'est pas mérité. Or le mérite est une idée économique qui pose une équivalence entre deux termes différents. Plus précisément, le mérité établit une égalité géométrique distributive : A/B = X/D où A/B étant une proportion référentielle (ex : 30$/ heure) et D la prestation, X est mérité, juste, en vertu du rapport A/B.

Remarques d’introduction :

·         Le sujet invite à expliquer un fait donné : nous vivons le malheur comme une injustice (= présupposé).

·         A priori, nous pouvons dire que nous vivons ainsi le malheur parce que précisément, c’est une injustice ; nous ne ferions que nous conformer à ce qui est.

·         Cependant, nous « vivons … comme « : cela indique qu’il est question d’un point de vue subjectif, d’une façon déterminée d’éprouver une réalité, mais qui n’est peut-être pas la seule possibilité. Aussi, nous pouvons vivre le malheur comme une injustice en raison de certaines dispositions affectives qui n’indiquent pas que le malheur est une injustice.

 

Problématique : Nous cherchons le bonheur (celui-ci est, ainsi que l’ont définit les Grecs, le Bien suprême) ; donc si le malheur nous advient, ce ne peut être de notre plein gré, parce que nous l’avons voulu. Dès lors, nous vivons le malheur comme une injustice : nous n’en sommes pas responsables. Pourtant, est-ce là la seule raison pour laquelle nous vivons le malheur comme une injustice ? Ne serait-ce pas plutôt parce que nous pensons l’être par rapport à un devoir-être ? Auquel cas, ne serions-nous pas responsables de notre malheur au sens où nous serions causes, non des évènements malheureux en eux-mêmes, mais du poids que leur représentation ont sur nous ? Par conséquent, pourquoi vivons-nous le malheur comme une injustice ? Est-ce parce que le malheur n’est effectivement jamais juste ou bien parce que nous nous laissons emporter par nos passions au lieu de surmonter ce qui nous arrive ?

« A. Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation : « C'est bien l'idée que nos maux sont accidentels qui leur donne leur aiguillon » : le malheur est d'autant plus scandaleux qu'il n'est pasessentiel, qu'il ne traduit aucune nécessité ; c'est en cela que nous le vivonscomme une injustice : l'expérience de la contingence nous insupporte parcequ'elle témoigne d'une erreur , d'un processus finalisé entravé. c) ... et ce qui devait ne pas arriver L'injustice propre au malheur est parfaitement représentée par le personnage biblique Job, le juste persécuté. De même Sade s'amusera de ceparadoxe en intitulant deux de ses ouvrages « les infortunes de la vertu » et« les prospérité du vice » : tout se passe comme si la bonté n'était pasrécompensée mais au contraire, cruellement réprimée. Telle est ce qui s'appelle être victime : subir un malheur sans en être responsable. Injustice = déséquilibre ou écart flagrant entre le mal moral (commis) et le mal physique (subi) : le méchant triomphant et le bon condamné àsouffrir. Transition : - Finalement, nous vivons le malheur comme une injustice parce que nous rapportons une idée (la justice, le devoir-être) à ce qui est ; le malheur relève donc d'un divorce entre l'être et la pensée : quelque chose nedevant pas être, est pourtant. - Cependant , une telle rupture relève d'une posture intellectuelle fondée sur une conception métaphysique : il s'agit d'éprouver le monde comme inadéquat avec notre pensée. Aussi peut-on poser qu'il faudrait cesserd'avoir des exigences et s'efforcer de consentir à ce qui est (aussi l'injustice disparaîtrait et le malheur seraitsupportable) - N'est-ce pas à cause d'exigences déplacées que nous vivons le malheur comme une injustice ? 2- PARCE QUE NOUS NE CONSENTONS PAS À L 'IMPERFECTION a) Nous sommes impatients « prendre son mal en patience ». Le verbe latin « patior » signifie pâtir, subir et donc supporter en général ; si le malheur nous apparaît comme une injustice, comme scandaleux et insupportable, c'est que nous nedéveloppons pas notre puissance de supporter. L'injustice propre au malheur n'apparaît qu'à celui qui se plaint au lieu d'endurer son mal . Exemple : la thèse du péché et le concept de salut : le christianisme donne sens à nos malheurs et leur ôte ainsi leur absurdité : le monde d'ici bas est corrompu par la faute première et c'est pourquoi, il est juste que nousexpions : nous savons été chassés hors du paradis et la distance qui le sépare de notre vie actuelle est punition.Néanmoins, les hommes bons seront sauvés. Telle est la rédemption : nous serons rachetés par la justice divine –mais encore faut-il pour cela avoir la Foi et tenir bon . b) Nous n'approuvons pas assez Une autre attitude face au malheur consiste non seulement à consentir, mais encore à l'approuver, à donner son approbation (le pourvoir d'une certaine valeur). Ainsi, le malheur ne serait vécu comme injustice que parce quenous ne parvenons à voir en lui une bonne chose . Mais comment telle attitude est-elle seulement possible ? Lorsque Socrate dans le Gorgias s'entretient avec Calliclès, il met en avant une définition de l'homme heureux à laquelle le jeune sophiste répond qu'il s'agit là d'un idéal illusoire. Socrate privilégie le désir de plénitude, decontentement comme achèvement de l'homme ; Calliclès lui rétorque alors que ce bonheur = un bonheur de pierre.En effet, exister, c'est désirer et en cela, se condamner à l'insatisfaction. Cependant, celle-ci vaut mieux quel'impassibilité : ne plus désirer = mourir. Nous vivons de passions (donc de souffrances) mais nous vivons : refuser cette composante essentielle de l'existence, c'est déchoir du côté des pierres ou poursuivre vainement un idéal divin (donc non-humain). Il faut doncvouloir sa condition humaine ; l'agrément de la vie = « verser le plus possible » [1]. Ne vît le malheur comme une injustice que celui qui ne veut pas verser. Transition : - On vient de voir que le malheur est vécu comme une injustice pour autant qu'il n'est pas consenti. »

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