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Que nous apprennent les beautés de la nature sur la nature même de la beauté ?

Publié le 14/03/2005

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  • Parties du programme abordées :

— L'art. — Nature et culture.

  • Analyse du sujet : Quel rapport les beautés naturelles entretiennent-elles avec l'idée même de beauté ? En sont-elle une manifestation parmi d'autres ? Lesquelles ?

  • Conseils pratiques : Cet énoncé qui joue sur les mots cache un sujet difficile à traiter pour qui ne connaît pas bien les analyses esthétiques de Platon, Kant et Hegel.

Efforcez-vous d'analyser avec rigueur ce que l'on peut appeler beauté de la nature et la part de subjectivité que cette expression recèle.

  • Bibliographie :

KANT, Critique de la faculté de juger, 1ere partie (en particulier le paragraphe 42, pp. 131-134), Vrin. HEGEL, Esthétique, Textes choisis, PI IF. HEIDEGGER, Chemins qui ne mènent nulle part, I, Gallimard. PLATON, Hippias majeur; Garnier Flammarion.

  • Difficulté du sujet : * * *

  • Nature du sujet : Pointu.

 

  • N.B.

Le sujet implique l'existence de «beautés de la nature — ce qui ne va pas sans problème. Si l'on commence par établir que l'idée même de beauté de la nature est insoutenable — en s'appuyant sur Hegel — la réponse est (trop) vite trouvée...

  • INTRODUCTION

L'admiration des beautés de la nature (beau paysage, beau coucher de soleil...) est apparemment fréquente — et l'on peut entendre en effet les touristes s'extasier — avant de sortir leur appareil photo... et de ramener des vacances un cliché dont leurs amis jugeront volontiers que «c'est beau... on dirait un tableau «, comme si la beauté de la nature renvoyait à (ne pouvait être appréciée qu'en référence à) la beauté de l'art.

« — Chez Kant, la beauté de et dans la nature (beauté qu'il qualified'adhérente, par opposition à celle de l'art, qui est « libre ») est encoreattachée à la singularité de l'objet et se trouve déterminée par un point devue au moins partiellement finalisé (un beau cheval de course est différentd'un beau cheval de labour parce qu'on n'attend de lui ni les mêmes fonctionsni en conséquence les mêmes qualités). Même différence entre sublime«mathématique» (d'origine humaine: les Pyramides) et sublime «dynamique»(dans la nature), qui renvoie à l'idée de création divine. Pour Kant, le jugement sur le sublime nous rattache à l'infinité de la raison età la supériorité de notre destination morale. Le jugement « cela est sublime »diffère du jugement sur le beau en ce qu'ici l'objet, par l'infinité de sagrandeur (une pyramide par exemple) ou de sa puissance (une tempête),sublime mathématique et sublime dynamique, se réfléchit dans notre facultéde juger en entraînant un sentiment quasi simultané de peine et de plaisir.Peine parce que, à la différence de ce qui se passe dans le jugement sur lebeau, l'imagination est ici forcée d'éprouver ses limites. Plaisir parce que cettemême infinité semble une présentation d'une Idée de la raison, présentationqui nous rappelle, comme une fulgurance, notre destination morale, notreappartenance simultanée au monde nouménal de la raison théorique et de laraison pratique, qui veut saisir l'infinité de la nature comme un tout oul'absoluité du devoir, capable de dominer les intérêts et les plaisirs. LE SUBLIME CHEZ KANTKant distingue deux sortes de jugement en matière de goût: l'un portant sur le BEAU et l'autre sur le SUBLIME. Kantoppose le sublime au beau comme l'infini au fini. Est dit sublime ce en comparaison de quoi tout le este nousapparaît comme petit et insignifiant. On peut citer pour exemple l'océan déchaîné ou la majestueuse etinaccessible montagne. Avec le sublime, nos facultés de connaissance (sensibilité et entendement) sont dépasséeset comme anéanties. Mais c'est précisément cet anéantissement, cet écrasement de nous-mêmes à la limite dudéplaisir qui nous exalte. D'où l'on peut déduire, si l'on admet ainsi l'existence de beautés de la nature, qu'elles nous apprennent précisémentà repérer ce qui leur manque pour accéder à la dimension purement esthétique.— Le chant du rossignol nous séduit à partir du moment où l'on croit y percevoir l'expression de sentiments humains,c'est-à-dire quelque chose qui se situe au-delà du rossignol naturel (Hegel). De la même façon, selon Kant, un boisusé par un torrent nous semble obéir à une volonté artistique, et c'est pourquoi il nous paraît émouvant.— Hegel est plus catégorique: la prétendue beauté de la nature ne peut rien nous enseigner sur la nature de labeauté dans la mesure où elle est de très loin inférieure puisque lui fait défaut la marque de l'esprit et de sa liberté. III. LA BEAUTÉ ARTISTIQUE DÉFINIT LES BEAUTÉS DE LA NATURE — Les beautés de la nature ne sont pas perçues universellement: ce qui estpour moi un beau paysage peut n'être qu'un ensemble d'obstacles pour lepromeneur ou un terrain riche en gibier pour le chasseur. Pour les percevoir, ilfaut être désintéressé (au sens kantien) et cette absence d'intérêt dépenddes circonstances dans lesquelles se trouve le sujet (ce qui n'est pas le caspour la beauté artistique).— Elles ne sont pas non plus perçues uniformément à travers l'histoire. Le«beau paysage» n'apparaît «beau» que relativement à la représentation(picturale, littéraire, photographique, cinématographique...) artistique d'unpaysage (symboliquement, on peut considérer que c'est Rousseau qui, auxviiie siècle, affirme définitivement que la nature peut être «belle »).— La perception de la «beauté naturelle n'est donc pas immédiate: ellesuppose au contraire l'intervention d'un travail artistique préalable (et doncd'une conception culturelle de la beauté). C'est ce dernier qui, ensélectionnant certains éléments de la nature et en les transformant, définitleur beauté potentielle et attire sur eux l'attention. CONCLUSIONLes beautés de la nature, parce qu'elles ne sont ni spontanément ni«naïvement» perçues, ne font que confirmer le caractère culturel de laBeauté. Ce n'est qu'après l'élaboration de cette dernière qu'elles peuvent en évoquer — métaphoriquement —certains aspects. »

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