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Qu'est-ce que penser avec rigueur ?

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— La question peut sembler simple, pour peu que l'on pense à analyser la rigueur du raisonnement tel qu'on le rencontre en mathématiques. Mais il ne s'agit pas seulement de raisonner avec rigueur : il est question de « penser «. Cela suppose que l'on prenne le verbe dans un sens large, en explorant les variantes de la pensée.
— Dans ces conditions, la pensée la plus ambitieuse est certainement la métaphysique : sur quel philosophe pouvez-vous prendre appui pour traiter la question de la rigueur souhaitable en métaphysique ?
— Mathématiques et métaphysique sont indifférentes au « réel « : comment aborder ce dernier en pensant rigoureusement ?

- Ne pas s'en tenir à un seul aspect de la question (par exemple : les mathématiques comme modèle unique de rigueur).
- Ne pas surestimer la philosophie comme domaine rigoureux : la rigueur est également souhaitable dans les sciences !
- Admettre qu'une pensée est acceptable dès qu'elle est rigoureuse : la rigueur implique l'admission de postulats initiaux, et ces derniers peuvent être contestables (par exemple du point de vue moral) : il y a peut-être aussi à penser que la rigueur ne suffit pas pour justifier toute pensée.

« [III. Rigueur et pensée] C'est en considérant précisément les progrès de la connaissanceexpérimentale que Kant entreprend de reconstruire la métaphysique commeune science rigoureuse. Le risque que court la métaphysique, ou qu'elle faitcourir à la pensée, est en effet que, dans la mesure où elle ne peut s'appuyersur quoi que ce soit d'empirique, le discours, totalement libre et sans garde-fou, y affirme n'importe quoi. Et c'est bien, selon Kant, ce qui s'est produit àtravers son histoire, qui n'aboutit qu'à un « champ de ruines ». Les conceptsmétaphysiques (Dieu, l'âme, la liberté) étant des idées pures ou a priori, on nepeut entreprendre à leur propos aucune démonstration. On ne peutdavantage en élaborer une connaissance. Il faut alors en « postuler »l'existence, soit affirmer cette dernière par des propositions indémontrables,exactement comme le sont classiquement les postulats en mathématiques.Dans ces propositions, les postulats autorisent des déductions ultérieures eninstaurant leurs conditions de possibilité. Les « postulats de la raison pratique» de Kant ont la même fonction relativement à la moralité : ils en fondent lacohérence. Ainsi, un postulat métaphysique n'est pas une affirmationarbitraire : il est lié à un autre aspect du système philosophique et renforce larigueur de l'ensemble.Penser avec rigueur, lorsqu'il s'agit de philosophie, c'est en effet s'efforcer degarantir la cohérence logique d'un système. Et tout système — c'est uneleçon à retenir de l'Éthique de Spinoza aussi bien que de Kant — dépendincontestablement de quelques postulats initiaux, qui demeurent généralement implicites. C'est à partir de cesaffirmations premières (indémontrables) qu'un philosophe construit sa pensée en opérant ses analyses etdéductions.La rigueur ainsi acquise suffit-elle pour que l'on puisse considérer que toute pensée la présentant mérite d'êtrerespectée ? On rencontre ici une nouvelle difficulté, qui tient à la nécessité d'introduire d'autres critères que ceuxde la logique pour juger. Ces critères doivent être d'ordre moral ou éthique : il est clair qu'une pensée peut êtreparfaitement rigoureuse tout en se déduisant de principes inacceptables, ce dont le nazisme constitue une preuveamplement suffisante. Si la tentative de Kant pour instaurer la rigueur en métaphysique est exemplaire, c'est aussiparce qu'elle prend appui sur une interprétation de la moralité où le concept d'humanité joue un rôle central. Mais onpeut comprendre qu'un système s'initiant dans des principes ou postulats totalement pervers ne peut ensuitedevenir acceptable, sous prétexte qu'il serait rigoureusement pensé. [Conclusion] Si « penser avec rigueur », quel que soit le domaine dans lequel on le tente, constitue une qualité, celle-ci n'estcependant pas suffisante pour que toute pensée rigoureusement construite soit immédiatement défendable ouadmissible. Après tout, il existe aussi des délires rigoureux, et l'on n'admet pas qu'ils soient pour celauniversalisables. Il faut donc tenir également compte d'une tout autre « rigueur », qui est celle de la morale, si l'onveut que la pensée rigoureuse puisse être reconnue comme bonne de tous les points de vue. »

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