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qu'est-ce que réfléchir ?

Publié le 15/09/2004

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Ce genre de sujet appelle une définition. Partez de la définition du sens commun et approfondissez-la. Faites des comparaisons, des distinctions. Examinez les enjeux.

Réfléchir est un acte de l’esprit, il s’agit de l’opération qui implique un retour sur un élément connu. C’est en ce sens que la réflexion prend aussi son sens en référence au phénomène optique. Réfléchir c’est donc rompre à l’habitude et la quotidienneté. Il s’agit de comprendre le monde qui nous entoure et s’ouvrir à ce monde. La réflexion est donc le prémisse à la science. Il s’agit de commencer à considérer un objet sous un nouvelle angle ou à douter de nos connaissances que nous croyons acquises. La formulation de la question nous invite à déterminer l’essence, c’est-à-dire ce qu’il y a de plus essentiel à l’action de réflexion. En ce sens, notre étude aura pour but de faire varier la définition de la réflexion pour en saisir pleinement le sens.  Ainsi la réflexion apparaîtra comme une lumière de et dans l’esprit (1ère partie), une ouverture au monde (2nd partie) et comme éducation et progrès (3ème partie).   

« tend à devenir défini, fini, évident ; les objets ordinaires ne font pas naître de questions et les possibilités peufamilières sont rejetées avec mépris. b) Dès que nous commençons à penser et réfléchir comme le montre Bertrand Russell dans ses Problèmes dephilosophie nous voyons que même les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne posent des problèmesauxquels on ne trouve que des réponses très incomplètes. La réflexion tout comme la philosophie dont elle est issuenous permet de quitter le monde du préjugé : « bien qu'elle ne soit pas en mesure de nous donner avec certitude laréponse aux doutes qui nous assiègent, peut tout de même suggérer des possibilités qui élargissent le champ denotre pensée et délivre celle-ci de la tyrannie de l'habitude. Tout en ébranlant notre certitude concernant la naturede ce qui nous entoure, elle accroît énormément notre connaissance d'une réalité possible et différente ; elle faitdisparaître le dogmatisme quelque peu arrogant de ceux qui n'ont jamais parcouru la région du doute libérateur, etelle garde intact notre sentiment d'émerveillement en nous faisant voir les choses familières sous un aspectnouveau. [...] La vie de l'individu est bornée par le cercle de ses intérêts personnels ; sa famille et ses amis peuventy être inclus, mais le monde extérieur lui est indifférent, sauf dans la mesure où il peut favoriser ou gêner tout cequi se trouve dans le cercle des désirs instinctifs. Une telle existence a quelque chose de fiévreux et de confiné ; encomparaison la vie philosophique est calme et libre ». Le monde des intérêts particuliers est un monde restreintplacé au milieu d'un vaste et puissant univers qui, tôt ou tard, mettra en ruines notre monde personnel. A moinsd'élargir le cercle de nos intérêts de manière à y inclure tout le monde extérieur, nous demeurerons comme lagarnison d'une forteresse assiégée qui sait d'avance que l'ennemi empêchera toute sortie et qu'une reddition finaleest inévitable.c) Ainsi, l'esprit qui s'est accoutumé à la liberté et à l'impartialité « de la contemplation philosophique » comme le ditBertrand Russell dans ses Problèmes de philosophie ou plus simplement de la réflexion, conservera quelque chose decette liberté et de cette impartialité dans le monde de l'action et de l'émotion ; il verra dans ses désirs et dans sesbuts les parties d'un tout, et les regardera avec détachement comme les fragments infinitésimaux d'un monde qui nepeut être affecté par les préoccupations d'un seul être humain : « L'impartialité qui, dans la contemplation, naît d'undésir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l'esprit qui, à l'action, joint la justice, et qui, dansla vie affective, apporte un amour universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles oudignes d'admiration. Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de notre pensée, et elle ennoblit lesobjets de nos actes et de notre affection ; elle fait de nous des citoyens de l'univers et non pas seulement descitoyens d'une ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C'est dans cette citoyenneté de l'univers queréside la véritable et constante liberté humaine et la libération d'une servitude faite d'espérances mesquines et depauvres craintes ». Transition : Ainsi, la réflexion est une ouverture au monde. Le monde du déjà vu et de l'habitude doit faire place à l'étonnementet permettre en ce sens la découverte. Dans ce cas la réflexion en ces deux sens est alors une éducation. III – La réflexion comme éducation a) Réfléchir combat l'ignorance et l'obscurantisme et permet par l'usage de l'entendement de sortir l'homme de sonétat de tutelle d'en faire un homme alerte au monde qui l'entoure et conscience de lui-même, c'est-à-dire libre telque le développe Kant dans son article programmatique Qu'est-ce que les Lumières ? avec son fameux appel : «Sapere Aude » : « Qu'est-ce que les Lumières ? La sortie de l'homme de sa minorité dont il est lui-mêmeresponsable. Minorité, c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) sans la directiond'autrui, minorité dont il est lui-même responsable (faute) puisque la cause en réside non dans un défaut del'entendement mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. Sapere aude! (Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. »b) Pour se faire, il faut donc développer un enseignement afin de discipliner et d'éclairer l'opinion. Et c'est donc versla nécessité de l'éducation qu'il faut se tourner. A travers l'éducation l'homme se fait œuvre de lui-même, ildéveloppe les capacités que la nature lui a fourni comme on peut le lire dans l'Idée d'une histoire universelle d'unpoint de vue cosmopolitique de Kant. En effet, l'éducation est la source de ce travail de l'homme sur lui. Endéveloppant son entendement et en usant de sa raison, il développera sa réflexion et cela passe par le commercedes idées et des opinions et c'est en ce sens qu'il y a bien corrélation entre les développements de l'opinion et sonéclaircissement et la liberté de penser. Et c'est sans doute ce qui explique l'intérêt de Kant pour l'éducation commeon peut de le voir dans ses Réflexions sur l'éducation. Plus exactement, il est du devoir de l'homme comme on peutle percevoir dans ses Leçons d'Ethique ou dans l'Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique dedévelopper toutes les facultés de l'homme qui ne sont contenues que dans l'espèce.c) Réfléchir et ne pas rester ignorant fait parti effectivement des devoirs envers nous-mêmes. Il s'agit de respecterl'humanité qui est en nous c'est-à-dire proprement vivre une vie d'homme et non de bêtes comme il le dit au détourd'une phrase dans la Critique de la raison pratique. Penser c'est faire usage de son entendement. Et avoir la libertéde penser c'est surtout avoir la possibilité d'affirmer publiquement son opinion. En ce sens, il est nécessairement dela pensée soit un échange, une communication car comme Kant le note dans Qu'est-ce que s'orienter dans lapensée ?, texte de 1786 : « L'Etat qui enlève aux hommes la possibilité de communiquer publiquement leurs penséesleur ôte en même temps la liberté de penser ». Communiquer publiquement ce n'est pas autre chose que développerson point de vue donc son opinion en tant que jugement subjectif. Et plus les hommes échangeront leurs opinionsplus la liberté de penser se développera et par conséquent aussi l'usage de l'entendement. »

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