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Qui fait l'histoire ?

Publié le 26/01/2004

Extrait du document

histoire

Une réalisation de l'histoire par l'histoire elle-même ?  

a.       Le développement téléologique de l'histoire au cours du temps

Nous répondrons donc d'une manière différente à la question qui nous est posée : il apparait que si l'on ne peut dire qu'en un sens métaphorique, ou en acceptant d'abuser du langage, que l'homme fait l'histoire, alors il est possible que l'histoire se fasse elle-même. La philosophie de Kant et d'Hegel va dans ce sens : ce dernier, dans « La raison dans l'histoire «, 1822, écrit ceci : « Dieu gouverne le monde, le contenu de son gouvernement, l'accomplissement de son plan est l'histoire universelle. Saisir ce plan, voilà la tâche de la philosophie de l'histoire, et celle-ci présuppose que l'Idéal se réalise, que seul ce qui est conforme à l'Idée est réel.  A la pure lumière de cette Idée divine, laquelle n'est pas un simple idéal, s'évanouit l'apparence que le monde est un devenir insensé «. Cet extrait montre que la philosophie est la prise de conscience dans la pensée d'une raison qui s'exprime dans l'histoire. Il y a une nécessité historique de l'évolution de la liberté et du progrès, même si cette nécessité n'est pas forcément linéaire : on parle en ce sens d'une stagnation de l'histoire. Malgré ces coups d'arrêts dans l'avancée orientée de l'histoire, nous dirons donc que celle-ci se fait elle-même. b.

 

I.                    Un homme peut-il faire l’histoire ?

a.       L’influence déterminante d’un individu sur le cours des événements

b.      L’influence d’un homme sur l’histoire est doublement partielle

II.                  Une réalisation de l’histoire par l’histoire elle-même ?

a.       Le développement téléologique de l’histoire au cours du temps

b.      Une génération de l’histoire en fonction du déterminisme causal : l’histoire se fait et n’est pas faite

III.                L’historien fait il l’histoire ?

a.       « L’histoire est toujours écrite par ceux qui ont pendu les héros «

b.      L’historien ne fait l’histoire qu’en s’en défendant

 

histoire

« I.

Un homme peut-il faire l'histoire ? a.

L'influence déterminante d'un individu sur le cours des événements Nous commencerons par dire qu'à la question « Qui fait l'histoire ? » nous pouvons répondre : un hommeexceptionnel.

En effet, des exemples d'individus marquants peuvent nous venir aussitôt à l'esprit : Alexandre,Napoléon, De Gaulle… De tels personnages peuvent être considérés comme acteurs de l'histoire, dans la mesure oùils ont eu une influence déterminante sur le cours des événements, où sans eux, tout eut été entièrement différentà leur époque.

C'est parce qu'un homme peut faire une action aux conséquences décisives sur le mondecontemporain que l'on dit de lui qu'il fait l'histoire. b.

L'influence d'un homme sur l'histoire est doublement partielle Cependant, une telle thèse souffre d'importantes limites.

Hannah Arendt montre bien dans « Condition de l'hommemoderne » que l'on ne fait pas l'histoire comme l'on fait un objet : dans son chapitre « Action » elle montre quel'histoire est le résultat d'une interaction incontrôlable, imprévisible, entre les hommes.

Un homme seul ne peut fairel'histoire car son influence est doublement partielle : ce n'est jamais lui seul qui la change, il lui faut nécessairementle concours ou a minima l'aveu de ses contemporains (Napoléon n'a pas envahi la Russie tout seul !) ; et ce n'estjamais l'histoire elle-même qu'il change, mais une partie limitée de celle-ci.

En tant que continuité temporelle totale,il ne la change pas : il change le présent et en partie l'avenir, jamais le passé et tout l'avenir. II.

Une réalisation de l'histoire par l'histoire elle-même ? a.

Le développement téléologique de l'histoire au cours du temps Nous répondrons donc d'une manière différente à la question qui nous est posée : il apparait que si l'on ne peut direqu'en un sens métaphorique, ou en acceptant d'abuser du langage, que l'homme fait l'histoire, alors il est possibleque l'histoire se fasse elle-même.

La philosophie de Kant et d'Hegel va dans ce sens : ce dernier, dans « La raisondans l'histoire », 1822, écrit ceci : « Dieu gouverne le monde, le contenu de son gouvernement, l'accomplissement de son plan est l'histoireuniverselle.

Saisir ce plan, voilà la tâche de la philosophie de l'histoire, et celle-ci présuppose que l'Idéal se réalise,que seul ce qui est conforme à l'Idée est réel.

A la pure lumière de cette Idée divine, laquelle n'est pas un simpleidéal, s'évanouit l'apparence que le monde est un devenir insensé ». Cet extrait montre que la philosophie est la prise de conscience dans la pensée d'une raison qui s'exprime dansl'histoire.

Il y a une nécessité historique de l'évolution de la liberté et du progrès, même si cette nécessité n'est pasforcément linéaire : on parle en ce sens d'une stagnation de l'histoire.

Malgré ces coups d'arrêts dans l'avancéeorientée de l'histoire, nous dirons donc que celle-ci se fait elle-même. b.

Une génération de l'histoire en fonction du déterminisme causal : l'histoire se fait et n'est pas faite Mais nous pouvons soutenir la même thèse d'un autre point de vue : en disant que l'histoire ne se fait pas elle-même en raison de sa projection téléologique vers une fin, mais en raison d'un déterminisme causal.

C'est moins lafinalité que la cause de l'histoire qui permet son auto production.

Prenons l'exemple de la philosophie de Spinoza :pour lui, la liberté est une illusion dans la mesure où il conçoit un déterminisme universel.

Il n'y a pas de véritableliberté pour Spinoza, puisque tous les êtres sont pris dans un réseau de relations causales qui les déterminentabsolument.

Tout dans l'individu, que ce soit ses actions ou ses pensées, est entièrement le fruit de cettedétermination.

Par conséquent, nous dirons que l'histoire se fait elle-même, car tout dans le monde, êtres etchoses, entre dans un réseau de relations causales qui détermine chaque événement, chaque fait dans l'étendue del'histoire.

L'histoire se fait elle-même, car le déterminisme causal des événements la produit nécessairement. III. L'historien fait il l'histoire ? a.

« L'histoire est toujours écrite par ceux qui ont pendu les héros » Comme le dit le personnage de Robert Le Bruce dans Braveheart de Mel Gibson : « L'histoire est toujours écrite parceux qui ont pendu les héros ».

Cette citation montre qu'il semble que l'historien fait l'histoire : en effet, c'est lerécit qu'il réalise d'une époque qui reste, et la version officielle des faits est toujours celle qui demeure le pluslongtemps.

Cependant, la falsification de l'histoire ne peut être confondue avec la réalisation de l'histoire digne deson nom, comme discipline intellectuelle.

Le falsificateur n'est pas un historien : il n'est qu'un outil de propagande.L'historien, lui, ne fait pas l'histoire au sens où il ne la réécrit pas volontairement. b.

L'historien ne fait l'histoire qu'en s'en défendant Cependant, il n'en reste pas moins que l'historien fait l'histoire : car c'est toujours une partie de l'histoire qu'il étudie,et de surcroit d'un point de vue partiel.

L'histoire totale n'existe pas.

Nous dirons donc que l'historien fait l'histoire,mais à son corps défendant : parce qu'il prétend dépasser l'incomplétude et la subjectivité de son écriture del'histoire.

L'histoire n'est faite que fictivement par la totalité des historiens dont l'interaction est sensée produire unehistoire objective et totale.

Mais l'histoire avance toujours, se découvre toujours (pensons aux découvertesarchéologiques) : l'histoire comme récit est toujours à faire et à refaire.. »

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