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Robert Falcon Scott

Publié le 22/02/2012

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Le Devon est la contrée où les traditions navales, qui traversent tout au long l'histoire compliquée d'Angleterre, sont le plus fortement ancrées. Il est la Bretagne de l'Angleterre, le pays d'où sont issus Drake, Raleigh, et bien d'autres grands marins. Les hommes du Devon ont le regard tourné vers la mer plus qu'en aucune autre contrée anglaise. Bien que d'origine écossaise, comme son nom l'indique, Robert Falcon Scott était du Devon, où sa famille résidait depuis trois générations. Il naquit en 1868 à Devonport, qui fait actuellement partie de Plymouth. Dans ce milieu passionné pour les choses de la mer, son imagination fut fortement influencée par le spectacle prestigieux de la marine britannique. Type parfait de la caste des officiers de marine qui commencent très tôt leur entraînement, Scott n'avait que douze ans lorsqu'il rejoignit le vaisseau-école Britannia en qualité de cadet. Après avoir obtenu ses galons d'enseigne de vaisseau en 1882, son avancement fut constant, sans toutefois être spécialement rapide : le temps de paix n'est guère favorable aux promotions précipitées et retarde jusqu'à l'âge mûr l'attribution des hauts grades. En 1889, Scott recevait le grade que l'on appelait alors "lieutenant de torpilleur". Doué d'un grand calme et de réelles capacités, il était fort bien coté de ses supérieurs. Les traditions de la marine et sa discipline rigide ne permettent certes pas l'épanouissement de l'originalité, et quoique Scott fût un homme de caractère ferme et résolu, il ne se distinguait pas, à première vue, de façon frappante de ses collègues.

« commandé par Scott, visait au pôle Sud. Il faut nous en tenir au récit captivant que Scott lui-même fit de ses aventures, car elles sont réellementexceptionnelles et présentent un intérêt pathétique incomparable. Au cours de l'automne 1910, des dépôts de vivres et de carburant avaient été établis le long de la route polaire.

Leplus méridional d'entre eux, le "One Ton Dump" (le dépôt d'une tonne) se trouvait à la latitude 79° 28' 53" sud et àcent trente milles géographiques de la base.

Scott escomptait atteindre la latitude 80° sud, mais le dépérissementde ses poneys de Mandchourie l'obligea à abandonner la partie alors qu'il ne lui restait plus à couvrir que les dernierstrente et un milles ; ce fut un échec fatal. Pour sa randonnée vers le pôle Sud, Scott disposait de traîneaux à moteurs.

Mais après quelques jours, ils furent mishors d'usage.

Les poneys et les chiens transportèrent les bagages au pied du glacier Beardmore ; là, les derniersponeys furent tués pour servir de nourriture et les chiens renvoyés avec l'escouade qui les menait.

Scott et seshommes établirent des dépôts le long de leur route en vue du voyage de retour.

Ils étaient lourdement chargés.

Defurieuses tourmentes de neige faisaient rage et ralentissaient leur marche.

La température descendait souvent à -23° Fahrenheit, et ne remontait jamais à zéro.

Le 4 janvier 1912, Scott et ses hommes atteignirent 86° 32' latitudesud, d'où la dernière escouade d'appui, formée du lieutenant de vaisseau Evans et de deux marins, partit pourrentrer à la base.

Scott et ses quatre derniers compagnons (Evans, Oates, Wilson et Bowers) continuèrent àmarcher péniblement vers le pôle.

Malgré l'emploi des skis, la marche ne fut jamais facile et s'effectua pluslentement qu'il n'avait été escompté. Le 16 janvier 1912 ces hommes aperçurent au loin une tache noire dans le grand désert blanc.

Le cOeur lourd, ilsconstatèrent qu'ils avaient été devancés.

En effet, Amundsen avait atteint le pôle le 14 décembre 1911 et en étaitreparti trois jours après.

Le 18 janvier 1912, Scott et ses compagnons touchèrent la tente et le drapeaud'Amundsen et y trouvèrent une lettre à l'adresse de Scott. En dépit du froid glacial et des vents furieux, le retour s'effectua au début de façon assez satisfaisante ; la tête duglacier Beardmore fut atteinte le 7 février, mais la fatigue et la faiblesse d'Evans avaient ralenti la marche dugroupe.

Evans mourut le 17 février.

Sur la neige gelée de la Barrière, le thermomètre descendit à -47° Fahrenheit, etles hommes s'affaiblissaient de jour en jour.

Le gel les mordait et entravait leurs fiévreux efforts, leur permettant àpeine de se traîner d'un dépôt à l'autre dans les vents violents.

Pour comble, ils s'aperçurent que le carburant s'étaitévaporé par les bouchons des bidons.

Ce fut une vraie catastrophe. Le 17 mars, Oates, les membres à demi gelés, se rendant compte que ses pas incertains mettaient en péril tous sescompagnons, s'exclama : "Je vais partir pour assez longtemps", et s'enfonça dans la tempête de neige ; il disparut.Il s'était sacrifié pour sauver ses amis.

Quatre jours plus tard, les trois survivants campèrent à 79° 40' latitude sud,exactement à onze milles du "Dépôt d'une Tonne" qui, s'il avait été placé trente et un milles plus au sud, ainsi queScott l'avait voulu, leur aurait sauvé la vie.

Il ne leur restait qu'un bien faible espoir de couvrir ces onze milles.

Lestrois hommes luttaient toujours, avançant à travers la tempête de neige. Mais le 29 mars, Scott écrivait dans son journal : "Nous tiendrons jusqu'au bout.

Nous nous affaiblissons de plus enplus et la fin ne peut être éloignée.

C'est regrettable, mais je ne pense pas pouvoir continuer à écrire." C'estprobablement peu après que ces mots eurent été tracés, que les trois hommes ont péri, victimes du froid terrible quisévissait à la Barrière. Comme pour ajouter à l'horreur de cette tragédie, le groupe de secours parti à leur rencontre aurait certainementréussi à les sauver s'il n'avait été bloqué, du 3 au 10 mars, par des ouragans de neige d'une violence inouïe.

Cecontretemps fut fatal, car il épuisa les réserves de nourriture des chiens.

Conscients de l'anxiété avec laquelle Scottet ses compagnons attendaient leur secours, ces hommes furent navrés de se voir obligés de rebrousser chemin,abandonnant à la mort blanche leur chef, ainsi que Wilson et Bowers.

Ce ne fut que huit mois plus tard qu'unepatrouille trouva la tente et les corps ; elle érigea sur eux un tumulus de neige surmonté d'une croix. Les lettres de Scott, ses notes quotidiennes, ses photographies et son message au peuple britannique furent tousretrouvés, ainsi que les plus volumineux et précieux spécimens géologiques qui aient jamais été transportés dans desconditions aussi extraordinaires.

En cela, Scott fit preuve, non seulement de sa force de volonté, mais aussi de saferme décision d'accomplir jusqu'au bout et dans ses moindres détails la mission qui lui avait été confiée.

C'est undes grands problèmes qu'offre l'Antarctique, que de savoir comment il se fait que, même dans le climat autrefoistempéré du pôle Sud, des plantes et des arbres eussent pu croître durant les six mois de la nuit polaire.

Le pôles'est-il déplacé ? Car ces régions glacées et désolées, habitat actuel de quelques espèces d'oiseaux parmi lesquelsle magnifique pingouin empereur ont des couches de charbon et des roches empreintes de végétaux fossiles.

Lesgrandes fougères tropicales et les fougères arborescentes de l'époque carbonifère croissaient alors au pôle Sud. Nous avons peine à comprendre aujourd'hui mais la radio n'existait pas encore à l'époque que la nouvelle du sort deScott et de ses compagnons ne soit parvenue en Angleterre qu'en février 1913, environ douze mois après leur mortà la Barrière de glace.

De grands honneurs furent rendus à la mémoire de Scott : sa veuve recueillit la dignité defemme de chevalier commandeur de l'Ordre du Bain, grade attribué à titre posthume ; des pensions furent allouéesaux familles de ceux qui avaient péri au cours de l'expédition ; un fonds constitué par souscription publique permitde publier les résultats scientifiques de l'expédition et un Institut de recherches polaires fut fondé à Cambridge,. »

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