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Sommes-nous maître de nos pensées ?

Publié le 02/03/2005

Extrait du document

  • I – Les pensées sont le fruit d'influences extérieures

            1) Les sens influent sur nos pensées

            2) Des facteurs sociaux influent sur nos pensées

  • II – Notre inconscient participe à nos pensées

1)      La pensée comme désir

2)      Les pensées qui proviennent de l'inconscient

  • III – Maîtriser sa pensée dans la mesure du possible

1)      Ramener sa pensée à soi-même

2)      Maîtriser sa pensée commence par l'humilité

Se demander si nous sommes maîtres de nos pensées exige de s’interroger sur le type de maîtrise en question ainsi que sur ce qu’il faut entendre par le concept de « pensées «. En effet, remarquons d’abord que la maîtrise peut concerner à la fois la formation des pensées (je peux penser ce que je veux), le maniement des pensées (je ne pense pas ce que je veux, mais à la limite j’en dispose librement) ou à leur expression (j’arrive à exprimer adéquatement mes pensées). Les pensées sont elles-mêmes source de questionnement : pour Descartes, en effet, doute, volonté, conception de l’intelligence relèvent tous du domaine de la pensée. Avec Freud, ce domaine s’étend aux pulsions et aux désirs qui hantent la conscience. Afin de répondre à notre question, il est donc nécessaire de commencer par démêler cet écheveau conceptuel et de clarifier les termes du débat.

« Pour la psychanalyse, nous agissons parfois et nous avons certaines pensées, non pas en en contrôlant consciemment les causes mais sous l'influence de notre inconscient. Freud, Métapsychologie : « On nous conteste de tout côté le droit d'admettre un psychisme inconscient et de travaillerscientifiquement avec cette hypothèse. Nous pouvons répondre à cela que l'hypothèse de l'inconscient estnécessaire et légitime, et que nous possédons de multiples preuves de l'existence de l'inconscient. Elle estnécessaire parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires ; aussi bien chez l'homme sain quechez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques qui, pour être expliqués, présupposent d'autresactes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. [...] Notre expérience quotidienne la pluspersonnelle nous met en présence d'idées qui nous viennent sans que nous en connaissions l'origine, et de résultatsde pensée dont l'élaboration nous est demeurée cachée. » III – Maîtriser sa pensée dans la mesure du possible 1) Ramener sa pensée à soi-même Pour Descartes, la base de tout raisonnement est le célèbre « Je pense, donc je suis », seule certitude immédiate. Se rendre maître de sa pensée nécessite ainsi une méthode. Et penser est la preuve de mon existence. Descartes, Discours de la méthode, 4 ème partie : « Ainsi, à cause que nos sens nous trompent quelquefois, je voulus supposer qu'il n'y avait aucune chosequi fût telle qu'ils nous la font imaginer. Et pour ce qu'il y a des hommes qui se méprennent en raisonnant, mêmetouchant les plus simples matières de géométrie, et y font des paralogismes, jugeant que j'étais sujet à faillir,autant qu'aucun autre, je rejetai comme fausses toutes les raisons que j'avais prises auparavant pourdémonstrations. Et enfin, considérant que toutes les mêmes pensées, que nous avons étant éveillés, nous peuventaussi venir quand nous dormons, sans qu'il n'y en ait aucune, pour lors, qui soit vraie, je me résolue de feindre quetoutes les choses qui m'étaient jamais entrées dans l'esprit, n'étaient non plus vraies que les illusions de messonges. Mais, aussitôt après, je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallaitnécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose. Et remarquant que cette vérité : je pense, donc jesuis était si ferme et si assurée que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pascapables de l'ébranler. » 2) Maîtriser sa pensée commence par l'humilité Platon nous rappelle qu'être sage c'est déjà savoir reconnaître qu'on ne sait pas. En partant de cette prémisse, nous pouvons commencer à diriger notre pensée. Platon, Apologie de Socrate, 20d-22b : « Or, un jour qu'il était allé à Delphes, il osa poser à l'oracle laquestion que voici – je vous en prie encore une fois, juges, n'allez pas vousrécrier -, il demanda, dis-je, s'il y avait au monde un homme plus sage quemoi. Or la pythie lui répondit qu'il n'y en avait aucun. Et cette réponse, sonfrère, qui est ici, l'attestera devant vous, puisque Khairéphon est mort. [...]Lorsque j'eus appris cette réponse de l'oracle, je me mis à réfléchir en moi-même : « que veut dire le dieu et quel sens recèlent ses paroles ? Car moi,j'ai conscience de n'être sage ni peu ni prou. Que veut-il donc dire, quand ilaffirme que je suis le plus sage ? Car il ne ment certainement pas ; cela ne luiest pas permis. » Pendant longtemps je me demandai quelle était son idée ;enfin je me décidai, quoique à grand peine, à m'en éclaircir de la façonsuivante : je me rendis chez un de ceux qui passent pour être des sages,pensant que je ne pouvais mieux que là, contrôler l'oracle et lui déclarer :« cet homme-ci est plus sage que moi, et toi, tu m'as proclamé le plussage. » J'examinai donc cet homme à fond. [...] Il me parut en effet, encausant avec lui, que cet homme semblait sage à beaucoup d'autres etsurtout à lui-même, mais qu'il ne l'était point. J'essayai alors de lui montrerqu'il n'avait pas la sagesse qu'il croyait avoir. Par là, je me fis des ennemis delui et de plusieurs des assistants. Tout en m'en allant, je me disais en moi-même : « je suis plus sage que cet homme là. IL se peut qu'aucun de nousdeux ne sache rien de beau ni de bon ; mais lui croit savoir quelque chose, alors qu'il ne sait rien, tandis que moi, sije ne sais pas, je ne crois pas non plus savoir. Il me semble donc que je suis un peu plus sage que lui par le faitmême que ce que je ne sais pas, je ne pense pas non plus le savoir ». » Conclusion : Nous ne sommes pas maîtres de toutes nos pensées a priori mais il nous est possible d'apprendre à penser,et donc de nous en rendre plus maîtres. L'homme peut trouver en lui les ressources pour se tourner vers lui-même, »

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