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Toute passion est-elle déraisonnable ?

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Mon âme, affectée de peur, croit vouloir la fuite alors que c'est le corps qui l'y entraîne.■ Descartes raconte qu'il a ressenti longtemps une passion inexpliquée pour les femmes qui louchent. Elle cessa le jour où on lui rappela qu'il avait été, très jeune, amoureux d'une jeune fille qui louchait : l'amour s'était mécaniquement associé, dans son cerveau, à l'image d'une fille qui louche. Il était vain de chercher des raisonnements inconscients pour expliquer sa passion ; elle n'était que mécanique. Le seul inconscient, c'est le corps.■ Les passions sont bonnes en elles-mêmes car elles nous meuvent. Mais si elles ne sont pas réglées par la raison, elles peuvent nous perdre, en nous menant où nous ne devrions pas. L'énergie passionnelle doit nous servir, non nous asservir.B. La générosité■ Ne pouvant agir de front contre les passions, la volonté peut le faire indirectement, par une sorte de ruse.

« Réponses rédigées 1. Comment comprendre l'origine d'une inclination qui nous porte vers une personne ? Souvent, selon Descartes,cette inclination provient du pouvoir qu'a cette personne d'évoquer en nous, par telle ou telle de sescaractéristiques, une autre personne aimée dans le passé.La thèse de Descartes est d'abord illustrée par un exemple personnel, puis explicitée à partir d'une généralisationréfléchie de cet exemple. Le texte comporte donc deux étapes essentielles. La première, exposant l'exemple,comporte à peu près la moitié du texte (jusqu'à: « je n'en ai plus été ému »). Descartes y évoque d'abord un amourd'enfance, et y met en place le rôle de l'association originaire entre le sentiment d'amour, suscité par la jeune fille,et l'impression liée à une caractéristique de cette jeune fille (le fait de loucher). Dans un deuxième temps, il réfère àcette association originaire la propension qu'il a eue à aimer des femmes qui louchaient, tant qu'il n'avait pas prisconscience de cette association. La deuxième étape explicite et généralise le sens de l'exemple proposé. Ellecomporte elle-même deux temps. Dans le premier temps, Descartes revient sur le mécanisme d'association qui,généralement, tend à susciter une inclination préférentielle. Dans le second temps, il en appelle à une maîtrise despassions, essentiellement par la mise en oeuvre d'une retenue liée à un souci de prise de conscience et de réflexion. 2. De fait, le texte caractérise une tendance à aimer pour certains motifs plutôt qu'une origine générale de toutepassion amoureuse. La fin du texte, se référant au pouvoir de retenue et d'examen dont tout homme dispose, enappelle non à une négation de la passion, mais à un consentement réfléchi, excluant tout abandon aveugle. La vieaffective de l'homme apparaît ici tout à la fois comme tendanciellement soumise à des mécanismes d'association(que plus tard Freud et Pavlov, chacun à sa manière, souligneront) et potentiellement maîtrisée par le pouvoir deréappropriation de l'esprit. Une première expérience vécue, référence originaire, lie un sentiment s'adressant à latotalité d'une personne, et la valorisation d'un détail (ici le fait de loucher) qui lui est graduellement associé. Cen'est pas, bien sûr, ce détail qui suscite l'amour, car il n'est remarqué et valorisé qu'en raison de l'association elle-même. Plus tard, lorsque tout semble oublié, la seule perception du même détail, par le pouvoir d'évocation qu'ellecomporte, tend à susciter une inclination amoureuse. À celle-ci, selon Descartes, le sujet peut résister. Puissancede la conscience, auto-examen, libre-arbitre suspendent l'emprise de l'inclination amoureuse, la passion à venirétant alors dans le pouvoir de la volonté elle-même. La passion est une pensée de l'âme qu'elle reçoit du corps ; elle s'explique par la liaison du corps et de l'âme, et estdonc naturelle. De ce fait, "elles sont toutes bonnes de leur nature", dit Descartes, puisqu'elles disposent "l'âme àvouloir les choses que la nature nous dicte utiles et à persister en cette volonté". Elles ne sont condamnables quedans leur excès. Ici il convient de s'interroger sur ce qui définit cet excès : lorsque, envahissant la vie de l'esprit,elles aveuglent la raison qui en devient dépendante. Les passions et la liberté chez DESCARTES A. Les passions Si l'âme meut volontairement le corps, le corps meut aussi l'âme. Les passions sont l'ensemble des émotions del'âme qui sont causées parles mouvements ou états non volontaires du corps (exemple : la faim). La passion incline l'âme à vouloir des choses auxquelles elle a d'abord disposé le corps. Ainsi la vue d'un fauve, enaccélérant mon rythme cardiaque, en nouant ma gorge, etc., dispose mécaniquement mon corps à fuir, pour fairecesser ce malaise. Mon âme, affectée de peur, croit vouloir la fuite alors que c'est le corps qui l'y entraîne. Descartes raconte qu'il a ressenti longtemps une passion inexpliquée pour les femmes qui louchent. Elle cessa lejour où on lui rappela qu'il avait été, très jeune, amoureux d'une jeune fille qui louchait : l'amour s'étaitmécaniquement associé, dans son cerveau, à l'image d'une fille qui louche. Il était vain de chercher desraisonnements inconscients pour expliquer sa passion ; elle n'était que mécanique. Le seul inconscient, c'est lecorps. Les passions sont bonnes en elles-mêmes car elles nous meuvent. Mais si elles ne sont pas réglées par la raison,elles peuvent nous perdre, en nous menant où nous ne devrions pas. L'énergie passionnelle doit nous servir, nonnous asservir. B. La générosité Ne pouvant agir de front contre les passions, la volonté peut le faire indirectement, par une sorte de ruse. Prenonsun exemple. Comment vaincre la peur ? Non pas simplement en me disant qu'il ne faut pas avoir peur, mais en liant,par l'habitude, à mes mouvements spontanés l'idée de tout ce que la fuite a d'inefficace, ou de honteux. Ainsi, mafuite sera empêchée. Le plus que la volonté puisse faire, en cas de passion violente, n'est donc pas de s'empêcher de la ressentir, maisde ne pas consentir à ses effets. Les exhortations sont inutiles, c'est la connaissance du mécanisme passionnel quipermet de se dresser soi-même. Mais alors que les faibles tentent de faire jouer les passions les unes contre les autres, sans trouver de vraiestabilité, les âmes fortes opposent à toutes les passions la générosité*, qui est la passion – spirituelle – de laliberté. »

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