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Toutes nos idées ne viennent-elles que des sensations ?

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Dès l'incipit de son ouvrage (L. I, ch.1), la sentence est sans appel : les idées sont des perceptions de l'esprit et elles ne diffèrent des impressions sensibles que par « le degré de force et de vivacité avec lequel elles frappent l'esprit et se frayent un chemin dans notre pensée ou notre conscience «. Ainsi la différence entre les idées et les impressions n'est pas une différence de nature mais de degré ; l'idées n'étant pas radicalement distincte des sensations, on peut donc dire que toute idée vient des sens : l'impression est première ou originaire (rien ne vient avant), l'idée en est la copie (elle ne peut avoir pour origine que l'impression).            

Mais alors, comment se produit ce passage des sens à l'idée ?

Enjeu : préciser « venir de... « ; cela signifie-t-il transformation ou seulement représentation ? N'y a-t-il pas autre chose que les sens qui intervient dans la production d'une idée ? Car comment expliquer que je puisse avoir l'idée d'une montagne d'or, d'un centaure alors que celle-ci ne semblent en aucun cas copier une impression correspondante  

b)     Simplicité et complexité Les idées de montagnes d'or ou de la cité merveilleuse d'une nouvelle Jérusalem, sont bien sûr en décalage avec les impressions. Cependant, pour résoudre cette difficulté, Hume émet une 2nde distinction : il faut faire la différence entre simplicité et complexité.

Les idées qui correspondent à une réalité sont transmises à l'esprit par les sens. tant qu'on ne s'interroge pas sur la nature et l'origine des idées, on se fie à une évidence subjective et trompeuse.

MAIS...

Toutes nos connaissances viennent sans doute de l'expérience. Mais, l'esprit n'est pas totalement passif. La raison y met de l'ordre en les unifiant (Kant). De plus, l'esprit peut produire des idées en réfléchissant sur elle-même. Il s'agit d'idées innées indépendantes de toutes sensations (Descartes).

« b) Les sens sont douteux Pour Descartes, tout ce qui est peut être rapporté au sujet qui pense : seule la pensée fonde l'existence. Ainsi, je peux bien douter qu'à mon idée corresponde quelque chose d'extérieur à moi ; néanmoins je ne sauraisdouter avoir en moi cette idée. Ainsi, toute idée relève de la subjectivité. Or la pensée est radicalement distincte ducorps : si je vois un morceau de cire d'abord solide et froid puis liquide et chaud, je sais que c'est bien le mêmemorceau qui demeure, non pas d'après ce que j'en vois (ma vision est celle de deux aspect différents) mais parceque mon entendement le conçois. Ainsi, les sens ne sont pas à l'origine de nos idées : je pourrait toujours mettre endoute l'existence de tel objet mais non l'idée que j'en ai. c) Les idées innées L'argument le plus courant avancé en faveur des idées innées concerne les idées mathématiques et en particulier, celles de la géométrie : comment arrivons-nous à l'idée d'un triangle dont la sommes des trois angles estégale à celle de deux angles droits ? Est-ce en procédant empiriquement ? Parce que mes sens m'ont montré àplusieurs reprises qu'en ajoutant entre eux les trois angles d'un triangle on obtenait toujours 180° ? Cette équationest connue a priori : elle ne dérive pas de l'expérience mais elle est incluse dans le concept même de triangle. Finalement les sens vont me donner des cas particuliers mais la totalité de ces cas est contenu dans la seule idéeet elle y est contenue « d'avance » : ce ne sont pas mes sens qui me font découvrir cette idée mais le seulconcept de triangle que j'ai en moi. En ce sens Platon montre dans le Menon que la découverte des idées est une réminiscence : il s'agit de prendre conscience de ce que l'on sait déjà. Exemple : le jeune esclave découvre aidé de Socrate commentaugmenter du double le tracé d'un carré. [la valeur de l'exemple tient à ce que le jeune homme est esclave, n'estpas instruit, et pourtant trouve de lui-même la solution] Transition : - On vient de voir que l'idée étant de nature intelligible ne peut nous apparaître via les sens : c'est à l'esprit qu'il appartient de découvrir les idées par-delà la multiplicité sensible. - Ainsi si les idées viennent des sens dans la mesure où ce sont eux qui nous livrent les objets à connaître, il n'en reste pas moins que les sens ne nous fournissent pas l'idée en tant que telle. L'idée vient donc d'un concours dessens et de la pensée. - Problème : comment discerner ce qui relève de l'entendement et de la sensibilité ? Comment baliser le rôle des sens dans l'élaboration de nos idées ? 3- LES IDÉES SONT DES PRODUITS DE LA RAISON SEULE . Déterminer ce qui, a priori , c'est-à-dire avant toute expérience, relève de l'entendement et ce qui relève de la sensibilité, est précisément ce que se propose Kant dans la Critique de la raison pure . Cependant, pour Kant, la connaissance ne porte que sur les phénomènes et non les choses en soi. Ainsi, les idées n'entrent pas dans leprocessus de connaissance. Pourquoi ? Parce que connaître = mettre ensemble une intuition sensible donnéedans l'espace et dans le temps et les catégories de l'entendement) =définition de toute expérience possible. Or Kant montre qu'il existe unetendance de la raison à vouloir étendre la connaissance au-delà de ceslimites : « La destination de la raison n'est pas entièrement comblée par l'emploi limité de l'expérience [...] chaque expérience singulière n'est qu'unepartie de la sphère entière de son domaine » ( Prolégomènes à toute métaphysique future , §40). Cette insatisfaction = quête de transcendance ou de « méta-physique » (littéralement, au-delà de la nature) que Kant appelle « usage dialectique des principes » : la raison dans son usage dialectique « cherche à trouver pour la connaissance conditionnée de l'entendement, l'inconditionné par lequel l'unité en est achevée [...] [et elle postule que ] si le conditionné est donné, se trouve aussi donné la somme entière des conditions, et par conséquent,l'absolument inconditionné par lequel seulement le conditionné est possible ». Le résultat de cet usage = les Idées : « J'entends par idée un concept rationnel nécessaire auquel nul objet qui lui corresponde ne peut être donnépar les sens » (Critique de la raison pure, 2 ème partie, « Dialectique transcendantale »). Conséquence : Kant montre que les idées ont un usage régulateur pour la connaissance : l'idée n'est ni un produit des sens (elle vient de la raison seule) ni un concept de l'entendement . Toute idée vient du désir d'absolu propre à la raison pure. »

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