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Une religion rationnelle est-elle possible ?

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Les reproches de la conscience resteront sans effet, si on ne les considère pas comme les représentants de Dieu, dont le siège sublime est bien élevé au-dessus de nous, mais qui a aussi établi en nous un tribunal. Mais d'un autre côté, quand la religion ne se joint pas à la conscience morale, elle est aussi sans effet. Comme on l'a déjà dit, la religion, sans la conscience morale, est un culte superstitieux. On pense servir Dieu en le louant, par exemple, en célébrant sa puissance, sa sagesse, sans songer à remplir les lois divines, sans même connaître cette sagesse et cette puissance et sans les étudier. On cherche dans ces louanges comme un narcotique pour sa conscience, ou comme un oreiller sur lequel on espère reposer tranquillement. » KANTRELIGION & RAISON CHEZ KANT.* La loi morale est la condition de possibilité du « vrai culte », d'une religion authentique. Dans le « faux culte », c'est la théologie (interprétation des écrits bibliques) qui est le fondement, la condition de possibilité de la morale. L'homme perd son autonomie rationnelle et devient le jouet des exégèses théologiques, des prêtres devenus « fonctionnaires » (hétéronomie de la volonté). On voit ici le danger que la religion ne sécrète son poison mortel : le fanatisme et l'impossibilité d'une amélioration de l'homme, assujettis au rang d'éternel « mineur ».

Element commun à toutes les religions instituées, et supérieure à toutes parce qu'elle bannit les dogmes, la religion naturelle est établie par les seules lumières de la raison. MAIS, il n'est pas nécessaire de supposer que la cause du monde poursuive un dessein intelligent. Pour HUME, même la religion "naturelle" repose sur la croyance.

« aussi contre la déité. Si le remords devenu péché, faute est fortifié par l'existence de Dieu, il n'en demeure pasmoins que la primauté, le fondement appartient bien au « tribunal » de la conscience avant celui du « Jugementdernier ».• Pour synthétiser et en termes pascaliens, on peut dire, que la morale sans la religion, et comme le droit (raison)sans la force. Et que la religion sans la morale est la force sans le droit (raison).Dans la préface de la première édition de la « Religion dans les limites de la simple raison », Kant affirme que lamorale n'a nullement besoin de la religion : « La morale, qui est fondée sur le concept de l'homme en tant qu'êtrelibre, s'obligeant pour cela même, par sa raison, à des lois inconditionnées, n'a besoin ni de l'Idée d'un Etre différent,supérieur à lui pour qu'il connaisse son devoir, ni d'un autre mobile que la loi même, pour qu'il l'observe. » Toutefois ilexiste entre la morale et la religion un rapport étroit, et nous avons vu dans la « Critique de la Raison Pratique » quel'idée de Dieu, si elle n'était pas nécessaire pour fonder la morale, se trouvait du moins fondée par elle.Les marques de la véritable Eglise sont : l'universalité, la pureté. Elle doit être purgée de l'imbécillité de lasuperstition et de la folie du fanatisme »Toutefois, étant donné la faiblesse humaine , la pure foi religieuse ne suffit pas à donner une Eglise. Les hommesn'arrivent pas à se persuader qu'il faut agir par devoir et que cela seul constitue l'obéissance à Dieu ; ils veulentservir Dieu comme on sert un grand seigneur dans le monde. Si bien qu'une « religion culturelle » s'ajoute à la religionpurement morale.Cependant les croyances de l'Eglise statutaire précèdent ordinairement la vraie foi, puisqu'elles servent à larépandre. Et cela ne va pas sans danger. Il est à craindre en effet que ces croyances ne finissent par se substituerà la vrai foi. Aussi est-il nécessaire d'interpréter celles-ci au moyen de celle-là, de chercher la conformité de la foihistorique à la raison pratique. Kant distingue la religion révélée et la religion naturelle. Dans la première, jereconnais comme devoir ce que je sais être un commandement divin ; dans la seconde, au contraire, je reconnaiscomme commandement divin ce que je sais être un devoir : « il faut que la raison humaine universelle, l'élément dela religion naturelle, soit reconnue et honorée dans la dogmatique chrétienne comme le suprême principe souverain,mais que la doctrine de la révélation sur laquelle on fonde une Eglise, et à laquelle des savants sont nécessaires enqualité d'exégètes et de conservateurs, soit aimée et cultivée comme simple moyen, hautement estimable d'ailleurs,pour rendre la première de ces doctrines accessibles même à l'intelligence des ignorants et pour lui donner del'extension et de la persistance ».Le faux culte intervient dès que la foi statutaire n'est plus subordonnée à la foi naturelle, à la loi morale, dès qu'ellen'est plus un simple véhicule de celle-ci, mais qu'elle devient une fin en soi. La lettre supplante alors l'esprit, lespratiques extérieures se substituent à la vrai foi. Le prêtre cesse d'être un serviteur, un ministre de l'Eglise, pourdevenir un fonctionnaire. On tombe alors dans la superstition religieuse : « la folie de croire que, par les religieux duculte, on peut faire quelque chose pour sa justification devant Dieu, c'est la superstition religieuse. »A cette corruption de la vraie foi, le remède est de prendre la conscience pour « guide en matière de foi ». Ce n'estpas la prière qui sauvera l'homme ; elle n'est qu'un moyen de ranimer en nous l'intention morale, et nullement unmoyen de grâce. Ce n'est pas non plus la fréquentation de l'église, simple moyen d'édification pour chacun enparticulier, et devoir des fidèles en tant que membres d'une Eglise visible. Ce n'est pas davantage la consécrationpar le baptême ou la communion. Encore une fois, l'homme ne doit pas compter sur un secours extérieur, parce que: « ce qui doit nous être imputé à titre de bonne conduite morale ne devrait pas s'effectuer grâce à une influenceétrangère, mais uniquement par l'usage le meilleur possible de nos propres forces ».Ainsi apparaît à nouveau le primat de la raison pratique, législatrice souveraine, à laquelle la religion même estsubordonnée. L'homme est seul avec sa conscience et il n'y a pas de favoris du ciel. Nous avons tous les mêmesarmes pour un même combat, et chacun fait son propre salut.Kant était fortement attaché aux principes religieux qu'il avait reçus de sa mère, et c'est pour tenter d'accorder cesprincipes aux thèses de son rationalisme moral qu'il écrivit la « Religion dans les limites de la simple raison ».Le christianisme n'est raisonnable que dans la mesure où il est moral et le principe moral qu'il contient n'est pasthéologique. A la question : à quelles conditions une religion est-elle possible, le philosophe critique répond enarguant du fait rationnel du devoir. En ce point, il n'y a aucune ambiguïté : inféoder la conduite éthique à descommandements divins serait restaurer une hétéronomie qui ruine la liberté. L'éthique est autosuffisante. C'estl'éthique qui exige qu'on postule l'existence d'un Dieu susceptible de rendre possible la réalisation du Souverain Bien.La morale conduit à la religion qui ne la fonde pas La religion n'est, en ce qu'elle est raisonnable, que l'Idée d'unlégislateur moral suprême supposé. La religion représente tous les devoirs comme des ordres divins. Mais nos devoirsne sont précisément pas des ordres divins. La religion relève de l'ordre régulateur du « Comme si ». Ce texte vient contredire ou réduire la portée des cinq caractéristiques du « Dieu chrétien ». »

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