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Une société juste peut-elle s'accommoder d'inégalités ?

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La question du juste et de l'injuste est de celles qui provoquent de vives réactions. Chacun se sent agressé lorsqu'il a le sentiment de n'avoir pas été traité d'une façon comparable aux autres. Dès lors, il peut sembler qu'un accord unanime peut être aisément obtenu entre les individus qui composent une communauté: les personnes doivent être traitées d'une façon égale. Mais ce qui constitue une revendication personnelle ne suffit pas pour autant à définir un principe d'organisation des sociétés complexes. Il n'y, a rien sans doute de plus injuste qu'une société égalitariste: donnera-t-on à chacun exactement la même chose sans tenir compte des différences individuelles? Faut-il traiter d'une façon identique tous les individus? Mais l'égalité n'est pas l'identité. Comment alors penser en même temps l'égalité et la différence? Ce qui revient à se demander s'il est possible d'organiser une société autour de ces deux valeurs que sont la liberté et l'égalité. Dès lors, une société juste ne sera-t-elle pas condamnée à s'accommoder de certaines formes d'inégalité?

Toute inégalité semble être injuste. Comment, dans ces conditions pourrait-il y avoir de justes inégalités car une société soucieuse de réduire l'écart dans les droits et les positions se doit de lutter contre toute injustice ? Mais, une stricte égalité ne serait-elle pas une autre forme d'injustice ? N'est-il pas juste que les plus doués d'entre nous réussissent davantage que les autres ? La notion d'équité, qui transcende la simple égalité, peut ici vous aider. L'équité est cette recherche de l'équilibre qui consiste à partager équitablement. C'est cette idée que reprend John Rawls dans sa " Théorie de la justice "e en remarquant que seules les inégalités qui ne profitent pas à tous doivent être tenues pour injustes.


Légalité et égalité
Justice commutative et justice distributive


Bien-être individuel et collectif
Le sacrifice d'une minorité.


Neutralité des principes de justice.
« La position originelle «
La stratégie du «maximin «
Les deux principes de justice


Les sphères de justice.
« Égalité complexe «
L'interprétation du bien
L'application des deux principes

« Or, dans les sociétés démocratiques, le sujet libre fixe ses propres objectifs et développe une conceptionpersonnelle de son bien privé et du bien commun. Comment dans ce cadre s'accorder sur une définition de la justicedistributive, c'est-à-dire sur une conception commune d'une échelle de valeurs ? La justice selon Aristote. S'il y a lieu de distinguer les vertusmorales et les vertus intellectuelles (oudianoétiques, de discernement), la justices'apparente aux premières (la vertuéthique et la justice supposent mêmedisposition) et aux secondes (un acte del'intelligence intervient, qui évalue,rectifie, met en relation). Elle a trait ànotre conduite envers les autres hommes.On ne saurait être « juste » ou « injuste »envers soi-même (Éthique à Nicomaque,V, 15, 1138 a 26). Comme l'a vu Platon,c'est la vertu toute entière. Mais en unsens plus spécial, c'est elle qui présideaux partages (justice « distributive ») ;c'est elle aussi qui redresse (justice «réparatrice ») ce qui a été faussélorsqu'un tort a été causé ; enfin elleintervient pour régler les échanges et les transactions commerciales.La justice distributive préside à la répartition des charges, des biens et deshonneurs dans la cité. Elle ne procède pas selon l'égalité arithmétique, car elletient compte des inégalités effectives de mérite. Le juste, alors, estproportionnel aux services rendus et aux qualités manifestées par les membresde la communauté politique, à leur degré de participation à la réalisation du biencommun (Éthique à Nicomaque, V, 5, 1130 b 30).En revanche la justice réparatrice ou corrective repose sur la stricte égalité. Onne demandera pas si l'homme qui a subi un préjudice est un misérable et s'il aété lésé par un homme de bien. Ici, la justice doit procéder au rétablissementd'une égalité que le délit (vol, coup, meurtre) a rompue ; le jugement ne fait pasacception des personnes. Il ne s'agit pas de considérer la qualité des parties,mais le délit. Or le code ne s'applique pas tout seul ; il faut, pour appliquerl'universalité de la loi à la singularité du cas, l'acte de juger, de rectifier (selonl'image implicite du droit) en tenant compte des circonstances, en appréciant.Aussi, venir devant le juge, est-ce venir devant la justice vivante. La peineprononcée a quelque chose d'une indemnité réparant autant que faire se peutl'échange injuste imposé à la victime.La justice dans les échanges économiques a quelque chose de la justesse. Onéchange des choses utiles, des services. L'échange peut-il tendre à la justice,quand les circonstances sont hétérogènes ? Comment rendre égaux des bienséchangés qui diffèrent qualitativement ? Le cordonnier devra-t-il fournir aumaçon une quantité de chaussures dont celui-ci n'aura pas l'usage en toute unevie ? La monnaie est instituée ; son nom le dit bien, nomisma signifie la « choselégale », mais aussi « ce qui assure le partage » (de némô, partager). Elle a pourfonction d'assurer l'échange économique ; unité de mesure conventionnelle, ellen'est pas arbitraire : il faut que toutes choses soient évaluées pour que chacun,alors qu'il est encore en possession de ses produits, puisse échanger. Lamonnaie permet de passer du troc (échange d'une marchandise contre uneautre) à l'échange proprement économique. Cette région ne constitue pas leplus haut de la vie humaine, mais sans échanges, il n'y a pas de vie sociale(ibid., V, 8). 2. L'utilitarisme et ses limites Bien-être individuel et collectif La théorie utilitariste, initiée notamment par David Hume, constitue une tentative pour donner un contenu auconcept de bien commun en partant de l'individu concret et de sa recherche individuelle du bien-être. Cettedoctrine subordonne le juste au bien : le bien étant préalablement et indépendamment défini, le juste est alors cequi contribue à la maximisation de ce bien. John Rawls résume cette conception »

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