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Vérité et utilité ?

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A l'époque de Popper, on affirmait généralement que ce qui distinguait la science des autres disciplines, c'était le caractère empirique de sa méthode. Autrement dit, en multipliant les observations et les expériences, le savant en tirait, en vertu du fameux principe INDUCTION : Raisonnement qui consiste à passer d'un fait particulier à un énoncé général, d'une conséquence à un principe, ou encore de l'effet à la cause. S'oppose à déduction. d'induction, des lois qu'il considérait comme nécessaires et universellement valides. Partant de là, les néopositivistes soutenaient que tout ce qui n'est pas vérifiable est « métaphysique » et doit être éliminé de la science. Or, comme le souligne Popper, l'induction, qui consiste à inférer une règle universelle à partir d'une multitude de cas particuliers et donc des théories à partir d'énoncés singuliers vérifiés par l'expérience, est une démarche logiquement inadmissible : « Peu importe le grand nombre de cygnes blancs que nous puissions avoir observé, il ne justifie pas la conclusion que tous les cygnes sont blancs. »Aussi Popper affirme-t-il qu'aucune théorie n'est jamais vérifiable empiriquement et il distingue trois exigences auxquelles devra satisfaire ce qu'il appelle un « système empirique » ou scientifique : « Il devra, tout d'abord, être synthétique, de manière à pouvoir représenter un monde possible, non contradictoire. En deuxième lieu, il devra satisfaire au critère de démarcation, c'est-à-dire qu'il ne devra pas être métaphysique mais devra représenter un monde de l'expérience possible. En troisième lieu, il devra constituer un système qui se distingue de quelque autre manière des autres systèmes du même type dans la mesure où il est le seul à représenter notre monde de l'expérience. »La troisième exigence est la plus décisive.

« nouvelles découvertes aux anciennes et n'auraient jamais à remanier leurs principes, leurs concepts et leursméthodes. Or, elles ne progressent au contraire qu'en réfutant ou en rectifiant sans cesse leurs acquis antérieurs.Ainsi, les vérité: scientifiques d'aujourd'hui déclassent ou refondent celles d'hier et seront les «erreurs» de demain :on sait que les théories d'Einstein n'ont pas réfuté la physique de Newton, mais, pour une part l'ont complétée, pourune autre, l'ont rectifiée et relativisée (les lois de Newton, sont toujours vraies pour les corps et les phénomènesmacrophysiques : révolutions planétaires, comètes, marées, arcs-en-ciel etc), mais elles ne «marchent» plus pourles atomes et les particules, c'est à dire pour les phénomènes microphysiques, qui ne sont régis que par des loisprobabilitaires.Toutefois, on peut se demander si le problème du critère de la vérité concerne de la même façon la connaissancehumaine commune et les sciences. De ce point de vue, il semblerait que la science, si elle n'est pas vraie de façonabsolue, nous permette en tout cas de nous délivrer de l'erreur et de l'illusion, c'est à dire, en somme, de ce quitrompe et abuse ordinairement les hommes. 2. Erreur et illusion : Il faut d'abord distinguer l'erreur de l'illusion. L'erreur est le plus souvent due à un jugement hâtif ou précipité. Ce quirevient à dire qu'il y a erreur dès que nous affirmons plus que ce que nous savons en réalité. Nous jugeons alors parprévention, c'est à dire sans savoir, avant de s'être instruit. Toute erreur serait alors de l'ordre du préjugé (= d'uneidée préconçue). Celui qui, comme Socrate, sait qu'il ne sait rien, s'abstient de juger et par conséquent ne setrompe jamais. Je ne me trompe donc pas tant parce que j'ignore, que parce que je crois savoir.De ce point de vue, il est juste de dire que toutes nos erreurs nous sont imputables. C'est toujours moi qui nietrompe. C'est moi qui fais l'erreur, alors que ce n'est pas moi qui fais la vérité. Par exemple, ce n'est pas moi qui faisque 8+8 =16, mais c'est moi, si je me trompe, qui fais que 8+8 =15. Rien n'est plus subjectif que l'erreur alors que lavérité ne dépend pas de moi, de la connaissance que j'en ai. Ce qui est vrai est vrai avant même que je ne le sacheet c'est justement pourquoi la vérité est l'objet d'une recherche et d'une découverte. La connaissance est toujoursprogressive ou historique puisque, de toute évidence, nous ne connaissons pas depuis toujours la vérité et que nouscommençons toujours par nous tromper. Mais alors, à nouveau, comment pouvons-nous croire que nous savonsalors que nous ignorons ? Est-ce par vanité, mensonge, mauvaise foi ? Si c'était le cas, nous ne serions plus dansl'erreur mais dans le calcul, la tromperie, la manoeuvre intéressée, tous cas qui supposent la conscience de ce qu'onne sait pas ou de ce qu'on dissimule. Or, l'erreur est en règle générale involontaire. Pour nous tromper, il faut doncque nous soyons abusés par le réel ou par des aspects du réel qui nous font prendre le faux pour le vrai.Quel est donc le critère du vrai ? Si l'on soutient qu'il réside dans ce qui s'impose à nous avec le caractère del'évidence, il faut alors admettre qu'il y a des évidences trompeuses, des évidences qui usurpent les caractères dela vérité, sinon elles ne nous abuseraient jamais. Si nous sommes induits en erreur c'est parce que nous confondonsle vrai avec le vraisemblable. Seul ce qui a l'apparence du vrai peut nous abuser et tout menteur le sait bien, qui netente jamais de nous faire croire à l'invraisemblable, mais seulement à ce qui pourrait être vrai. Nous ne noustrompons donc pas simplement parce ce que nous jugeons trop vite ou trop tôt. L'erreur n'est pas qu'étourderie ouinattention : elle est aussi liée à une illusion (de illudere : se «jouer» de, tromper, abuser). C'est parce qu'ons'illusionne sur sa connaissance qu'on se fourvoie dans son jugement.Or, le propre de l'illusion, à la différence de l'erreur, c'est de pouvoir être &celée mais non pas déracinée par lesavoir. Les illusions des sens en témoignent déjà. le bâton plongé dans l'eau, par exemple, ne cessera jamais dem'apparaître brisé. Je ne peux le voir autrement et cela est parfaitement conforme aux lois de l'optique qui font que,la lumière ne se propageant pas identiquement dans l'air et dans l'eau, l'angle de réfraction qu'elle produit entraînenécessairement l'impression d'une brisure. À rigoureusement parler, une illusion est donc un phénomène objectif etbien fondé — sinon elle ne persisterait pas. On peut l'expliquer, mais pas la dissiper. C'est pourquoi il y a quelquechose d'inévitable dans l'illusion : contrairement à l'erreur, elle a une nécessité dont nous sommes davantagevictimes que responsables. Les conséquences le confirment : une fois rectifiée l'erreur disparaît, alors qu'une illusionse maintient, même si la mise à jour de ses causes peut faire qu'elle ne trompe plus. 3. Vérité et certitude : Toute erreur qui n'est donc pas simple étourderie a une nécessité, qui explique justement pourquoi nous nepossédons pas immédiatement la vérité et que nous devons apprendre et chercher. Mais, plus profondément, onpeut encore se demander si nos illusions ne sont pas en réalité la contrepartie de notre désir de la vérité. Car est-ce bien la vérité elle-même que nous aimons ou simplement la certitude qu'elle nous procure ? Tout ce qui est vraiest certain mais à l'inverse tout ce qui nous donne une certitude n'est pas vrai. La certitude n'est que le critèresubjectif de la vérité. Elle se confond le plus souvent avec le sentiment intime d'être «dans» le vrai. Mais est-ce unepreuve suffisante ? On peut en douter. Si être certain consiste simplement à tenir fermement quelque chose pourvrai, alors une simple opinion, croyance ou conviction, pourvu qu'elle soit bien ancrée, pourvu que j'y crois «durcomme fer», serait immédiatement une vérité. Que Dieu existe, je peux le croire et en être certain, autrement ditc'est une affirmation que je tiens pour vraie. Mais en fait, cette affirmation, quelles que soient les raisons quej'invoque, est moins vraie ou fausse qu'indécidable : ce n'est qu'une simple certitude subjective. Le croyant n'estcertes pas un menteur : il croit sincèrement et «de toute son âme» à la vérité de sa croyance. ôtez lui cettecertitude et il cessera de croire ou tombera dans le doute.Il y a donc en vérité moins de certitude dans le savoir que dans la foi, puisque que tout savoir est par définitionrectifiable et discutable, c'est à dire susceptible d'être réfuté ou mis en doute. II faudrait dire alors que n'aime«vraiment» la vérité que celui qui commence par se défaire de toute certitude en sachant reconnaître le désir ou lesintérêts qui se cachent derrière son besoin de certitude. Mais cela est-il en notre pouvoir ? Jugeons-nous commenous le voulons ? Nous savons d'expérience que nous ne sommes pas libres devant la vérité. Ce que je conçois »

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