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Vivons-nous vraiment dans le meilleur des mondes possibles ?

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Qu'est-ce à dire, sinon que le plaisir ne se ressent pas, qu'il n'est, à la limite, que vacuité ? Car si le manque et la privation sont ressentis comme douleur, le comblement du manque, la satisfaction ne font que ramener à l'état qui a précédé l'apparition du besoin. Autrement dit :« Nous sentons la douleur, mais non l'absence de douleur; le souci mais non l'absence de souci; la crainte mais non la sécurité [...] Seules, en effet, la douleur et la privation peuvent produire une impression positive et par là se dénoncer d'elles-mêmes : le bien-être, au contraire, n'est que pure négation. «Si le plaisir apparaît lui-même comme négatif, alors il est vain de considérer le bonheur comme une fin que l'homme pourrait se donner. Répétons-le : « La vie n'admet point de félicité vraie, elle est foncièrement une souffrance aux aspects divers, un état de malheur radical. « Ét l'optimisme, pire qu'un « verbiage dénué de sens, comme il arrive chez ces têtes plates, où pour tous hôtes logent des mots «, est « une façon de penser absurde «, « une opinion réellement impie, une odieuse moquerie «. Il suffirait, pour s'en convaincre, « pour nous mettre sous les yeux des images «, « pour nous peindre en des exemples notre misère sans nom «, d'invoquer les faits et l'histoire. Mais ce serait un « chapitre sans fin «. Contentons-nous, une fois sortis des rêves de la jeunesse, de tenir compte de notre propre expérience et de celle des autres.

Si Dieu existe, il est bon. Aussi notre monde est le mieux des mondes possibles. Mais, pas de Providence ou d'harmonie. Le monde est plutôt un cauchemar qu'un paradis. La mort d'un enfant ruine définitivement l'idée d'un monde parfait.

a) On peut prouver l'existence de Dieu.
b) L'optimisme de Leibniz repose sur la sagesse divine.
c) Il existe une harmonie préétablie.

a) L'optimisme est désavoué par la méchanceté des hommes.
b) Le Dieu créateur ne se préoccupe pas des hommes.
c) Le mal est inhérent au monde.

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« que pour Leibniz la volonté de Dieu n'intervient que pour faire coexister les possibles, non pour les créeren tant que tels.Car tous les possibles prétendant à l'existence dans l'entendement de Dieu, à proportion de leursperfections, le résultat de toutes ces prétentions doit être le monde actuel le plus parfait qu'il soitpossible. Et sans cela il ne serait point possible de rendre raison pourquoi les choses sont allées ainsiplutôt qu'autrement.Autrement dit, compte tenu de la compatibilité entre les possibles (c'est-à-dire entre les compossibles :tout possible compatible avec tous les autres possibles), tout est pour le mieux dans le meilleur desmondes possibles. Dans ces conditions, il s'ensuit que non seulement le mal est possible (comme possiblecompatible avec tous les autres possibles) mais encore nécessaire puisque sans lui le monde ne seraitpas le meilleur des mondes possibles ! Donc, puisque tout arrive de par la volonté de Dieu, — c'est lepoint de vue de Leibniz théologien —, la raison — c'est le point de vue de Leibniz philosophe —, ne peutqu'intégrer le mal comme possible nécessaire pour le meilleur des mondes possibles ! Il va sans dire que nous laissons à Leibniz la responsabilité de sa thèse. Remarquons cependant qu'aufond pour lui, le mal est dans les détails, car l'ensemble reste fécond.Qui dit «meilleur» ne dit d'ailleurs pas «parfait» mais tout simplement que le «bien» l'emporte sur le «mal», l'ensemble sur le détail.Qu'on ait donc appelé le système leibnizien optimiste n'est pas aussi paradoxal qu'il pouvait sembler àpremière vue.Pour Leibniz, Dieu «sait» l'avenir, mais ne le fait pas. Dieu «permet» le mal, mais ne le fait pas.La fin de la Théodicée comporte un apologue qui résume le point de vue de Leibniz : Sextus, méchant detoute éternité, est compris dans le meilleur des mondes possibles où son crime est nécessaire pour quece monde soit le meilleur. Tout se passe comme si la monade Sextus, possible librement méchant, estnécessaire à ce monde le meilleur possible qui, sans lui, eût été moins meilleur!C'est ici que le point de vue, le commentaire de chacun importe, car après tout, Sextus c'est aussitoutes les autres monades ! "Vous voyez que mon Père (Jupiter, ici métaphore pour Dieu) n'a point fait Sextus méchant, il l'étaitde toute éternité, il l'était toujours librement, il n'a fait que lui accorder l'existence, que sa sagessene pouvait refuser au monde, où il est compris; il l'a fait passer de la région des possibles à celledes êtres actuels. Le crime de Sextus sert à de grandes choses, il rend Rome libre, il en naîtra ungrand empire, qui donnera de grands exemples. Mais cela n'est rien au prix du total de ce mondedont vous admirerez la beauté, lorsqu'après un heureux passage de cet état mortel à un autremeilleur, les Dieux vous auront rendu capable de la connaître." Notre esprit est trop borné pour porter un jugement sur le mondePour Leibniz, notre point de vue est limité. Nous ne percevons qu'une toute petite portion du monde, etpendant une durée limitée. Dieu, quant à lui, connaît le monde dans sa totalité et dans ses moindres détails. Ilsait donc que, l'un dans l'autre, tout concourt à la félicité des hommes.Ce qui apparaît cornme un mal aux yeux d'un individu particulier (une injustice, une souffrance) peut n'êtrequ'un moyen pour atteindre un bien. Une souffrance peut avoir pour but de rapprocher un homme de Dieu - cequi est un bien. Il faut donc relativiser les notions de bien et de mal en fonction des fins auxquelles ilsconduisent. Les stoïciens allaient même encore plus loin dans cette réflexion sur l'ordre des choses. Ils ne s'en tinrent pasà cette simple conception de la nécessité absolue du rapport de cause à effet, idée qu'ont partagée tous lessavants qui ont fondé la science moderne. Cela ne serait qu'une nécessité aveugle. Mais les stoïcienspensaient que la Nature est un être divin et intelligent, qui ne fait rien en vain. Tout est fait pour quelquechose, tout a un but, tout est finalisé. Le but ultime que poursuit la nature, c'est évidemment le Bien. Ledestin qui règne dans le monde est donc bon, il est une Providence. Mais ce Bien, c'est la vie et le Bien duTout, de la nature elle-même, non de chaque créature qui la compose. Chaque homme n'est qu'un rouage dugrand mécanisme universel, et c'est par une folle présomption que chacun s'imagine être le centre du mondeet voudrait que tout conspire à son bonheur. En revanche, cette idée que le monde est dirigé par laProvidence, que chaque événement concourt à un Bien pour le Tout, même si la petite partie que noussommes ne l'aperçoit pas, cette idée est beaucoup plus puissante que celle de la simple nécessité pourincliner notre volonté à vouloir ce qui advient. Telle est précisément l'attitude du sage qui peut ainsi goûter lebonheur. Dès lors , chaque homme doit se persuader que la Providence lui a assigné un rôle à jouer sur laterre. Il ne doit pas désirer changer de rôle ou de condition, mais il doit s'efforcer de jouer correctement sonrôle ; « Souviens-toi que tu joues dans une pièce qu'a choisie le metteur en scène: courte, s'il l'a vouluecourte, longue, s'il l'a voulue longue. S'il te fait jouer le rôle d'un mendiant, joue-le de ton mieux; et fais demême, que tu joues un boiteux, un homme d'Etat ou un simple particulier. Le choix du rôle est l'affaire d'unautre. » (Pensée 17). »

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