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VOLTAIRE : TRAITE SUR LA TOLERANCE (Résumé & Analyse)

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VOLTAIRE : TRAITE SUR LA TOLERANCE Voltaire a rédigé ce traité à la suite de l'affaire Calas. Ce dernier a été exécuté parce qu'il était protestant et non parce qu'il était coupable du meurtre de son fils, qui s'est suicidé. Voltaire plaide en faveur de la tolérance religieuse et pour la réforme de la justice pénale.

« avec l'orgueil de leur ethnocentrisme. Il présente, à l'aide d'hyperboles (1. 10-11), une image (pascalienne) del'homme perd u dans l'univers, immensément petit et disproportionné, comme une fourmi, mais cependant persuadéque le groupe (la religion, l'ethnie ... ) auquel il appartient est le seul qui soit élu par dieu sur un ensemble énormede neuf cents millions Cette ridicule prétention, soulignée par tout un jet d'hyperboles, en horreur, de toute éternité, seul, heureuse, éternellement infortunées (1. 16-18) devrait provoquer une réaction et faire réfléchi sur l'intolérance de ceux qui se croient les seuls élus. Voltaire tend à ses interlocuteurs une sorte de miroir.Second argument / exemple (1. 22-43): la seconde démarche de Voltaire consiste, à destination d'un inquisiteur (le choix souligne qu'il s'agit d'une critique du sectarisme et de l'intransigeance intolérante), à construire unraisonnement analogique entre l'inquisition face aux différentes croyances et un référent qui est l'Académie degrammaire italienne face à la diversité des patois, malgré une loi d'uniformisation de la langue. De même que lesautorités littéraires ne châtieraient pas - par un châtiment particulièrement cruel - ceux qui continuent à parler leurpatois (malgré la loi qui impose une langue unique), de même l'inquisition ne devrait pas châtier ceux qui ont descroyances non catholiques. L'argument, historique et généreux s'accompagne d'une réponse (imaginée par Voltaireet présentée à l'indicatif et non au conditionnel) de l'inquisiteur qui n'est en aucun cas acceptable et qui se détruitd'elle même. La stratégie de Voltaire consiste à présenter le discours qu'il tiendrait à des interlocuteurs faisant preuved'intolérance: cette mise à distance par le jeu de l'éventualité permet certains propos sévères, ironiques et d'autresd'un ridicule qui décrédibilise ceux qui les prononcent. Les raisons de ceux qui se comportent de manière intolérante On observe tout au long du texte des référence, à ce qui rend les hommes intolérants et sert ainsi à justifier leurscomportements de rejet et d'exclusion.Les différences: le refus de considérer le, autres êtres comme des frères s'exprime par les exclamations et interrogations indignées, scandalisées, des lignes 3 et 4. Ces réactions soulignent le caractère supposé incompatibledu mot frère et des mots Turc, Chinois, Juif, Siamois, qui indiquent l'appartenance à un autre groupe religieux ou ethnique, ce qui implique des différences sur le plan des croyances, de la couleur de la peau, des manières de vivre,des langues ... L'expression d'un rejet scandalisé s'accompagne d'accusations de mépris et d'idolâtrie. Cesdifférentes réactions sont exprimées de manière spontanée par Voltaire se mettant à la place d'interlocuteursintolérants qu'il fait parler.Le sentiment d'une supériorité non partagée: la seconde raison donnée pour expliquer l'intolérance est l'affirmation d'appartenir à un groupe seul élu parmi la multitude des groupes et la foule des êtres humains. Cetteidée est exprimée à travers les paroles d'un être imperceptible (1. 13), homme perdu dans l'immensité, et persuadé que son ethnie ou que ceux de sa croyance ont seuls été choisis de toute éternité par Dieu. Ce propos estconsidéré par Voltaire comme une folie.• L'importance du salut de l'âme: il s'agit ici des raisons données par l'inquisiteur en réponse au raisonnement de Voltaire sur la diversité des patois en Italie. Comme on peut le voir, les propos de l'inquisiteur sont une justificationdes pratiques intolérantes du tribunal religieux, au nom d'une raison unique, le salut de l'âme. À travers les proposqu'il prête à l'inquisiteur, Voltaire met donc en relief l'incohérence qu'il y a à vouloir prouver que la succession decruautés, d'injustices et de dysfonctionnements juridiques est ce qui peut conduire les âmes au Paradis.L'accumulation des éléments arbitraires dénoncés (1. 32-37), témoignage unique, absence d'avocat, ignorance del'accusateur, absurdité des jugements, torture systématique et condamnation, discrédite tout le raisonnement,comme le fait d'affirmer que tous ces traitements sont pour le bien du condamné. La réplique de Voltaire, pleine de logique et d'ironie résume, par la formule ne pourrais-je être sauvé sans tout cela ?, le caractère absurde des procédés de l'inquisition. L'efficacité des modalités de parole choisies Le texte n'est pas un vrai dialogue, mais une alternance de paroles prêtées à différents interlocuteurs. En faisant cechoix, Voltaire ne s'attaque pas directement aux intolérants, ne les nomme pas, et ne semble pas viser quelqu'un enparticulier .... Même si les paroles peuvent être identifiées, et si certains lecteurs peuvent y retrouver leursréactions et leurs exclamations, exprimées ici sur le vif. On peut ajouter le fait que Voltaire se situe souvent dans lecadre de l'éventualité, par l'utilisation du conditionnel: chacun peut y voir un irréel du présent ou un potentiel etconsidérer que se qui est dit est possible, et non réalisé. Cette manière de procéder constitue une modalisation quisemble atténuer les propos, mais qui en réalité les met en relief et permet une expression plus sévère, plus dénon-ciatrice. Les arguments de Voltaire, dénonçant la folie orgueilleuse qui conduit à l'ethnocentrisme, et l'aveuglementsadique des inquisiteurs qui condamnent les supposés hérétiques pour le salut de leur âme et pour leur bien (1. 31- 32) ont ici une grande force, parce qu'ils sont analysés, «décryptés» et ridiculisés. La grande leçon du texte deVoltaire, grâce au faux dialogue et aux échanges de points de vue, est que chacun ferait mieux de regarder d'abordcomment il agit lui-même à l'égard des autres avant de les critiquer et de les rejeter sous prétexte qu'ils sontdifférents. Quant à l'inquisition elle ne peut parler de salut des âmes en donnant un tel exemple d'incohérence et decruauté. »

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