Devoir de Philosophie

Article de presse: La CGT et le PCF : pour un gouvernement populaire

Publié le 17/01/2022

Extrait du document

29 mai 1968 - Durant cinq heures, de 15 heures à 20 heures, mercredi, la manifestation organisée à Paris par la CGT, et appuyée par le Parti communiste français, a rassemblé, de la place de la Bastille à la gare Saint-Lazare, plusieurs centaines de milliers de personnes. Ce défilé, pour être beaucoup plus imposant que celui de vendredi dernier, s'est déroulé, lui aussi, sans incident. Mais, si vendredi dernier le répertoire des slogans oraux mêlait encore la revendication matérielle ( " Abrogez les ordonnances ! ", " Augmentez les salaires ! ", " Nos quarante heures ! " ) à l'exigence politique ( " de Gaulle démission ! ", " Gouvernement populaire ! " ), c'est cette dernière qui, mercredi, fut pratiquement la seule à l'ordre du jour, en cet après-midi où Paris savait que le président de la République avait quitté la capitale pour Colombey-les-deux-Eglises. Ce que pouvait alors impliquer cette nouvelle devait servir de stimulant à la foule rassemblée, qui, durant tout son cortège, y trouva, en crescendo, ses plus forts accents. Elle devait d'ailleurs exprimer ceux-ci sur un ton bon enfant ( " Adieux de Gaulle ! " sur le rythme des anciens " Formez le monôme ! " ), mais qui n'excluait pas l'affirmation d'une volonté certaine ( " A Colombey, qu'il y reste ! " ). Tout cela paraissait demeurer sans haine, sinon sans hargne, pour la grande majorité de ces manifestants, pour qui cette journée avait des allures de baroud d'honneur. Mais il fallait bien noter parmi eux la présence d'éléments étudiants, qui, pour leur part, adoptaient un autre style. Avec eux, on devait entendre de plus rudes clameurs. C'est de leurs rangs que devaient fuser les seuls mais vigoureux : " A bas de Gaulle ! " ou " de Gaulle au poteau ! ". Tout au moins dans l'ultime phase de la manifestation, lorsque parurent, rue du Havre, les banderoles à l'estampille de l'UNEF. Manifestation d'unité ? Sans doute de nombreuses banderoles proclamaient-elles ou souhaitaient-elles une solidarité entre les ouvriers, les étudiants et même-à la façade de l'immeuble de l'Humanité-les paysans " en lutte pour leurs revendications ". Mais il faut bien constater que la participation de l'UNEF, pour être effective dans ce rassemblement cégétiste, était loin d'être massive. Le Monde du 31 mai 1968

Liens utiles