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La fin de Satan « Te voilà donc si bas que Dieu ne te voit plus!

Publié le 12/04/2014

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dieu
La fin de Satan « Te voilà donc si bas que Dieu ne te voit plus!, « L'enfer! l'océan Nuit! Pas de flot, pas d'écume, « Pas de souffle. Partout le Noir. C'est, dans la brume, « Ta respiration lugubre que j'entends. « La longueur de ton deuil dépassera le temps; « Le chiffre de tes maux dépassera le nombre. « Les soleils me disaient: prends garde, il est dans l'ombre! « Et moi j'ai dit: je veux voir le désespéré. « Hélas, l'astre du ciel te hait, la fleur du pré « Te craint, autour de toi tous les êtres ensemble « Frémissent, les clartés frissonnent, l'azur tremble, « L'infini te redoute et t'abhorre: Eh bien, moi, « Je t'apporte en amour tout cet immense effroi! « Je viens te prier, toi qu'on proscrit. Toi qu'on souille, « Je viens avec des pleurs te laver. J'agenouille « La lumière devant ton horreur, et l'espoir « Devant les coups de foudre empreints sur ton front noir; « Entends-moi dans ton rêve à travers l'anathème. « Ne te courrouce point, père, puisque je t'aime! « Le blessé ne hait pas la main qui le soutient; « L'affamé n'a jamais maudit celui qui vient « Disant: Voici du pain et de l'eau. Bois et mange. « Oh! quand j'étais mêlée à tes ailes, quel ange « Que Satan, dans l'aurore et dans l'immensité! « Dieu se nommant Bonté, tu t'appelais Beauté. « Ta chevelure était blonde et surnaturelle, « Et frissonnait splendide, et laissait derrière elle « Une inondation de rayons dans la nuit! « L'abîme était par toi comme par Dieu conduit. « Un jour les éléments te prirent pour Lui-même; « Comme tu te dressais avec ton diadème « Sur le ciel, de ton lustre effrayant envahi, « L'air dit: Emmanuel; et l'onde: Adonaï; « Ton char faisait jaillir des mondes sous sa roue. « Près de toi, Raphaël, Gabriel, qui secoue « Un météore épars en flammes sur son front, « Michel, dont la clarté jamais ne s'interrompt, « Ithuriel, qui mêle aux rayons les dictames, « Stellial, Azraël, porte-flambeau des âmes, « N'étaient plus que l'essaim confus de la forêt; « Un resplendissement de blancheur t'entourait; « Et l'aube en te voyant s'écriait: je suis noire; « Tu passais au milieu d'un ouragan de gloire; « Les éthers t'attendaient pour devenir azurs; « Les univers naissaient, prodigieux et purs, « Avec des millions de fleurs et d'étincelles, « Dans un rythme marqué par tes battements d'ailes; « Tu faisais, en fixant sur eux ton oeil charmant, « Reculer les soleils dans l'éblouissement; L'ANGE LIBERTÉ 131 La fin de Satan « Tu flamboyais, candeur et force; un lys archange! « Comme après le héros s'avance la phalange, « A ta suite marchaient les constellations; « L'ombre pleurait d'amour quand nous la traversions; « La nuit, tu te levais dans un triomphe d'astres; « Et les dômes divins et les sacrés pilastres, « Et les éternels cieux et l'éden nouveau-né, « T'adoraient dans ta joie immense, infortuné! « Hélas, dès qu'en ce bagne, où nul regard ne plonge, « Tu fus précipité, Satan, tu fis ce songe « De te venger, démon géant, sur l'infini! « Prés de l'ange proscrit tu mis l'homme banni; « Tu fis tomber Adam et tu fis déchoir Eve; « Tu voulus frapper Dieu dans le germe et la sève, « Dans l'enfant, dans le nid des bois, dans l'alcyon; « Seul, à jamais muré sous la création, « Tu devins, dans l'horreur, le grand rêveur funeste; « Dans les vierges forêts tu fis sortir la peste « De l'épaisseur charmante et terrible des fleurs; « Avec les voluptés tu forgeas les douleurs; « Tu te mêlas à l'être auguste qui gouverne; « L'espace se remplit d'un esprit de caverne; « Tu dis à l'Eternel: à nous deux maintenant! « Tu souillas l'infini rien qu'en l'espionnant. « A travers l'océan tu soufflas le naufrage; « Captif, tu pénétras la terre de ta rage; « Le dessous ténébreux de la vie appartint « A ta vengeance, et fut par ton haleine atteint; « Tu mordis les tombeaux; tu mordis les racines; « Tu mêlas aux parfums les herbes assassines; « Tu mis partout le monstre à côté de la loi; « Une émanation de nuit sortit de toi, « Et tu déshonoras l'univers magnanime. « Dieu rayonnait le bien, tu rayonnas le crime. « Tu fis d'en bas, avec tes miasmes, des démons; « Tu pris les instincts vils et les impurs limons « Et tu créas avec cette fange les traîtres, « Les lâches, les cruels; et tu fis dieux et maîtres « Des êtres de l'abîme et des esprits forçats; « Tu poussas les Nemrods aux guerres, tu dressas « Les Caïphes sanglants contre les Christs sublimes; « Et souvent là-haut, nous, les anges, nous pâlîmes « D'entendre dans le deuil les prêtres et les rois « Rire, et de voir grandir le glaive énorme en croix. « A quoi cela t'a-t-il servi? plus de misère; « Voilà tout. Ton éclair ronge et brûle ta serre; « Ton empoisonnement du monde a commencé « Par toi-même, ô géant d'un combat insensé. « Le mal ne fait pas peur à Dieu; Dieu se courrouce, L'ANGE LIBERTÉ 132
dieu

« « Tu flamboyais, candeur et force; un lys archange! « Comme après le héros s'avance la phalange, « A ta suite marchaient les constellations; « L'ombre pleurait d'amour quand nous la traversions; « La nuit, tu te levais dans un triomphe d'astres; « Et les dômes divins et les sacrés pilastres, « Et les éternels cieux et l'éden nouveau-né, « T'adoraient dans ta joie immense, infortuné! « Hélas, dès qu'en ce bagne, où nul regard ne plonge, « Tu fus précipité, Satan, tu fis ce songe « De te venger, démon géant, sur l'infini! « Prés de l'ange proscrit tu mis l'homme banni; « Tu fis tomber Adam et tu fis déchoir Eve; « Tu voulus frapper Dieu dans le germe et la sève, « Dans l'enfant, dans le nid des bois, dans l'alcyon; « Seul, à jamais muré sous la création, « Tu devins, dans l'horreur, le grand rêveur funeste; « Dans les vierges forêts tu fis sortir la peste « De l'épaisseur charmante et terrible des fleurs; « Avec les voluptés tu forgeas les douleurs; « Tu te mêlas à l'être auguste qui gouverne; « L'espace se remplit d'un esprit de caverne; « Tu dis à l'Eternel: à nous deux maintenant! « Tu souillas l'infini rien qu'en l'espionnant.

« A travers l'océan tu soufflas le naufrage; « Captif, tu pénétras la terre de ta rage; « Le dessous ténébreux de la vie appartint « A ta vengeance, et fut par ton haleine atteint; « Tu mordis les tombeaux; tu mordis les racines; « Tu mêlas aux parfums les herbes assassines; « Tu mis partout le monstre à côté de la loi; « Une émanation de nuit sortit de toi, « Et tu déshonoras l'univers magnanime.

« Dieu rayonnait le bien, tu rayonnas le crime.

« Tu fis d'en bas, avec tes miasmes, des démons; « Tu pris les instincts vils et les impurs limons « Et tu créas avec cette fange les traîtres, « Les lâches, les cruels; et tu fis dieux et maîtres « Des êtres de l'abîme et des esprits forçats; « Tu poussas les Nemrods aux guerres, tu dressas « Les Caïphes sanglants contre les Christs sublimes; « Et souvent là-haut, nous, les anges, nous pâlîmes « D'entendre dans le deuil les prêtres et les rois « Rire, et de voir grandir le glaive énorme en croix.

« A quoi cela t'a-t-il servi? plus de misère; « Voilà tout.

Ton éclair ronge et brûle ta serre; « Ton empoisonnement du monde a commencé « Par toi-même, ô géant d'un combat insensé.

« Le mal ne fait pas peur à Dieu; Dieu se courrouce, La fin de Satan L'ANGE LIBERTÉ 132. »

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