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La maternité dans l'histoire de l'art

Publié le 14/12/2025

Extrait du document

« La Maternité La femme a toujours fait partie des sujets centraux dans l’histoire de l’art, que ce soit des personnages bibliques comme la Vierge ou mythologique comme Vénus/ Aphrodite.

Malheureusement les gures féminines dans l'histoire de l’art sont souvent restreintes à très peu de rôles.

L’un d’entre eux est la maternité, quelque chose qui reste propre aux femmes.

L’exemple le plus connu de ces représentations est la Vierge à l’enfant, un sujet repris encore aujourd’hui.

Malgré la domination masculine dans l’histoire de l’art et dans les représentations de femmes, aujourd'hui cette étude nous présente sept oeuvres réalisées par des femmes sur la maternité.

Nous avons tout d’abord cinq huile sur toile : L’Auteur à ses occupations peint en 1793 par Maris-Nicole Vestier, Le Bain de l’enfant de Mary Cassatt en 1893, Maternité de Maria-Mela Muter en 1924, Well Baby Clinic de Alice Neel entre 1928 et 1929, et Mère et son enfant de Tamara Lempicka en 1931.

Puis nous est proposé une sculpture en terre cuite de Chana Orlo intitulé Maternité en 1924, suivie d’une photographie de Dorothea Lange réalisée en 1936 intitulée Mère Migrante.

Ces oeuvres qui ont en commun la maternité sont toutes réalisées par des femmes.

Nous allons donc interroger le rapport à la maternité que véhiculent ces artistes femmes dans leurs œuvres.

A partir de ces documents, nous aborderons dans une première partie le rapport idéalisé à la maternité puis dans une seconde partie nous traiterons de la désillusion de la maternité. ff fi ff ff fi ff fi ff fi ff ff Tout d’abord, dans le sens commun la mère est attentionnée, protectrice, celle qui prend soin de son enfant.

Cette idée est illustrée dans l’oeuvre de Mary Cassatt où nous pouvons observer une mère avec sa petite lle assise sur ses genoux.

Elle lui lave ses pieds dans une petite bassine d’eau.

On observe beaucoup de tendresse dans la façon dont la mère entoure son enfant de tout son corps.

En e et, la mère tient de sa main gauche la hanche de sa petite lle, tout en lavant son pied de la main droite et elles sont tête contre tête.

De plus, elles regardent toutes les deux dans la même direction, vers les pieds de l’enfant.

Cela démontre une certaine complicité entre la mère et l’enfant.

Par ailleurs, la présence du bleu attendri la scène.

On peut quali er ce rapport maternel d’attentionné.

Ce rapport apaisé et serein à la maternité est aussi présent dans l’oeuvre de Chana Orlo .

En e et, cette sculpture semblable à une Vierge à l’enfant, illustre un buste de mère portant son bébé au corps potelé.

L’enfant est blotti contre sa mère.

Cette proximité dégage beaucoup d’a ection et on pourrait même confondre les corps.

On pourrait parler de rapport fusionnel.

Ces oeuvres montrent un rapport doux et tendre à la maternité.

Cependant d’autre oeuvres nuancent ce rapport en montrant une mère exprimant une forme d'inquiétude dans le regard.

L’huile sur toile de Tamara Lempicka, illustre un bébé endormi contre sa mère au regard éveillé.

Le tableau est resserré sur les deux personnages et il évoque aussi une Vierge à l’enfant.

La mère porte un voile bleu (ce qui rappelle la Vierge) et le bébé est dans un accoutrement blanc avec un bonnet blanc qui évoquent la pureté et l’innocence.

Leur proximité rappelle les oeuvres précédentes mais cette fois-ci le regard de la mère est di érent.

En e et, son regard semble grave et sérieux voire déterminé.

Ce qui contre-balance avec le bébé endormi et serein.

Ce regard complexe révèle un côté sérieux et grave chez la mère, comme la nécessité de protéger son enfant des potentiels dangers.

Son regard traduit peut-être aussi une prise de conscience sur les responsabilités et les conséquences qu’implique la maternité.

Par exemple, devoir subvenir aux besoins de l’enfant, en prendre soin, s’inquiéter de sa santé.

Ce qui inspire un rapport préoccupant à la maternité.

L'autoportrait de MarieNicole Vestier nous montre aussi un équilibre entre le rôle de mère et les occupations personnelles.

On observe au centre du tableau Marie-Nicole Vestier, une femme artiste à son chevalet en plein travail, à la vue du portrait inachevé d’un homme au dernier plan et de la palette qu’elle tient dans sa main.

En e et, elle semble avoir été interrompue par son bébé qui lui tend les bras depuis son berceau au deuxième plan.

Elle semble soulever le rideau du berceau du bébé tout en nous regardant.

D’ailleurs, le portrait de l’homme pourrait s’agir du père de l’enfant, qui est absent physiquement comme dans toutes les oeuvres proposées.

Nous pouvons dire qu’il est di cile de maintenir une vie de femme en même temps qu’un rapport tendre à la maternité.

Elle consacre tout de même son temps de travail à s’occuper de l’enfant alors qu’elle semble appartenir à un milieu noble.

Elle aurait put con er la garde de l’enfant à une gouvernante par exemple.

L’Auteur à ses occupations représente en réalité la dualité entre la vie d’artiste et la vie de mère.

Ce qui est le cas de beaucoup de femmes aujourd'hui qui doivent entretenir leur carrières professionnelles et leurs enfants en même temps.

On peut parler d’un rapport ambivalent avec la maternité.

Ce rapport, à partir des oeuvres citées plus haut, semble être un rapport de dévouement où la mère donne son temps, son corps et son regard à l’enfant. Mais ce dévouement peut vite basculer dans un rapport sacri ciel à la maternité où la mère fait un réel don de soi-même. ff fi fi ffi ff ff fi fi fi fi fi ff ffi En e et, dans l’oeuvre de Muter on aperçoit une mère et ses deux enfants, tous les trois semblent épuisés, ils semblent être pauvres au vu de leurs vêtements abîmés et des couleurs ternes utilisées.

La mère est assise au centre, elle tient avec son bras gauche son nourrisson endormi et allongé sur ses genoux.

On aperçoit un sein nu comme si elle venait d’allaiter le bébé.

A droite, il y a un enfant assis à coté d’elle mais reposant sa tête sur l’autre jambe de sa mère.

Celle-ci l’entoure de son bras droit.

Comme nous l’avons vu dans l’oeuvre de Mary Cassatt, la mère entoure ses enfants de tout son corps même si cette fois-ci elle semble à bout de force.

Comme il a été dit précédemment, la maternité nécessite beaucoup de sacri ces et de dévouement.

La position de la mère et son sein nu donnent une impression de dévouement total à ses enfants, le nourrisson se nourrit d’elle et l’autre enfant se repose sur son corps.

Peut-être que si elle n’avait pas eu d’enfants, aurait-elle eu une situation nancière plus favorable ? En plus de donner son corps, elle sacri e un certain confort économique.

Maternité de Muter incarne non seulement le don de soi-même mais aussi la charge de travail en temps que mère.

Elle expose l’aspect épuisant et sacri ciel dans la maternité dans un contexte de précarité qu’on retrouve dans la photographie de Dorothea Lange.

Au centre de la photo en noir et blanc, une mère migrante (comme nous indique.... »

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