Devoir de Philosophie

« Un roman, c'est un miroir qu'on promène le long d'un chemin. » Saint-Réal cité par Stendhal, dans Le Rouge et le Noir. Commentez cette citation.

Publié le 07/07/2009

Extrait du document

stendhal

Un roman a pour mission de montrer aux hommes l'image du monde dans lequel ils vivent à partir de l'itinéraire initiatique d'un personnage au destin extraordinaire.

stendhal

« Le jeune marquis italien, Fabrice del Dongo, enthousiasmé par la gloire de Napoléon, veut s'engager dans l'arméefrançaise.

Après diverses mésaventures, il arrive sur le champ de bataille de Waterloo et assiste au combat.

Revenuen Italie, suspect de libéralisme, il est protégé par sa tante, la Sanseverina, maîtresse du comte Mosca, premierministre du prince de Parme.

Ayant tué un rival, Fabrice est emprisonné et risque d'être exécuté, car les adversairespolitiques de Mosca s'acharnent sur lui.

La Sanseverina et Mosca réussissent à le faire échapper grâce à lacomplicité de Celia Conti, fille du gouverneur de la prison.

La Sanseverina fait empoisonner le prince de Parme; sonsuccesseur fait acquitter Fabrice, qui devient un prélat illustre, tout en continuant à aimer Celia.! Stendhal compare le roman à un miroir qu'on promène le long d'un chemin.

Vous expliquerez cettedéfinition en l'appliquant à la Chartreuse de Parme. Le mot miroir ne doit pas faire illusion : La Chartreuse de Parme ne présente pas seulement l'apparence extérieured'une société, l'image d'un milieu, mais la vie psychologique de personnages riches de passions.

Les affinités entre laChartreuse de Parme et le Rouge et le Noir sont donc nombreuses, la Chartreuse étant l'épanouissement du romanstendhalien. • L'ORIGINE DU ROMAN : Stendhal composa la Chartreuse d'août à décembre 1838, mais comme l'a remarqué M.Martino, c'est la synthèse de toutes ses impressions italiennes, de ses lectures, de ses romans inachevés et surtoutde ses propres rêves, arrivés à maturité.

Les sources livresques sont constituées surtout par les Chroniquesitaliennes que Stendhal lisait déjà en 1832, en particulier par celle se rapportant à Alexandre Farnèse.

Vannozza, lamaîtresse du neveu du Pape protège son neveu Alexandre; celui-ci tue un garde du corps d'une jeune femme, il estemprisonne au château Saint-Ange, d'où il s'évade grâce au cardinal Roderic.

Devenu cardinal lui-même, il eut unelongue liaison avec une noble dame appelée Cleria.

— Si on admet la véracité de la chronique, on doit reconnaîtreque l'intrigue principale de la Chartreuse la suit de près.La connaissance de l'Italie moderne se superpose à l'histoire du xvie siècle.

Stendhal a connu à Milan la sociétéitalienne dévote, voluptueuse et mystérieuse.

Les conspirations politiques se sont développées et les libérauxitaliens ont été pourchassés par les Autrichiens.

Aussi Stendhal a-Ml lu avec une sympathie compréhensible MesPrisons de Silvio Pellico (1833) et les Mémoires d'un prisonnier d'Etat au Spielberg d'Andryane (1837-38).

Ce dernierouvrage est, avec la chronique d'Alexandre Farnèse, la source la plus importante du roman. • LA PEINTURE DU MILIEU : La peinture de la société est plus développée que dans le Rouge et le Noir.

Stendhal apris plaisir à ressusciter le monde qu'il avait connu à Milan.

Il transpose les noms et les lieux, mais les contemporainspouvaient facilement évoquer la lutte des carbonari contre les Autrichiens, les complots et la répression, lesintrigues amoureuses.

Aussi plus encore que les lectures, c'est la connaissance directe et prolongée de la vieitalienne qui donne un accent de vérité à la Chartreuse, et qui mériterait à son auteur le titre de « citoyen de Milan». • L'IDÉOLOGIE STENDHALIENNE : La Chartreuse, si représentative qu'elle soit de l'Italie vers 1825, est néanmoins ledéveloppement des conceptions de Stendhal.

Le comte Mosca, Fabrice, sont des êtres passionnés et lucides, dontla personnalité énergique se soucie peu des principes.

La Chasse au Bonheur leur tient lieu de morale.

Fabrice est lefrère italien de Julien Sorel, mais sans sa raideur et son âpreté de prolétaire.

Son imagination ardente et sa fantaisiel'apparentent parfois aux héros de Musset.

On retrouve également dans la Sanseverina et Celia des traits esquisséesdans Mathilde de la Môle et Mme de Rénal.

Une fois encore, ce sont les deux types de femmes dont Stendhal rêvatoute sa vie : la grande dame, sûre d'elle-même; la jeune fille, timide, superstitieuse, et que l'amour rend audacieuseet passionnée. • L'APRE VÉRITÉ: L'adaptation des Chroniques italiennes et des souvenirs vécus avec les constructions idéologiquesde Stendhal est si heureusement réalisée que l'ensemble du roman prend un air de vérité.

L'exemple le plus typiqueen est le récit de la bataille de Waterloo que Balzac admirait plus que tout.

Stendhal, qui préparait une Vie deNapoléon, s'était documenté sur la bataille; mais il animait ces documents par ses souvenirs : aux légendes crééespar les poètes, aux images d'Epinal, il substituait un récit vécu d'un combattant perdu dans une grande bataille,dont il ne peut deviner le plan.

Les réactions des soldats que rencontre Fabrice, la description du champ de batailleparaissent vraies à n'importe quel vétéran des deux guerres mondiales.

Par contre, les réflexions de Fabrice, sonsang-froid, son souci de ne pas perdre la face, sa curiosité appartiennent à Stendhal. Conclusion. La Chartreuse de Parme, par sa complexité, offre de l'intérêt à la fois pour les fanatiques admirateurs de la morale stendhalienne et pour les simples lecteurs, qui aiment ces personnages exceptionnels, mais vrais.

Lemiroir montre aussi bien les traits de Stendhal que de Fabrice.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles