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La vérité (cours de philosophie)

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philosophie

 Introduction : L'enjeu de la vérité est indissociable de la naissance de la philosophie et de la science. En effet, il s'agit pour Platon d'établir une ligne de démarcation très claire entre des discours relevant de l'imagination (mythologies, discours des artistes et des démagogues) et les discours visant non plus à séduire les foules mais à trouver une vérité. Bref à la base de l'interrogation sur la vérité on retrouve la distinction entre persuader et convaincre. A cette première interrogation s'en rajoute une autre qui rend la question de la vérité plus concrète, plus brutale. En effet, l'assurance de détenir la vérité peut parfois se transformer en dogmatisme intransigeant et en une idéologie pouvant aller jusqu'à la suppression des hommes ne reconnaissant pas cette vérité. Ainsi c'est au nom d'une vérité que le terroriste religieux ou politique commet ses crimes. Ce qu'on appelle « vérité » n'est-il pas alors la marque d'un esprit, entêté, incapable de s'élever jusqu'à la diversité des points de vue ? Car, après tout, même en science les théories évoluent, ce qui a été accepté comme « vérité » un jour devenant ensuite une conception dépassée Enfin, en admettant qu'il existe bien une ou des vérités comment en avoir l'assurance ? A quoi les reconnaître ? Quels sont les critères distinctifs de la vérité ? I ) La vérité et le relativisme. a. Le relativisme. C'est la position la plus communément admise concernant la vérité. Elle consiste à faire reposer la vérité dans le sentiment intérieur de certitude. On aboutit alors logiquement à l'idée que chacun aurait sa vérité puisqu'elle repose sur un facteur subjectif (le sentiment de certitude). A terme comme le souligne Nietzsche on peut même dire qu'il n'y a plus de vérité mais seulement des interprétations. Il s'agit alors de ce que l'on nomme le perspectivisme. Le relativisme peut cependant avoir plusieurs significations. Il peut d'abord être culturel et peut s'exprimer à travers la notion de tolérance. Ainsi, on admet que ce qui est vrai pour nous ne l'est pas forcément pour les autres qui adhèrent à une autre vision du monde. Ce relativisme s'attaque en fait aux valeurs. On réduit alors les valeurs et les idéaux des individus à n'être que l'expression des tendances propres à leur culture. Le relativisme culturel est problématique car il empêche de juger des actes. Si toutes les valeurs sont relatives alors la barbarie n'existe plus et la tolérance devient vite acceptation de l'intolérable. En fait ce relativisme confond tolérer et comprendre. On peut parfaitement comprendre une action sans la tolérer. Par ailleurs, le relativisme soulève une difficulté fondamentale. En effet, il se présente lui-même comme une vérité. Le relativiste le plus complet doit renoncer à s'expliquer. Soutenir l'idée que la vérité n'existe pas c'est énoncer une contradiction que l'on nomme performative (du type, il est interdit d'interdire). La condition de possibilité du relativisme c'est en fait l'idée même de vérité. Je ne peux être en accord avec moi lorsque je dis que la vérité n'existe pas et que je continue à parler. S'il n'y a pas de vérité et que tout est une question de point de vue alors chacun est enfermé à l'intérieur de ses propres certitudes et on se demande pourquoi il faudrait se donner la peine d'écouter le point de vue des autres. En fait s'il n'y a pas de vérité alors toutes les paroles sont dénués de sens. C'est l'essentiel de la critique que Platon adresse aux sophistes.

Relativisme, scepticisme et cynisme.

« propres à leur culture. Le relativisme culturel est problématique car il empêche de juger des actes. Si toutes les valeurs sont relatives alors l a barbarie n'existe plus et la tolérance devient vite acceptation de l'intolérable. En fait ce r elativisme confond tolérer et comprendre. On peut parfaitement comprendre une action sans la tolérer. Par ailleurs, le relativisme soulève une difficulté fondamental e. En effet, il se présente lui-même comme une vérité. Le relativiste le plus co mplet doit renoncer à s'expliquer. Soutenir l'idée que la vérité n'existe pas c'est énoncer une contradiction que l'on nomme performative (du type, il est interdit d'i nterdire). La condition de possibilité du relativisme c'est en fait l'idée même de vérité. Je ne pe ux être en accord avec moi lorsque je dis que la vérité n'existe pas et que je continue à parler. S'il n'y a pas de vérité et que tout est une que stion de point de vue alors chacun est enfermé à l'intérieur de ses propres certitudes et on se demande pourquoi il faudrait se donner la peine d'écouter le point de vue de s autres. En fait s'il n'y a pas de vérité alors toutes les pa roles sont dénués de sens. C'est l'essentiel de la critique que Platon adresse aux sophistes . b. Le scepticisme. Le scepticisme est en fait une radicalisation de la conception relati viste. Le scepticisme fut d'abord une école philosophique dont le maître est Pyrrhon d' Elée (-365 à -275 av JC). De fait le relativisme n'est pas total, à la négation complète et radicale de la vérité il préfère une géographie de la vérité, f aisant varier le vrai au gré des déterminismes culturels. La position de Pyrrhon est plus singuli ère. Pour lui il n'y a pas de vérité des choses et du monde. I l n'y a qu' une apparence universelle, ce que nous nommons réalité n'est en fait que le produit de notre perception. I l n'y a donc pas une réalité en soi mais seulement une r éalité pour nous. Nous ne pouvons rien connaître. I l n'y a donc pas non plus d'erreur car l a possibilité de l'auteur ne se définit que par opposition à la notion de v érité. Le pyrrhonisme participe du même mouvement des grandes écoles de sagess e antique. De même que dans le stoïcisme il s'agit d'atteindre l'a taraxie. Selon Pyrrhon l'ensemble des troubles de l'âme vient du fait que nous portons de s jugements erronés sur les choses. Pour lui il faut cesser de porter des jugements sur ce que nous percevons car il ne s'agit en fait que d'apparence. La source de »

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