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cours sur la vérité

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Or, Platon pense aussi que ces Idées sont déjà en nous mais nous les ignorons. Notre esprit aurait déjà contemplé les Idées des choses. L’auteur de La République en prend pour preuve la connaissance des vérités mathématiques, qui ne découlent pas de l’expérience que nous avons du monde. Les idées pures, à l’instar des mathématiques, préexistent en l’homme, indépendamment des sens et de toutes facultés. Connaître revient donc à se ressouvenir de ces Idées. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on peut avoir une idée juste des choses sans en avoir la science ou l’expérience : on parle de la théorie platonicienne de la réminiscence. 2. La vérité comme adéquation entre le jugement et la réalité Si la vérité dépendait de l’homme, comme le veulent les sophistes, la connaissance, aurait-elle encore un sens ? Une telle vérité, en serait-elle encore une ? On le voit bien, en substituant la convenance, les intérêts, voire l’humeur à la vérité ou à la connaissance vraie, les sophistes ne nous permettent pas de saisir le sens réel du mot vérité. Mais la conception platonicienne de la vérité semble elle-aussi critiquable. On ne peut non plus dire que la vérité existe au préalable dans l’esprit. Car si c’était le cas, on n’aurait même pas besoin de se ressouvenir, et il n’y aurait pas d’avis différents sur les choses : elles apparaîtraient de la même manière à tous. Mais alors, au fond, qu’est-ce que la vérité ? La vérité consiste dans l’accord entre l’intelligence de l’homme et la réalité phénoménale. Ce n’est pas une chose qui est vraie ou fausse, c’est plutôt le jugement de l’homme qui peut être vrai ou faux. Les choses sont ce qu’elles sont et leur existence ne dépend pas de l’homme. L’homme peut seulement juger les choses autrement ou telles qu’elles sont. La vérité consiste donc à ce que notre jugement corresponde aux choses. C’est la conception d’Aristote pour qui « être dans le faux, c’est penser contrairement à la nature des objets ». Cette idée d’Aristote sera reprise par certains penseurs du Moyen-âge tel Saint Thomas d’Aquin. Il dira que la vérité consiste dans l’adéquation de notre intelligence à la chose. Dans le prolongement de cette idée, et dans le cadre plus restreint du langage, on distingue la véridicité et la véracité. La véridicité désigne la propriété d’un énoncé ou d’un discours qui est en conformité avec la réalité. La véracité, se définit comme la qualité morale d’un discours qui ne trompe pas et auquel on peut donc faire confiance par assentiment. La véracité s’oppose donc au mensonge (dire délibérément ce qui est contraire à la vérité). 3. Vérité et doute La vérité exclut-elle tout doute ? Douter, c’est être dans l’incertitude, ne pas savoir si notre jugement est totalement vrai ou s’il contient encore quelque fausseté ou erreur. L’histoire des idées philosophiques retient deux types de doute. Le doute sceptique et le doute cartésien. Le scepticisme est une doctrine philosophique qui soutient que l’intelligence humaine ne peut accéder à la vérité certaine. Pyrrhon fut le fondateur de l’École sceptique. L’homme ne pouvant pas connaître la nature profonde des choses, il lui est plus bénéfique, pour assurer la tranquillité de son âme, de suspendre tout assentiment. « Il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais un homme qui connaisse avec certitude ce que je dis des dieux et de l'univers. Quand même il rencontrerait la vérité sur ces sujets, il ne serait pas sûr de la posséder : l'opinion règne en toutes choses » (Xénophane). Pour cela, cette doctrine stipule que la recherche de la certitude est un travail vain. Le scepticisme conseille alors de douter de tout. On doute pour douter, au sens où à toute vérité valable on peut toujours opposer une autre vérité elle aussi convaincante. Le doute ici est une fin en soi, au sens où la finalité du doute c’est le doute lui-même. A l’opposé du doute sceptique, nous avons le doute méthodique (communément appelé doute cartésien, du nom de Descartes qui l’a investi comme une méthode de connaissance). Celui-ci propose qu’on doute de tout jugement jusqu’à ce qu’il n’existe plus aucun doute. « Je suivrai la même voie (...), en m’éloignant de tout ce en quoi je pourrai imaginer le moindre doute (...), et je continuerai toujours dans ce chemin, jusqu’à ce que j’ai rencontré quelque chose de certain » (Descartes, Méditations métaphysiques). Le doute cartésien est une suspension provisoire de la pensée en vue d’un jugement certain. C’est une « voie », une méthode pour parvenir à la vérité certaine. On dit que c’est un doute méthodique. A la suite de Descartes, Claude Bernard recommande le doute dans toute investigation scientifique. Douter consiste alors à remettre en cause les premières expériences et les premiers résultats de l’expérimentation. Le scientifique doit prendre du recul, approfondir l’analyse à toutes les étapes de la méthode expérimentale (Claude Bernard, Introduction à la méthode expérimentale). Si le doute cartésien met en exergue l’importance du doute dans la connaissance, en revanche, en suivant le propos de Descartes, on court le risque de céder dans le dogmatisme. Le dogmatisme est un courant de pensée qui considère que la raison peut atteindre l’évidence ou la vérité absolue dans tous les domaines de la connaissance. On retrouve cette idée chez certains modernes comme Descartes, Leibniz ou encore Spinoza. Cependant, on peut se demander, l’homme, peut- il être sûr de la certitude de ses jugements ? L’homme peut-il espérer atteindre la vérité certaine, dans quelque discipline de connaissance ? La suite de notre analyse proposera progressivement des éléments de réponse à ces interrogations. 

« LA VERITE On distingue plusieurs types de vérités : les vérités de faits qui se rapportent à un événement ou à un fait particulier (il pleut) ; les vérités mathématiques qui sont de type conventionnel (3 + 4 = 7) ou démonstratif, les vérités logiques, etc. On peut donc dire que la notion de vérité varie selon la nature des disciplines concernées. La vérité dans les sciences de la nature (physique, astronomie) est ainsi différente de la vérité à laquelle on accède dans les sciences de l’homme (sociologie, ethnologie) ou dans les sciences pures (logique, mathématiques). Le projet de ce cours consiste à relever les différentes conceptions de la notion de vérité et les débats qu’elle a pu susciter, en tâchant de voir comment elle peut évoluer d’une discipline à une autre. Les principales questions qui définiront les grands axes de cette étude sont les suivantes : Quelle est la nature de la vérité ? Si la vérité peut varier selon les disciplines d’étude, les propositions vraies, nous révèlent-t-elles ce que les choses sont, ou alors ce que les hommes en pensent ? Dans la mesure où le sujet connaissant est par nature différent de l’objet de connaissance, peut-on espérer accéder à la vérité totale et absolue, ou alors faut-il simplement parler d’une vérité approchée, voire relative ? Autrement, peut-on accéder à la certitude, c’est-à- dire, à la vérité totale ? Ce qui importe pour l’homme, est-ce la recherche de la vérité des choses extérieures, des phénomènes, ou bien celle de son être profond et de son existence ? I. DÉFINITION ET PROBLÈME 1. La vérité, est-elle relative ou universelle ? Il est intéressant de commencer cette réflexion en évoquant le problème de la vérité tel qu’il s’est posé aux Grecs. La première conception que retient l’histoire de la philosophie est celle des sophistes. Grands érudits et hautement instruits, les Sophistes considèrent que la vérité dépend de l’homme. Pour le Sophiste, seul l’homme peut décider de ce que sont les choses du monde. La tradition philosophique retient le nom de Protagoras, et de son idée qui devint célèbre: « L’homme est la mesure de toutes choses, de celles qui sont pour ce qu’elles sont, de celles qui ne sont pas pour ce qu’elles ne sont pas » . En d’autres termes, la vérité est relative aux hommes. Les jugements que l’homme émet sur les choses ne sont pas fonction de ce que sont les choses elles-mêmes, mais plutôt de ce qu’il pense de ces choses. La vérité serait donc relative aux sentiments ou au but que l’homme poursuit. Platon illustre cette conception des sophistes dans un dialogue qui oppose Socrate à son interlocuteur Gorgias : « Chacun de nous est mesure de ce qui est et de ce qui n’est pas. Et de l’un à l’autre, il existe des différences à l’infini, du fait même que ce qui apparaît et qui est tel à l’un, apparaît différemment à l’autre ». Platon, Théétète, 166 d – 167 d. Pour les Sophistes, la vérité est fonction des convenances des hommes. Par ellesmêmes, les choses n’ont pas de propriétés fixes et ultimes que l’homme devraient chercher à connaître telles quelles ; c’est plutôt le jugement de l’homme qui fixe leur état et leur être. Cette conception de la vérité constitue le relativisme : ce que sont les choses dépend de l’homme et la vérité dépend du sujet, et, même si elle porte sur une chose identique, elle peut changer d’un sujet à un autre. La vérité est relative aux convenances des hommes, à leurs intérêts ou à leurs goûts. On pourrait dire que la conception des Sophistes revient à l’idée selon laquelle « à chacun sa vérité ». Cette idée des Sophistes sera rejetée par Platon. Pour lui, s’il y a une vérité, elle doit être une et universelle. L’intelligence humaine doit pouvoir accéder à la connaissance des choses de manière absolue. La vérité ne change pas selon les individus. Platon soutient que la vérité, ce n’est pas les choses telles qu’elles apparaissent à nos sens, mais c’est plutôt la connaissance de l’essence des choses, c’est-à-dire ce qu’elles sont en elles-mêmes. La raison doit faire l’effort pour dépasser les apparences sensibles, et »

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