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Définition et usage: FAUSSETÉ, substantif féminin.

Publié le 14/02/2016

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Définition et usage:

FAUSSETÉ, substantif féminin.

 

A.— Qualité, caractère de ce qui est faux.

 

1. [Correspond à fauxl I A] Fausseté de quelque chose.

 

a) Caractère contraire à la vérité, à la réalité. Fausseté d'une doctrine, d'une explication, d'une hypothèse, d'un principe; fausseté d'une nouvelle, d'un prétexte, d'un récit. Santonello, Vasconcellos ne soupçonne pas la fausseté des confidences que vous lui faites sur nous? (NÉPOMUCÈNE LEMERCIER, Pinto, 1800,1, 13, page 42 ). L'enfant royal n'alla pas même jusqu'à la septième maison, et sa mort attesta la fausseté d'un horoscope (ANATOLE-FRANÇOIS THIBAULT, DIT ANATOLE FRANCE, Rabelais, 1909, page 160 ). Ce dogme [de l'égalité démocratique] s'effondre aujourd'hui sous les coups de l'expérience des peuples. Il est donc inutile de montrer sa fausseté (ALEXIS CARREL, L'Homme cet inconnu, 1935, page 328) :

 

0 1. La malfaisance d'une idée prouve-t-elle sa fausseté? Supposons que l'on puisse cacher au marquis de Jussat la mort de Charlotte, il s'apaiserait dans l'idée que sa fille est vivante. Cette idée lui serait salutaire. En serait-elle vraie pour cela?...

 

PAUL BOURGET, Le Disciple, 1899, page 21.

 

emploi absolu. Je trouve cette accusation ridicule à force de fausseté (HONORE DE BALZAC, Correspondance, 1840, page 53 ). Les dangers de l'imagination maîtresse d'erreur et de fausseté (GASTON BACHELARD, La Poétique de l'espace, 1957, page 143 ).

 

b) Caractère de ce qui n'est pas tel qu'il convient.

 

Manque de justesse, de rectitude (dans les choses de l'esprit). L'inégalité des capacités (...) résulte de l'ignorance générale, de l'insuffisance des méthodes, de la nullité ou de la fausseté de l'éducation (PIERRE-JOSEPH PROUDHON, De la Création de l'ordre dans l'humanité, 1843, page 291 ). Comme elle sentait, à cette heure, la fausseté de cette imagination, qui lui faisait croire qu'elle vivait dans une sphère bien heureuse de jouissance et d'impunité divines (ÉMILE ZOLA, La Curée, 1872, page 575 ). La maladresse est une sorte d'équivalent de la fausseté du jugement dans le comportement pratique (EMMANUEL MOUNIER, Traité du caractère, 1946, page 80) :

 

0 2. Il disait que (...) dans les affaires, on avait besoin d'un associé (...) qui vous fît quelquefois toucher du doigt la fausseté d'un calcul sur lequel on fondait de l'espérance...

 

EUGÈNE DELACROIX, Journal, 1854, page 149.

 

Caractère équivoque, anormal (d'une position, d'une situation). Par le soin qu'il prend de n'entrer à la préfecture que par une porte dérobée, Monsieur Guitrel semble se rendre compte lui-même de la fausseté d'une situation qu'il prolonge néanmoins (ANATOLE-FRANÇOIS THIBAULT, DIT ANATOLE FRANCE, L'Orme du mail 1897, page 28 ).

 

Manque de justesse ou de naturel.

 

MUSIQUE. Fausseté d'une note. Je vous entends (...) rire, causer, chanter (...) avec cette belle fausseté de voix qui est l'indice des consciences calmes (GEORGES MOINAUX, DIT GEORGES COURTELINE, Boubouroche, 1893,1, 3, page 41 ).

 

Absolument. Il fredonnait, entre les dents, avec une fausseté, ou une justesse approximatives (ALEXANDRE ARNOUX, Zulma, l'infidèle. 1960, page 131 ).

 

LITTÉRATURE, THÉÂTRE. Fausseté d'un dialogue, des attitudes, des gestes, des mots. Les auteurs ont grandement raison; la fausseté de l'habit prépare à la fausseté du dialogue (HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, Racine et Shakspeare, tome 1, 1825, page 93) :

 

0 3.... on a recours aux robes à traîne et à gigot, avec l'espoir que cette exactitude dans l'ajustement des personnes rendra le spectateur moins sensible à la fausseté des sentiments et aux outrances du style.

 

FRANÇOIS MAURIAC, Journal 3, 1940, page 251.

 

c) Rare. Caractère non fondé, vain. Je lui disais que son imagination était troublée; qu'elle reconnaîtrait la fausseté de ses frayeurs (FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND,Mémoires d'Outre-Tombe, tome 2, 1848, page 109 ).

 

2. [Correspond à fauxl I B] Apparence, caractère trompeur, fallacieux.

 

a) Rare. [En parlant d'un objet] Manque d'authenticité. Je suis hanté par l'idée de la fausseté des objets d'art qui m'entourent, par la fausseté des peintures (...) qui me semblent, la plupart du temps, sortir de l'atelier d'un faussaire (EDMOND DE GONCOURT, JULES DE GONCOURT, Journal, 1889, page 983 ).

 

b) Usuel. [En parlant d'une personne] Trait du caractère qui porte à dissimuler ses pensées, à mentir. Synonymes : hypocrisie, fourberie; antonymes : franchise, sincérité. Ce ne sont point ici, chère Adèle, de ces stupides louanges dont la fausseté des hommes abuse si souvent la vanité des femmes (VICTOR HUGO, Lettres à la fiancée, 1821, page 56 ). Un sourire gauche qui augmentait l'air de fausseté et presque de friponnerie naturel à sa physionomie (HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, Le Rouge et le Noir, 1830, page 15 ). Ta fausseté, (...) ta fausseté absurde qui te fait persévérer à nier des choses que je sais (MARCEL PROUST, Du côté de chez Swann, 1913, page 363) :

 

0 4. Louis XVI n'était pas faux : il était faible; la faiblesse n'est pas la fausseté, mais elle en tient lieu et elle en remplit les fonctions...

 

FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND,Mémoires d'Outre-Tombe, tome 1, 1948, page 223.

 

B.— Par métonymie, vieilli. Chose fausse, assertion fausse. Synonyme : erreur (et plus particulièrement) mensonge. Croire, dire des faussetés. La plupart [des récits de voyage] sont écrits par des hommes sans lumières ni savoir, et sont remplis de faussetés et d'invraisemblances (GABRIEL SÉNAC DE MEILHAN, L'Émigré, 1797, page 1757 ). Si ce qu'on m'a dit qu'elle [Fadette] est enceinte est une fausseté, nous le saurons bien, et nous la défendrons comme il faut (AURORE DUPIN, BARONNE DUDEVANT, DITE GEORGE SAND, La Petite Fadette, 1849, page 259 ). Je vous ai écouté sans vous interrompre (...) j'ai voulu voir jusqu'où vous portiez le talent d'inventer des histoires et de soutenir des faussetés (PAUL DE KOCK, Les Compagnons de la Truffe, 1861, page 199) :

 

0 5.... il me donna (...) un superbe certificat certifiant une fausseté, à savoir qu'il m'avait fait subir un nouvel examen pour mon admission à l'École polytechnique et que je m'en étais tiré supérieurement.

 

HENRI BEYLE, DIT STENDHAL, Vie de Henry Brulard, tome 2, 1836, page 393.

« premier acte est un de ces chants de bataille à éléments descfiptifs dont Cavalli avait déjà donné un exemple dans Les Noces de Pélée et de Thétis, et le thème du combat réapparaît plus d'une fois dan..~ .

l'ouvrage.

Parmi les soli et duos, il faut spécialement retenir : le réci­ tatif de Créuse : • Énée, Énée, il n'est plus temps » ner acte, pe scène).

après le chœur de$ soldat~ et peu avant l'épisode du petit Ascagne qui cherche à retenir son père, épisode traité musicalement en une libre forme ; le duetto entre Corebo et Cassandre ner acte, IP scène) où l'air «L'âme coupable ,, [J./alma ria] rappelle le célèbre Lamento d'Aria-ne de ::\lonteverdi.

Enfin il faut particulièrement re­ marquer les scènes, toutes deux dans' le pr acte, ail sont évoquée~ respecti \'emeut les om­ bres d'Héenhe et de ( 'réuse iles ombres sont un thème assez ther aux créateurs d'opéras de l'école dite vénitienne du xvue s.).

Il est indéniable que du chromatisme du chant, de la basse continu~.

chromatique également, et de la souveraine insistance du rythme naît une expression artistique intime et désolée.

La pro­ phétie de Cassandre comporte aussi des chroma­ tismes très expressifs.

* Un chef-d'œuvre de l'histoire mu.oo;icale de tous les temps est: Dido and Aeneas, premier ouvrage du compositeur anglais Henry Purcell (1658-1695) qui n'avait fait.

jusqu'alors que collaborer aux œuvres des autres ou IJlutôt aux représentations avec musique du théâtre anglais.

Cette œuvre fut exécutée pour la pre­ mière fois dans le pensionnat féminin dirigé par Josias Priest à Chelsea.

en 1689 ; les rôles, sauf celui d'Énée.

étaient tenus par les élève~.

Les choristes étaient des professionnels de V·.'est­ minster.

L'œuvre contient des trésor1-1.

Il n'en est pas d'aussi belle dans tout le XVII" siècle, si l'on met à part celles de ::\Ionteverdi, le~ meilleures de I~ulli et de Scarlatti et l'oratorio de la Fille de Jephté lv.

Jephté) de Carissimi.

La page : ~ Remember me.

but forget my fate " (Souviens-toi de moi, mais oublie mon sort), qui termine l'opéra avec le til.. »

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