Les entreprises publiques sénégalaises : entre autonomie et contrôle
Publié le 02/02/2026
Extrait du document
«
UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES ET POLITIQUES
DEPARTEMENT DE DROIT PUBLIC
MASTER II RECHERCHE
OPTION : ADMINISTRATION PUBLIQUE
MÉMOIRE
SUJET : LES ENTREPRISES PUBLIQUES
SENEGALAISES : ENTRE AUTONOMIE ET
CONTROLE
Présenté par :
Khady Gasse DIOP
Sous la direction de :
Dr Souleymane GAYE, Maître de
Conférences assimilé en Droit public
Année universitaire : 2022-2023
« L’Université Cheikh Anta Diop n’entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions
émises dans ce mémoire ; ces opinions doivent être considérées comme propres à leur auteur.
»
1
DEDICACE
A la mémoire de mon père ; un homme pieux et exemplaire.
Repose en paix au Paradis papa.
A ma mère pour son amour profond, son soutien infaillible et ses prières sans relâche.
A toute ma famille.
Aux amis d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
A tous ceux qui œuvrent pour la stabilité économique, sociale et politique de l’Afrique et son
développement par le biais de son secteur public ou parapublic.
A ceux dont l’action concourt au triomphe du Bien.
2
REMERCIEMENTS
Je tiens d’abord à remercier sincèrement le Dr Souleymane Gaye pour avoir accepté de diriger ce
travail et pour son suivi, sa disponibilité, son encadrement constructif et engagé.
Mes remerciements s’adressent également au Dr Mamadou Yaya Diallo pour sa générosité et sa
disponibilité sans faille ; et plus généralement à l’ensemble du corps professoral et administratif de
la faculté.
Mes remerciements sont aussi destinés au personnel de la Bibliothèque universitaire
particulièrement à Monsieur Omar Ndour.
J’exprime par ailleurs toute ma gratitude au personnel de la Direction du Secteur Parapublic
principalement au Directeur général, à Madame Guèye et surtout à Madame Nafissatou Diop,
Chef du Bureau des participations de l’Etat.
L’aide fournie par cette dernière a été très importante
pour l’aboutissement de la présente réflexion.
Je ne connais pas de limite à sa gentillesse, sa générosité
et son ouverture d’esprit.
Je remercie infiniment le frère et Professeur Malick Diop pour tout le soutien moral et financier,
les prières et les conseils utiles et adaptés.
L’occasion se prête pour féliciter et remercier profondément nos maîtres du primaire et du
secondaire notamment ceux du Lycée Taïba Niassène qui nous ont inculqué le sens de l’effort et
du travail bien achevé.
Veuillez trouver dans ces quelques mots l’expression de ma sincère
reconnaissance.
Enfin je remercie ma famille, mes amis et mon entourage, qui, tous, m’ont encouragé, soutenu et
aidé afin que je puisse mener à bien cette étude.
3
PRINCIPAUX SIGLES ET ABREVIATIONS
Al.
: Autres
AUPSRVE : Acte Uniforme sur les Procédures Simplifiées de Recouvrement et les Voies
d’Exécution
AUSCGIE : Acte Uniforme relatif au droit des Sociétés Commerciales et du Groupement d’Intérêt
Economique
CC : Conseil constitutionnel
CCJA : Cour commune de justice et d’arbitrage
CE : Conseil d’Etat
CEMAC : Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale
CEP : Centre des Etablissements Publics
CGCPE : Cellule de Gestion et de Contrôle du Portefeuille de l’Etat
CVCCEP : Commission de vérification des comptes et de contrôle des entreprises publiques
DGPED : Direction générale des participations de l’Etat et de la dénationalisation (Bénin)
DSP : Direction du Secteur Parapublic
EPIC : Etablissements publics à caractère industriel et commercial
FMI : Fonds Monétaire International
IASC : Institution administrative supérieure de contrôle
Ibid.
: ibidem
IGE : Inspection générale d’Etat
ISC : Institution supérieure de contrôle
ITIE : Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives
LGDJ : Librairie générale de droit et de jurisprudence
NGP : Nouvelle gestion publique
OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques
OHADA : Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires
Op.
cit.
: Référence précitée (opere citato)
PEFA : Public Expenditure and Financial Accountability (programme Dépenses publiques et
responsabilité financière)
PUF : Presses Universitaires de France
RCCA : Revue du Contrôle de la Comptabilité et de l’Audit
RDP : Revue de droit public
4
RDUS : Revue de Droit de l’Université de Sherbrooke
RFAP : Revue française d’administration publique
RIDC : Revue internationale de droit comparé
RSE : Responsabilité sociale de l’entreprise
RTDCom : Revue trimestrielle de droit commercial
SAPPM : Sociétés anonymes à participation publique majoritaire
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
Vol.
: Volume
5
SOMMAIRE
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE : UNE CONCILIATION ACTIVEMENT ELABOREE
Chapitre Ⅰ : LE RENFORCEMENT NOTOIRE DE L’AUTONOMIE DES ENTREPRISES
PUBLIQUES
Section 1 : L’élaboration de politiques nationales d’accroissement de l’autonomie
Section 2 : La contribution du droit communautaire
Chapitre Ⅱ : L’INSTAURATION INTENSIVE DE MECANISMES DE CONTROLE
Section 1 : La pluralité des contrôles exercés sur les entreprises publiques
Section 2 : La légitimité des contrôles exercés sur les entreprises publiques
DEUXIEME PARTIE : UNE CONCILIATION ENTACHEE DE DIFFICULTES
Chapitre Ⅰ : LES FAIBLESSES DECELEES DANS LE SYSTEME DE CONTROLE
Section 1 : Les incohérences relevées dans la répartition des compétences
Section 2 : L’efficacité limitée des contrôles exercés sur les entreprises publiques
Chapitre Ⅱ : L’EFFECTIVITE RELATIVE DE L’AUTONOMIE DES ENTREPRISES
PUBLIQUES
Section 1 : Les facteurs explicatifs
Section 2 : Les garanties perfectibles de l’autonomie des entreprises publiques
CONCLUSION
6
INTRODUCTION
Les entreprises publiques occupent une place de choix dans la vie socio-économique de nombreux
pays.
En Afrique, elles ont constitué particulièrement et bien avant les indépendances1 l’outil
privilégié d’intervention de la personne publique dans l’économie.
Cela s’explique par la conviction
des gouvernements que seule l’implication directe de l’Etat dans le processus de production
économique était à même de garantir la satisfaction adéquate des besoins pressants des populations
et d’asseoir les bases du développement2.
Pour cette raison, l’entreprise publique est apparue comme
le moyen le plus apte à combler ces desseins.
Elle a ainsi été au cœur des « mécanismes juridiques
mis en place par le législateur pour atteindre les objectifs de développement économique »3.
Le recours à cette entité est devenu donc sans doute une réponse juridique et institutionnelle à ces
problèmes particuliers.
En effet pour rappel, faute d’un secteur privé national4 capable d’impulser le
développement économique et social de la nation, l’Etat n’avait d’autres choix que d’assumer des
fonctions économiques5.
En réalité et plus spécifiquement, les entreprises publiques sont « créées
dans les pays en voie de développement pour suppléer aux limites de l’épargne privée ou pour
s’occuper de secteurs que l’Etat entend maîtriser (secteurs stratégiques) ou encore pour répondre à
des besoins sociaux ou culturels »6.
Dans le contexte sénégalais, il est souligné que l’émergence du secteur parapublic remonte à la période coloniale car on
peut observer que bien avant les indépendances il existait des infrastructures de grands services publics à l’échelle de la
colonie, comme le Port de Dakar, la Régie des chemins de fer et les Postes et Télécommunications.
Le territoire avait
également des participations dans certaines sociétés minières (Phosphate de Thiès et de Taïba) et la Société immobilière
du Cap-Vert avait été constituée dès 1951.
Voir Amadou Kébé, Réformes institutionnelles dans le secteur parapublic au
Sénégal : le cas du chemin de fer, L’Harmattan, 2012, p.
22 ; Marc Bellitto rappelle lui qu’« historiquement, la première
intervention d’une entreprise parapublique au Sénégal remonte au début du dix-huitième siècle.
Ce n’est pas une société
de droit local qui en est l’origine, mais la Compagnie Française des Indes », voir le chapitre premier de son ouvrage Une
Histoire du Sénégal et de ses Entreprises publiques, L’Harmattan, 2001, p.
15.
2
Moussa Oumarou, Réformes de l’administration publique des pays membres de l’UEMOA : impacts et perspectives,
Bureau International du Travail, Programme d’administration et d’inspection du travail, Document de travail n° 2,
Genève, juin 2009, p.
3.
3
Ibrahima Diallo, « Les évolutions récentes du droit public économique sénégalais », Droit en Afrique, n° 17, 2014, p.
64.
4
Le Professeur Alassane Kanté note que le contexte postérieur à l’indépendance avait coïncidé avec une défaillance voire
une inexistence de l’initiative privée nationale, voir L’ordre public économique dans un pays en développement :
l’exemple du Sénégal, Thèse en Droit, UCAD, 1998, p.
50 ; et même si elle existait ailleurs, il y a une conception générale
selon laquelle la promotion de la croissance économique est beaucoup trop importante pour qu'elle soit abandonnée aux
mains du secteur privé, voir Francis C.
Okuthe Oyugi, L’entreprise publique au Kenya nationalisme économique et
changement social, Thèse de doctorat, Economies et finances, Université de Bordeaux, 1981, p.
1 ; ou encore « la doctrine
officielle consistait à affirmer que le secteur privé n’était pas prêt à investir massivement dans une économie jeune et
qu’il appartenait à 1’État d’amener la capacité productive nationale à un niveau garantissant la rentabilité de
l’investissement privé » voir Bernard Contamin, « Entreprises publiques et désengagement de 1’Etat en Côte-d’Ivoire, à
la recherche des privatisations », in Bernard Contamin, Harris Melel-Fote, Le modèle ivoirien en questions.
Crises,
ajustements, recompositions, Karthala, Paris, 1997, p.
94.
5
Abdourahmane Dioukhané, Les juridictions financières dans l’UEMOA : La Cour des comptes du Sénégal,
L’Harmattan, 2016, p.
141.
6
Driss Alaoui Mdaghri, « L’efficacité des entreprises publiques entre l’autonomie et le contrôle : cas du Maroc », Centre
national de documentation du Maroc, Unité documentaire n° 83....
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