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à se familiariser avec l 'âme d es j eunes g ens, a fin q u'étant d evenus p lus d oux, p lus m esurés e t m ieux d 'accord avec eux-mêmes, ils s oient c apables d e b ien p arler e t d e b ien agir.

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à se familiariser avec l 'âme d es j eunes g ens, a fin q u'étant d evenus p lus d oux, p lus m esurés e t m ieux d 'accord avec eux-mêmes, ils s oient c apables d e b ien p arler e t d e b ien agir. T oute l a vie d e l 'homme, e n e ffet, a b esoin d e r ythme e t d 'harmonie. P lus t ard, ils les e nvoient e ncore c hez l e m aître d e g ymnase; ils v eulent q ue l eur c orps p lus r obuste e xécute m ieux les o rdres d 'un e sprit s ain (326c), e t q ue l eurs e nfants n e s oient p as r éduits, p ar l a faiblesse physique, à se c omporter l âchement à l a g uerre, o u d ans les a utres c irconstances. Voilà ce q ue f ont les citoyens q ui l e p euvent d avantage, c'est-à-dire les plus r iches: l eurs e nfants c ommencent à a ller c hez les m aîtres d e m eilleure h eure q ue les autres, e t s ont les d erniers à les quitter. Lorsqu'ils s ont sortis des écoles, l a c ité les c ontraint d 'apprendre les lois, d e s 'y c onformer ( 326d) d ans l eur c onduite c omme u n m odèle, e t d e n e r ien faire à l eur fantaisie e t à l 'aventure. De m ême q ue les maîtres d 'écriture, l orsque les e nfants n e s ont p as e ncore h abiles d ans l 'art d 'écrire, l eur t racent les lignes avec u n c rayon, e t p uis, l eur r emettant les tablettes, e xigent q u'ils s uivent e n é crivant les traits q u'ils o nt s ous les yeux, ainsi la cité, l eur p roposant p our r ègle d es lois d écouvertes p ar d e s avants e t a nciens l égislateurs, les o blige à se c onformer à ces lois, q u'ils c ommandent o u q u'ils o béissent, e t e lle p unit q uiconque s 'en é carte. O n d onne c hez vous e t e n b eaucoup d 'autres e ndroits à c ette p unition le n om d e r edressement, (326e) p arce q ue l a f onction p ropre d e l a j ustice e st d e r edresser. Les soins q ue l 'on p rend, s oit e n privé, soit e n p ublic, p our inspirer l a vertu, é tant tels q ue j e viens d e d ire, t 'étonnestu, S ocrate, e t d outes-tu e ncore q ue l a v ertu p uisse s' e nseigner? L oin q ue c ela doive te s urprendre, il s erait b ien p lus s urprenant q ue l a c hose n e f ût p as a1ns1. P ourquoi d onc d es p ères v ertueux ont-ils souvent d es e nfants t out à f ait d épourvus d e m érite? A pprends-en l a raison. Il n 'y a r ien e n c ela d 'extraordinaire, si ce q ue j 'ai d it p lus h aut e st vrai, q ue, p our q u'une cité subsiste, (327a) a ucun d e c eux q ui l a c omposent n e d oit ê tre d énué d e c ette c hose q u'on a ppelle l a v ertu. S 'il e n e st ainsi, c omme c ela e st i ncontestablement, p rends p our e xemple t elle profession, telle science q u'il t e p laira; s uppose q u'il soit impossible q u'une ville subsiste, à m oins q ue t ous les citoyens n e s oient j oueurs d e f lûte, c hacun p lus o u m oins b on, s elon s on t alent, e t q ue t ous se d onnent m utuellement d es l eçons d e c et a rt, s oit e n privé, soit e n p ublic, d e f açon q ue l 'on r éprimande c elui q ui n e j ouerait p as b ien, e t q ue l 'on n 'envie à q ui q ue c e s oit l 'instruction e n c e g enre, d e m ême q u'on n 'envie e t q u'on n e c ache à p ersonne l a s cience d e c e q ui e st j uste ( 327b) e t p rescrit p ar les lois ( chose f ort o rdinaire d ans l es a utres a rts) ; c ar c hacun a i ntérêt, j e p ense, à c e q ue les a utres s oient j ustes e t v ertueux, e t p ar c onséquent t ous s 'empressent d e f aire c onnaître e t d 'enseigner à t ous c e q ui se r apporte à l a j ustice e t a ux lois; s uppose d onc q ue n ous m ontrions l a m ême a rdeur à n ous i nstruire les u ns l es a utres d ans l 'art d e j ouer d e l a f lûte, e t l a m ême facilité à c ommuniquer n os c onnaissances s ur c e p oint, p enses-tu, Socrate, q ue les e nfants d es b ons j oueurs d e f lûte devinssent p lus h abiles q ue c eux d es m auvais? P our m oi, j e c rois q ue n on e t p ense q ue c elui q ui se d istinguerait d avantage s erait c elui q ui a urait r eçu d e l a n ature p lus d e d ispositions, p eu i mporte d e q uel p ère il f ût n é ( 327c); c omme, a u c ontraire, c elui q ui n 'aurait p oint d e t alents n aturels n e se f erait a ucune r éputation, d e m anière q ue souvent l e fils d 'un b on j oueur d e f lûte s erait f ort m édiocre, e t c elui d 'un m auvais, e xcellent. N ous s erions t ous p ourtant d es j oueurs h abiles, e n c omparaison d es i gnorants, q ui n 'auraient a ucun u sage d e l a f lûte. C onçois d e m ême q ue c elui q ui t e p araît a ujourd'hui l e p lus i njuste d 'entre l es h ommes é levés a u m ilieu d es lois e t d e l a s ociété e st j uste e t h abile e n m atière d e j ustice ( 327d) si o n l e c ompare avec c eux q ui n e c onnaissent n i é ducation, n i t ribunaux, n i lois, n i a ucune a utorité q ui l eur i mpose l a nécessité d e c ultiver la vertu, e spèce d e sauvages semblables à c eux q ue le p oète P hérécrate 44 m it l 'an p assé s ur la s cène, a ux j eux L énéens 45 o C ertes, si t u avais à vivre avec d es h ommes tels q u'étaient les misanthropes d u c hoeur d e c ette p ièce, t u te croirais t rop h eureux d e r encontrer p armi e ux u n E urybate e t u n P hrynondas 46 , e t t u regretterais a mèrement (327e) la méchanceté des h ommes d e c ette ville, alors q ue t u fais à p résent le difficile, S ocrate; e t p arce q ue t out le m onde e nseigne l a v ertu, a utant q u'il e n e st c apable, il te p araît q u'elle n 'est e nseignée d e p ersonne! C 'est c omme si l 'on c herchait quels s ont c hez n ous les m aîtres d e l angue g recque, e t q ue l 'on j ugeât q u'il n 'y e n a a ucun! E t si t u c herchais d e m ême q uelqu'un e n é tat d 'instruire les enfants des artisans d ans le m étier q u'ils o nt a ppris d e l eur p ère, a utant q u'il a p u l e l eur a pprendre, e t d es a mis d e l eur p ère q ui e xercent l a m ême p rofession, quelqu'un, d isje, q ui f ût e n é tat d e l eur e nseigner q uelque c hose au-delà, j e p ense, Socrate, q ue t u trouverais difficilement des maîtres p our d e tels a pprentis. Mais tu n e serais pas e n p eine d 'en t rouver p our d es élèves t out à fait ignorants. J e n dis a utant d e la v ertu e t d es a utres c hoses semblables. L orsqu'on p eut r encontrer q uelqu'un q ui s oit u n p eu p lus capable q ue les autres d e n ous a vancer (328b) s ur le c hemin d e la vertu 47 , o n d oit s 'estimer h eureux.

« en beaucoup d'autres endroits à cette punition le nom de redressement, (326e) parce que la fonction propre de la justice est de redresser. Les soins que l'on prend, soit en privé, soit en public, pour inspi­ rer la vertu, étant tels que je viens de dire, t'étonnes­ tu, Socrate, et doutes-tu encore que la vertu puisse s' enseigner? Loin que cela doive te surprendre, il serait bien plus surprenant que la chose ne fût pas a1ns1. Pourquoi donc des pères vertueux ont-ils souvent des enfants tout à fait dépourvus de mérite? Apprends-en la raison. Il n'y a rien en cela d'extra­ ordinaire, si ce que j'ai dit plus haut est vrai, que, pour qu'une cité subsiste, (327a) aucun de ceux qui la composent ne doit être dénué de cette chose qu'on appelle la vertu. S'il en est ainsi, comme cela est incontestablement, prends pour exemple telle profession, telle science qu'il te plaira; suppose qu'il soit impossible qu'une ville subsiste, à moins que tous les citoyens ne soient joueurs de flûte, chacun plus ou moins bon, selon son talent, et que tous se don­ nent mutuellement des leçons de cet art, soit en privé, soit en public, de façon que l'on réprimande celui qui ne jouerait pas bien, et que l'on n'envie à qui que ce soit l'instruction en ce genre, de même qu'on n'envie et qu'on ne cache à personne la science de ce qui est juste (327b) et prescrit par les »

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