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L'art de 1930 à 1939 : Histoire

Publié le 18/12/2018

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ARCHITECTURE. Fidèle au fonctionnalisme prône par Le Corbusier. Auguste Perret et Robert Mallet-Stevens. la génération nouvelle se dresse contre le classicisme académique et la culture art déco. L'Union des artistes modernes, fondée en 1929. rassemble des talents aussi différents et pluridisciplinaires que Sonia Delaunay. Eileen Gray ou Jean Prouvé. La Maison de verre (1932) de Pierre Chareau prend le parti - révolutionnaire pour l'époque - d'une machine de lumière. Il est vrai que les matériaux nouveaux se prêtent aux prouesses formelles et techniques. Le quatrième CIAM (Congrès international d’architecture moderne) qui se tient en 1933 met en avant les audaces françaises aux dépens du rationalisme rigide des Allemands salué depuis des années. La charte d’Athènes trace dans ses grandes lignes les objectifs de la modernité. En 1937, l’Exposition universelle devient le théâtre de la réaction triomphante. L’Europe entière se détourne du style international et recourt, comme pour le palais de Chaillot, à l’inspiration gréco-romaine. Il faudra attendre les années soixante pour que soient appliquées les théories de Le Corbusier...

LE SURRÉALISME EN CRISE. À 1 origine, le surréalisme recherche exclusivement «la beauté convulsive» issue du hasard et du merveilleux. Cette quête, déjà, engendre une éthique: l’art et l’amour sont des entreprises d’émancipation; par la révolte libératrice et l’énergie de la passion, l’homme accède à la transfiguration du monde. Si, depuis 1924, le surréalisme connaît une flambée croissante, cet élan se brise, en 1929, sur l’écueil politique. Dès lors, la vie du mouvement est ponctuée de rituels: lettres injurieuses, scandales, déclarations fracassantes. André Breton, qui adhère au matérialisme marxiste mais veut préserver l’autonomie du groupe, devient la cible autant de ses anciens amis qui résistent à cette idéologie que de ceux qui, comme Louis Aragon, choisissent une soumission inconditionnelle au parti communiste... Plus que la discipline intellectuelle et spirituelle, ce sont désormais les discussions de salon qui animent le mouvement. Le surréalisme, en tant qu’événement littéraire et artistique majeur du xxe siècle, s'éteint. Alors même que s’opère un glissement du message breto-nien, le surréalisme entre dans l’histoire.

CINÉMA: L’ÂGE D’OR D’HOLLYWOOD. Après le krach de Wall Street, la production cinématographique diminue de 30 % aux États-Unis; mais la situation se redresse rapidement: 55 films en moyenne seront tournés chaque année pendant les «thirties». Les cinq «majors» (la Métro Goldwyn Mayer, la Twentieth Century Fox, la RKO, la Paramount et la Warner Brothers) sont les magnats du septième art. Si ce sont les vedettes qui font Hollywood, ce sont les producteurs qui font les vedettes. Et le cinéma aux débuts du parlant est une nouvelle mine lucrative qui suscite bien des convoitises! Avec la «guerre des brevets», les studios sont peu à peu placés sous le contrôle de compagnies privées soutenues par les banques Morgan et Rockefeller. Cédant à la pression, les majors adoptent des normes industrielles arbitraires, au risque parfois de standardiser les œuvres. Mais en général l'abondance des talents et des genres - comédie, film noir, film musical, épouvante, drame, aventure - préserve une création tributaire de ses mythes autant que du mercantilisme implacable. Plus que jamais, Hollywood se fait la «machine à rêves» de toute l'Amérique.

LE RÉALISME SOCIAL À L’ÉCRAN. En France, le passage au cinéma parlant s’opère entre 1929 et 1932. L'essor soudain de la production (entre 150 et 200 films par an) tient à une crainte générale de voir le marché envahi par des œuvres en langue étrangère. Le muet s’adaptait aux hangars et aux salles des fêtes; avec les impératifs nouveaux de l’acoustique, on assiste jusqu’à la guerre à une frénésie dans la construction de salles aussi prestigieuses que le Rex (1932). Paramount, Pathé-Nathan, Gaumont-Franco-Film-Aubert se partagent une production inégale. Dans leurs studios, il n’est pas rare que les films soient tournés en dix jours. Dans ce cas, on n'échappe pas à la médiocrité. Le cinéma-théâtre est sauvé, un temps, par les adaptations de Sacha Guitry et de Marcel Pagnol. La fiction est toujours amarrée à une époque inquiète: crise, souvenirs militaires, émeutes fascistes, Front populaire, menace de l’offensive allemande. Des réalisateurs comme René Clair, Jean Renoir, Marcel Carné, Julien Duvivier, Jean Grémil-lon signent de belles réussites qui doivent autant à la force poétique du scénario qu’à la tendresse un peu rude des comédiens.

LE ROMAN DES ANNÉES TRENTE. La génération qui s’impose vers 1930 - celle de Louis-Ferdinand Céline, André Malraux, Antoine de Saint-Exupéry, Louis Aragon, Georges Bernanos, Pierre Drieu La Rochelle - accuse l’incertitude qui pèse sur l’entre-deux-guerres et l’ébranlement des postulats scientifiques qui firent naguère les beaux jours du positivisme ; chez les romanciers «moralistes», comme André Gide ou Jacques Chardonne, l’analyse psychologique est plus crispée ; chez les «catholiques», tels François Mauriac et Julien Green, la foi apaise les affres du désespoir et la sécheresse de l’âme; les tenants du «roman-fleuve» - Jules Romain, Roger Martin du Gard, Georges Duhamel - aspirent à une peinture sociale telle que pouvait la pratiquer Balzac, c’est-à-dire susceptible de donner un sens au monde. La jeune génération ne s’en tient pas à ce constat passif: le roman doit dénoncer, éveiller les consciences. C'est à cette époque, rappelons-le, que les théories freudiennes pénètrent en France. Cette étape décisive pour une «efficacité» de la littérature ouvre la voie à Jean-Paul Sartre qui, en 1938, chasse tout romanesque de la Nausée.

THÉÂTRE: LE CARTEL DES QUATRE. L’entre-deux-guerres a ses partis pris: on ignore le seul dramaturge révolutionnaire, Claudel, et l’on porte aux nues la production théâtrale, brillante certes, mais sage de Giraudoux, Cocteau, Salacrou et Anouilh; du côté des animateurs, Marcel Herrand, Jean Marchât, Henry Bernstein sont éclipsés par le rayonnement infaillible de Sacha Guitry et du Cartel. Le Cartel? Une association de directeurs de théâtre, artisans soucieux de défendre leurs intérêts moraux et d’adopter une stratégie commune, rien de plus. La grande vedette qui rassemble tous les publics, Louis Jouvet, réactualise par son interprétation très libre des classiques comme ÏÉcole des femmes (1936). Charles Dullin fait figure de légende tant il se bat pour son art au mépris de toutes les privations. Gaston Baty, ce grand bourgeois, introduit pour la première fois en France le théâtre de Brecht - l’Opéra de quat’sous (1930) - peut-être en raison des possibilités scénographiques qu’il offre. Ludmilla et Georges Pitoëff, ces acteurs extraordinaires, misent sur la stylisation symbolique et initient toute une génération aux auteurs étrangers.

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