Devoir de Philosophie

Molière fait dire à Dorante que dans la tragédie, « l'on ne cherche pas de ressemblance » alors que dans la comédie, «  il faut peindre d'après nature ». Qu'en pensez-vous ? Vous expliquerez et discuterez cette remarque en vous aidant des textes corpus, des œuvres étudiées en classe et de vos lectures personnelles.

Publié le 09/05/2015

Extrait du document

Sujet : Molière fait dire à Dorante que dans la tragédie, « l'on ne cherche pas de ressemblance » alors que dans la comédie, «  il faut peindre d'après nature ». Qu'en pensez-vous ? Vous expliquerez et discuterez cette remarque en vous aidant des textes corpus, des œuvres étudiées en classe et de vos lectures personnelles.   Introduction :   La critique de L’École des Femmes, a été écrite par Molière en 1663 pour répondre à ses adversaires, jaloux du succès de L’École des Femmes, et en particulier à Corneille qui avait répliqué qu'il était beaucoup plus facile d'écrire une comédie qu'une tragédie. Dans cet extrait où Dorante affirme que la comédie est plus compliquée à écrire que la tragédie, elle expose ses arguments à Uranie et à Monsieur Lysidas. Dans la tragédie « l'on ne recherche pas de ressemblance » alors que dans la comédie « il faut peindre d'après nature ». A t-elle raison de porter une telle affirmation et ses arguments sont-ils recevables ? Dans un premier temps, nous développerons les arguments de Dorante, en faveur de cette affirmation. Dans un second temps nous nous demanderons si cette opposition entre tragédie et comédie est aussi nette dans son rapport à la réalité. Enfin, nous verrons qu'il est difficile d'affirmer que ce soit le souci de la ressemblance qui distingue la tragédie de la comédie, car les deux se réclament de la vraisemblance.   I/La tragédie ne recherche pas de ressemblance alors que la comédie peint d'après nature.   En effet, la comédie est une représentation de la vie ordinaire par son sujet, son style, elle fait rire. Ses personnages appartiennent à toutes les classes sociales mais particulièrement à la classe moyenne. Dorante dans La Critique de l’école des Femme dit que : «  On veut que ses portraits ressemblent; et vous n'avez rien fait, si vous n'y faites reconnaître les gens de votre siècle. » Chacun peut s'identifier dans les personnages d'une comédie. Ils incarnent un caractère général, Tartuffe, par exemple, est le symbole universel de l'hypocrisie, Harpagon dans l'Avare est un bourgeois avare. Les sujets ont un rapport à la société d'un temps et sont souvent des sujets de la vie privée ne posant pas de grands problèmes qui peuvent bouleverser la vie : La Préciosité qui a marqué la vie mondaine et littéraire du XVIIe siècle a inspiré Molière dans Les Précieuses ridicules.   Quant à la tragédie, ses sujets ont leur origine dans les légendes, les mythes (Phèdre de Racine) ou l'histoire. Les personnages tragiques ont un caractère extraordinaire, surhumain et passionné : Curiace dans Horace de Corneille préfère aller au combat pour défendre l'honneur de sa patrie plutôt que de privilégier son amour pour Camille en préservant sa vie. Antigone, dans la tragédie d'Anouilh préfère mourir plutôt que de vivre en renonçant à ses idéaux. La tragédie ne recherche pas de ressemblance également dans l'action qui fait abstraction du réel : l'auteur supprime tout ce qui n'est pas nécessaire à la crise : le comique, la vie ordinaire...   II/Cependant, la tragédie et la comédie ne sont pas si opposées dans leur rapport à la réalité.   Les auteurs de tragédie s'inspirent de faits historiques vécus : Racine dans Britanicus peint une période dramatique de l'histoire Romaine. Les événements sont aussi des agrandissements de ceux de la vie: dans le Cid, fâcherie de parents séparant des amoureux. Les sujets ont un rapport avec l'ordinaire et le quotidien. Les personnages de la tragédie sont passionnés, ils veulent aller jusqu'au bout de leur quête mais le lecteur peut quand même se retrouver à travers eux car il y a une vraisemblance psychologique, même si elle est amplifiée.   Dans les comédies de Molière, les personnages ne sont pas forcément ceux que l'on pourrait rencontrer dans la vie réelle. Leur trait de caractère est amplifié et caricaturé à l’extrême de sorte que le lecteur ne peut pas s'identifier à eux. Dorante parle « du ridicule des homme et des défauts de tout le monde ». Ils les laissent insensibles, sauf au rire. Harpagon est tellement avare qu'il en devient grotesque. Molière a puisé dans les écrits Antique pour certains de ses personnages, traits de caractère ou défauts : pour rédiger L’Avare, Molière s’est inspiré de l’Aulularia de Plaute.   III/Il semble donc difficile d'affirmer avec Dorante que se soit le souci de la ressemblance qui distingue la tragédie de la comédie. Les deux se réclament de la vraisemblance, même cela prend des formes différentes. Aulularia signifie « la petite marmite. » L’abbé de Marolles a publié en 1658 une traduction de Plaute, où Molière a pu lire également Amphitryon. ;   Dans la tragédie les auteurs veulent respecter une vraisemblance historique mais parfois ce n'est pas tout à fait vrai. Dans celle-ci, il y a toujours un scénario dramatique avec une fin malheureuse, ce qui n'est pas toujours le cas dans les événements historiques. Dans les comédies, c'est la vraisemblance de la vie quotidienne des hommes qui est mise en scène. Mais elle est amplifiée jusqu'à ce que ça en soit ridicule.   D'un coté comme de l'autre, ces deux genres littéraires amplifient le caractère des personnages : ils sont poussés à l’extrême. Le héros tragique préfère mourir ou renoncer à l'amour pour son honneur ou ses idées. Celui de la comédie nous fait rire car il est dénué de passion et ses défauts sont exacerbés. Dans les deux genres le spectateur éprouve du plaisir à regarder la pièce et s'instruit.   IV/Conclusion   Dans cet extrait de La Critique de L’École des Femmes, Molière par l'intermédiaire de Dorante veut exprimer son avis personnel : la comédie est plus difficile que la tragédie. Je suis du même avis que Molière. Je pense que la comédie est plus difficile non seulement à écrire mais aussi à jouer. Les sentiments éprouvés par le personnage comique, son aspect physique, les jeux de scène ou les situations doivent faire rire le spectateur. Lors d'une tragédie, déjà inspirée d'un événement historique ou d'un mythe, les personnages n'ont plus qu'à interpréter leur rôle comme il se doit pour que le spectateur soit ravi.  

« Ses personnages appartiennent à toutes les classes sociales mais particulièrement à la classe moyenne. Dorante dans La Critique de l'école des Femme dit que : «  On veut que ses portraits ressemblent; et vous n'avez rien fait, si vous n'y faites reconnaître les gens de votre siècle. » Chacun peut s'identifier dans les personnages d'une comédie. Ils incarnent un caractère général, Tartuffe, par exemple, est le symbole universel de l'hypocrisie, Harpagon dans l'Avare est un bourgeois avare. Les sujets ont un rapport à la société d'un temps et sont souvent des sujets de la vie privée ne posant pas de grands problèmes qui peuvent bouleverser la vie : La Préciosité qui a marqué la vie mondaine et littéraire du XVIIe siècle a inspiré Molière dans Les Précieuses ridicules.   Quant à la tragédie, ses sujets ont leur origine dans les légendes, les mythes (Phèdre de Racine) ou l'histoire. Les personnages tragiques ont un caractère extraordinaire, surhumain et passionné : Curiace dans Horace de Corneille préfère aller au combat pour défendre l'honneur de sa patrie plutôt que de privilégier son amour pour Camille en préservant sa vie. Antigone, dans la tragédie d'Anouilh préfère mourir plutôt que de vivre en renonçant à ses idéaux. La tragédie ne recherche pas de ressemblance également dans l'action qui fait abstraction du réel : l'auteur supprime tout ce qui n'est pas nécessaire à la crise : le comique, la vie ordinaire...   II/Cependant, la tragédie et la comédie ne sont pas si opposées dans leur rapport à la réalité.   Les auteurs de tragédie s'inspirent de faits historiques vécus : Racine dans Britanicus peint une période dramatique de l'histoire Romaine. Les événements sont aussi des agrandissements de ceux de la vie: dans le Cid, fâcherie de parents séparant des amoureux. Les sujets ont un rapport avec l'ordinaire et le quotidien. Les personnages de la tragédie sont passionnés, ils veulent aller jusqu'au bout de leur quête mais le lecteur peut quand même se retrouver à travers eux car il y a une vraisemblance psychologique, même si elle est amplifiée.   Dans les comédies de Molière, les personnages ne sont pas forcément ceux que l'on pourrait rencontrer dans »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles