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IMAGINAIRE (L'), 1940. Jean-Paul Sartre - étude de l'œuvre

Publié le 24/09/2018

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L'auteur fait état du pouvoir irréalisant de la conscience et de ce qui en résulte : l’imaginaire. Dans une démarche phénoménologique, est mise au jour la «structure intentionnelle» de l’image: créer de l’irréel est une intention de la conscience imageante. L'image est un rapport de la conscience à l’objet. Les propriétés de l’objet sont, dans ce contexte, identiques à celles de l’image. Il y a trois types de conscience: la perception, qui «apprend» l’objet, la pensée, qui ne l’apprend pas, et l’image, qui tient plus de la pensée que de la perception.

 

La conscience imageante ne précède pas son objet. Dans l’acte qui la constitue, elle le pose comme un néant : il est imaginaire. On réagit à l’objet comme s’il existait. Dans

 

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image active, il y a un écart entre image perçue et image créée. L'objet est représenté par le portrait, la caricature ou l’image simple. On le détermine d’après le mot, par imitation ou par schématisme. La conscience imageante relève donc d’un procédé psychique qui fonctionne comme équivalent de l’objet. C’est l’«analogon», que l’auteur dit ne pas pouvoir circonscrire

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« Demande d'échange de corrigé de Mouss Sam ( [email protected] ). \Sujet déposé : signification de l\'imaginaire L'Imaginaire, 1940, Jean-Paul Sartre. Il arrive parfois, au cours d'une conversation, que l'on évoque un évènement passé, en croyant l'avoir vécu,lorsqu'un doute s'empare de nous.

Et si nous l'avions imaginé ? La véracité de cette situation n'a plus rien decertain.

Aucun moyen ne permet de la vérifier, mais il est néanmoins sûr que l'évènement ait été perçu ou imaginé ;on a conscience de l'avoir ‘vécu' d'une manière ou d'une autre.

Le passé peut donc avoir l'effet d'unbrouilleur de pistes en ce qui concerne un objet ou un évènement vécu ou imaginé, à la façon de la buée sur unevitre.

Mais dans le présent, cette différence est indubitable ; et c'est là-dessus que s'interroge Jean-Paul Sartre,grand écrivain français et philosophe existentialiste du début de XXème siècle, dans cet extrait de l'Imaginaire.

Ilargumente ici pour montrer que la conscience se rapporte à la fois à la perception et à l'imagination, qui sont deuxnotions différentes, mais ce, de manière divergente.

C'est pourquoi, après nous être livrés à un examen méthodiquede l'argumentation de Jean-Paul Sartre, nous tenterons d'en proposer une vision plus critique. Dans un premier temps (l.

1 à 5), l'auteur sépare nettement la chaise sur laquelle il est assis, de la perception et del'imagination dont elle est l'objet.

Par la suite (l.

5 à 9) il affirme que l'objet de la perception et de l'imagination peutêtre identique, mais (l.

9 à 13) qu'il reste néanmoins toujours extérieur à la conscience, et c'est là sa thèse.

Enfin (l.13 à 17) il dit que, même si l'objet perçu ou imaginé est le même, la conscience s'y rapporte de manière différente. Dès la première phrase, Sartre dénonce ce qu'il considère comme incohérent: « Il serait absurde de dire que lachaise est dans ma perception » ; au sens où, selon lui, la perception et le fait de sentir la chaise et non la chaiseelle-même.

La chaise en tant qu'objet physique ne peut donc pas être dans la perception, car elle n'est pas quelquechose de matériel.La perception, du latin « perceptio » qui veut dire saisir, désigne le processus de recueil et de traitement desinformations transmises par les sens.

C'est-à-dire que lorsque nous percevons quelque chose, un objet externe,celui-ci est rapporté par un ou plusieurs de nos sens (dans le cas de la chaise c'est la vue ou le toucher) à notrepensée : c'est un transfert de sensations vers la conscience ; cela désigne la connaissance que l'individu a desactivités et des phénomènes de sensibilité qui se succèdent en lui.

Ainsi, la chaise est l'objet de la perception, quiest elle-même transmise à la conscience.

Il semble donc logique de dire que, comme l'affirme Sartre ici : « Maperception est (…) un certaine conscience et la chaise l'objet de cette conscience ».

Cette thèse estappuyée par le sociologue belge et Docteur en philosophie, Derrick de Kerckhove : « La perception n'est pas leconstat d'une réalité objective, elle est la négociation d'une présence au monde ».

Selon lui, la perception est le lienentre notre conscience et tout ce qui lui est extérieur ; elle est donc ce qui nous relie au reste du monde.Quant à l'imagination, du latin « imago » qui signifie image, elle n'est pas une transmission des sens à notre esprit,mais l'apparition d'une image dans celui-ci.

Elle n'a rien de physique ou de sensoriel ; ainsi, elle peut se faire les yeuxfermés, comme le fait l'auteur.

L'imagination relève donc de la représentation mentale de quelque chose qui a étéperçu au préalable ou non, et c'est pourquoi elle diffère de la perception.

Nicolas de Malebranche, dans son ouvrageDe la recherche de la vérité, explicite de manière concrète que l'imagination permet aussi de se représentermentalement des choses inexistantes, que l'on a par conséquent jamais perçues ; en effet il dit « qu'il arrive trèssouvent que l'on aperçoit des choses qui ne sont point, et qui même n'ont jamais été ».

Il donne différentsexemples, dont celui de la montagne d'or.

En effet, on peut douter de l'existence d'une telle montagne, mais mêmedans le cas où celle-ci existerait quelque part dans le monde, il est peu probable d'avoir déjà pu en contempler une.Néanmoins, il semble aisé pour chacun d'entre nous de se représenter mentalement une pareille montagne, c'est-à-dire de faire appel à son imagination pour produire l'image de quelque chose que l'on n'a jamais vu ni perçu ; maisque l'image ait déjà été perçue auparavant ou non, tout cela relève de l'imagination.

Par ailleurs, Sartre affirme que« une image de chaise n'est pas, ne peut pas être une chaise.

» En effet, une image est une représentationmentale, et cela n'a rien de l'objet physique qu'est la chaise.

La chaise et l'image de la chaise sont donc à dissocierclairement. En outre, qu'il s'agisse de percevoir ou d'imaginer un objet, Sartre écrit qu'aucune de ces deux actions ne peut «entrer dans la conscience ».

Mais tout d'abord, qu'est-ce que la conscience ? Le mot vient du latin « cum scientia »qui veut dire littéralement « avec connaissance », et selon les Principes de la philosophie de René Descartes celasignifie avoir la capacité de savoir ce qu'on pense.

La conscience c'est donc avoir connaissance de nos perceptionset imaginations immédiatement ; en d'autres termes c'est posséder la connaissance directe (sans intermédiaire end'autres termes) des phénomènes sensoriels et intérieurs qui se succèdent en nous.

Par exemple, lorsque l'on voitune chaise, on a conscience de la voir, on sait qu'on la voit ; il en va de même lorsqu'on ferme les yeux et qu'on sereprésente cette chaise.

Cependant, on pourrait supposer que l'image serait plus proche de la conscience que laperception, car dans le premier cas il s'agit d'une représentation mentale se déroulant dans l'esprit, alors que dans le2nd cas, il ne s'agit que de quelque chose d'extérieur, nécessitant l'intervention des sens, c'est-à-dire. »

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