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Kean ou Désordre et génie de Dumas

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dumas

Kean ou Désordre et génie

 

Comédie en cinq actes, en six tableaux, représentée aux Variétés le 31 août 1836 (publiée chez J.-B. Barba en 1836 et insérée dans le tome VI des Œuvres complètes parues chez Charpentier). L’idée originale de la pièce n’est pas de Dumas; elle lui a été proposée par Frédérick Lemaître, auquel Marie Théaulon et Frédéric de Courcy sont venus soumettre un manuscrit sur le sujet. Dumas, de toute manière, a fait l’essentiel du travail. L’ouvrage s’inspire d’un véritable personnage, d’un célèbre acteur anglais mort trois ans avant et que Dumas a pu voir en 1827; mais Dumas en fait aussi un personnage bien à lui, dans la ligne de ses précédents héros : débauché, coureur de tavernes, comédien, grand seigneur malgré sa naissance, il est également un porte-parole commode qui sait défendre une certaine vision dumassienne de la vie : « Avoir de l’ordre!... c’est cela, et le génie, qu’est-ce qu’il deviendra pendant que j’aurai de l’ordre?... Avec une vie agitée et remplie comme la mienne, ai-je le temps de calculer minute par minute et livre par livre ce que je dois dépenser de jours ou dissiper d’argent? »

 

En fait, il y a dans cette réplique plus qu’une justification personnelle de l’auteur; il y a surtout comme une sorte de résumé de l’idéologie romantique : l’artiste est un être d’exception, et il doit « payer » cette supériorité de l’art et du génie par une vie à la fois plus intense et moins longue. Il la paye aussi par cette espèce de mépris que l’acteur, tout admiré qu’il est, reçoit de la société : on voit là le lien entre Antony le bâtard et Kean le bateleur. Quoi qu’ils fassent, entre ces personnages et la société, il reste toujours une distance, une rupture qui empêche leur intégration, qui fait obstacle à leurs amours, les rend indignes.

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