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LORENZACCIO d'Alfred de Musset (analyse détaillée)

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musset

LORENZACCIO. Drame en cinq actes et en prose d'Alfred de Musset (18101857), publié dans Un spectacle dans un fauteuil à Paris à la Librairie de la Revue des Deux Mondes en 1834; réédition dans le deuxième volume de Comédies et Proverbes à Paris chez Charpentier en 1840.

 

Jugée trop dangereuse par la censure de Napoléon III qui ne tolérait pas le thème du régicide et peu adaptée à la scène, la pièce ne fut jouée, avec de nombreuses coupures, que le 3 décembre 1896 à Paris au théâtre de

la Renaissance. Elle triompha alors avec Sarah Bernhardt dans le rôle principal. Il faut cependant attendre 1925 pour que la pièce soit représentée dans sa quasi-intégralité, et 1927 pour que la Comédie-Française l'inscrive à son répertoire, conservant quelques suppressions qui persisteront dans les mises en scène ultérieures (citons celle de Jean Vilar avec Gérard Philipe en 1953).

 

Florence, un soir: le duc Alexandre de Médicis attend impatiemment avec Lorenzo, son cousin et entremetteur, une jeune fille « à moitié payée ». Dans la bourgeoisie et dans le peuple, on commente diversement le poids de la cour sur l’économie de la ville ; un des familiers d’Alexandre, Salviati, outrage Louise Strozzi. Après les adieux du marquis Cibo à sa femme, le cardinal, frère de celui-ci. tente de tempérer l’indignation patriotique de la marquise. Le duc rabroue un envoyé du pape qui réclame plus de sévérité envers les républicains, et un châtiment pour l’impie Lorenzo. lequel s’évanouit devant une épée. Les fidèles d’Alexandre affichent leur insolence. Catherine, la tante de Lorenzo, essaie de réconforter la mère de ce dernier, Marie Soderini (Acte I).

 

Malgré les conseils de son père, Pierre Strozzi décide de venger l’honneur de sa sœur Louise. Lorenzo raille Tebaldeo, jeune peintre épris de son art et de sa patrie, et le cardinal Cibo tente de se servir de la marquise, prête à succomber au duc. D’abord ému par sa mère, Lorenzo affirme son engagement républicain, mais Alexandre vient lui rappeler qu'il convoite désormais Catherine. Au palais Strozzi, Philippe s'inquiète. Le duc pose pour Tebaldeo en plaisantant avec Lorenzo ; sa cotte de mailles a disparu. Arrive Salviati, grièvement blessé, qui demande la tête de ses assaillants. Pierre et Thomas Strozzi (Acte II).

 

Lorenzo s'exerce avec son maître d'armes pendant que Philippe Strozzi se laisse convaincre par son fils Pierre de passer à l'action ; mais Pierre est arrêté. Lorenzo promet son aide et conseille la prudence. La marquise, d'abord importunée par le cardinal, tente d'infléchir la politique du duc, définitivement agacé par son patriotisme sentimental. Lors d'un souper de républicains, Louise meurt empoisonnée (Acte III).

 

Lorenzo promet au duc un rendez-vous avec Catherine pour le soir même dans sa propre chambre. La marquise refuse de servir les ambitions du cardinal et menacée par lui, avoue sa faute à son mari. Méditation de Lorenzo et désespoir de Philippe Strozzi qui renonce à agir contre le tyran. Lorenzo prévient les républicains, incrédules, qu’il tuera Alexandre. Pierre Strozzi décide de s'en remettre au roi de France tandis que Lorenzo songe aux derniers préparatifs et répète la scène du meurtre. Malgré les mises en garde, le duc se rend dans la chambre de Lorenzo où celui-ci l'assassine (Acte IV).

 

Sous l’influence du cardinal, on choisit un nouveau duc, Côme de Médicis. À Venise, Philippe félicite Lorenzo dont on apprend bientôt que la tête est mise à prix. À Florence, rien ne bouge et Lorenzo se laisse assassiner. Côme de Médicis prononce son discours d’intronisation (Acte V).

« républicains, Louise meurt empoisonnée (Ade Ill). Lorenzo. promet au duc un rendez-vous avec Catherine pour le soir même dans sa propre chambre. La marquise refuse de servir les ambi­ tions du cardinal et. menacée par lui, avoue sa faute à son mari. Méditation de Lorenzo et désespoir de Philippe Strozzi qui renonce à agir contre le tyran. Lorenzo prévient les républicains, incrédules, qu'il tuera Alexandre. Pierre Strozzi décide de s'en remettre au roi de France tandis que Lorenzo songe aux derniers préparatifs et répète la scène du meurtre. Malgré les mises en garde, le duc se rend dans la chambre de Lorenzo où celui-ci l'assassine (Ade IV). Sous l'influence du cardinal, on choisit un nou­ veau duc, Côme de Médicis. À Venise, Philippe félicite Lorenzo dont on apprend bientôt que la tête est mise à prix. À Florence, rien ne bouge et Lorenzo se laisse assassiner. Côme de Médicis prononce son discours d'intronisation (Ade V). Ni le titre de l'œuvre, qui met en valeur le personnage principal, ni les nombreuses coupures des scènes de rue lors des représentations, ne doivent tromper : Lorenzaccio est bien un drame romantique dans toute son ampleur, c'est-à-dire l'histoire d'une conscience tourmentée au sein d'un univers historique précis et foisonnant. Une œuvre qui est aussi probablement, même si elle n'a pas été écrite directe­ ment pour la scène (l'échec retentis­ sant de la Nuit vénitienne en 1830 avait détourné Musset de celle-ci), le meil­ leur drame romantique. Sa réussite tient d'abord à la haute tenue d'une langue à la fois diversifiée (selon les personnages) et unifiée (par sa nature rhétorique). Inscrite dans de nombreux réseaux métaphoriques, l'image, lon­ gue période poétique ou formule-choc expressive, surgit dans un jaillissement continu, concourant à une harmonie que l'on retrouve par exemple dans l'alliance, chez Lorenzo, entre l'exalta­ tion du moi et une ironie aiguë, vive et désinvolte. Avec son déploiement de formules brillantes, le langage parvient en outre à s'accorder aux exigences d'un dramaturge qui utilise avec aisance la variété et l'alternance, aussi bien pour les décors que pour la tona­ lité des scènes ou des répliques. Le drame est donc constamment soutenu par le double élan d'une langue et d'un rythme qui l'emportent avec brio vers son dénouement. Tout, dans Lorenzaccio, renvoie au substrat historique : la structure qui enserre l'intrigue entre des scènes d'extérieur, comme les multiples peti­ tes touches constituées par les propos des marchands ou des écoliers, des bourgeois ou des nobles dames, des proscrits ou des courtisans. Si, pour composer les quelques scènes histori­ ques d'Une conjuration en 1537, George Sand s'était fortement inspirée des Chroniques de Varchi (1502-1562), his­ torien sans complaisance de la Flo­ rence de 1527 à 1538, Musset, qui exploite le manuscrit de son amie, donne plus de vigueur encore à la vérité historique. Cependant, outre ses soubresauts qui témoignent d'une recherche de la liberté politique, la Renaissance ita­ lienne fournit également à l'auteur un univers saturé d'art, représenté dans l'œuvre par le jeune peintre Tebaldeo Freccia. C'est qu'après 1830, Musset se détourne des débats politiques pour approfondir ses méditations esthéti­ ques. D'où le discrédit du discours poli­ tique : les insurgés des Trois Glorieuses ressemblaient-ils aux républicains de 1537 ? Musset se montre probable­ ment aussi sévère envers les premiers que Varchi l'était envers les derniers. Plus admirable encore que l'âge d'or italien, l'Antiquité apparaît comme un modèle : «Je suis très fort sur l'histoire romaine», dit Lorenzo (Il, 4), et de citer Brutus dont il réclame l'histoire à sa tante Catherine. La confusion entre les deux Brutus, dont on ne sait si elle est volontaire, est riche de symboles : le modèle de Lorenzo est à la fois le »

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