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PAROLES. Recueil poétique de Jacques Prévert (résumé et analyse de l'oeuvre)

Publié le 27/10/2018

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Ce retour à la littéralité est souvent brutal et agressif à l'égard de tous les discours d'oppression : ceux de l'école, de l'armée et surtout de la religion. L'injure trouve sa place dans cette poésie. Qu'il combatte ses adversaires sur le terrain de leur propre langage (\"Pater noster\", \"Écritures saintes\") sans reculer devant le calembour : « Prendre le Messie pour une lanterne»; \"Martyr c'est pourrir un peu\", qu'il se montre irrespectueux jusqu'au blasphème, Prévert, tente toujours de conserver, au moins en apparence, humour et insouciance. Pourtant, comme chez les surréalistes dont il fut proche, le jeu n'est pas gratuit : telle la petite fille qui, lasse de jouer au cerceau, veut \"jouer à l'assassin\", il rend à travers les mots leur liberté aux fantasmes et aux pulsions. Le «rire enfantin», le «rire brut» est libérateur : il renverse les fausses valeurs, ces faux dieux, et permet le cri où s'impose l'évidence de la vie.

PAROLES. Recueil poétique de Jacques Prévert (1900-1977), publié à Paris chez Gallimard en 1949.

 

René Bertelé rassembla, après la Seconde Guerre mondiale, les textes que le poète avait disséminés dans différentes revues depuis les années trente (Commerce, Bifur, Cahiers GLM, Soutes, les Cahiers d'Art). Le titre du recueil, par le pluriel, assume cette multiplicité et cette diversité des poèmes, tout en les dotant d'une unité de ton et d'une spontanéité caractéristiques d'un langage poétique toujours en prise sur l'événement.

 

On pourrait opposer deux types de poèmes. La pièce brève est un instantané (\"l'école des Beaux-arts”. \"le Cheval rouge”), parfois daté et localisé (“la Belle Saison\"). Cette poésie de l'immédiat qurelle exprime la détresse d'un être ou chante l'amour (“le Jardin'), unit sowent un lieu précis au cosmos (\"'Automne') et rend solidaires dans la joie ou la souffrance les différentes parties de l'univers. La syntaxe très dépouillée, les mètres brefs (“Alicante\"). la justesse du trait servent au mieux ce projet. Les poèmes longs, plus nombreux. intègrent et donnent toute leur

« qui s'affirme aussi dans la célébration de l'amour de la femme dans un lit, « doux présent du présent >> ("Dans ma maison") ; l'amour qui libère les corps, la femme qui oblige à la vérité ("Rue de Seine").

Ainsi s'ouvre le chemin qui mène à l'évidence de l'être, à l'émer­ veillement : il faut non pas savoir, comme les adultes cruels ou les maîtres d'école, mais vivre, aimer ("Chan­ son"), laisser faire, regarder avec tolé­ rance ( « ]e les regarde 1 je les laisse faire 1 tous les oiseaux font de leur mieux ,,, "Au hasard des oiseaux").

Pour mener à bien son œuvre, Pré­ vert se donne l'innocence : non pas seulement celle des héros de ses poè­ mes ("la Promenade de Picasso"), mais aussi celle du langage ressourcé au réel, décanté de toutes les connotations qui le chargent et de toute l'hypocrisie qui le recouvre.

Il questionne les signes (" Dans ma maison"), à la recherche de l'« image simple et vraie » ("Aux champs ...

").

Ce retour à la littéralité est souvent brutal et agressif à l'égard de tous les discours d'oppression : ceux de l'école, de l'armée et surtout de la reli­ gion.

L'injure trouve sa place dans cette poésie.

Qu'il combatte ses adver­ saires sur le terrain de leur propre langage ("Pater noster", "Écritures saintes") sans reculer devant le calem­ bour : « Prendre le Messie pour une lanterne>>; "Martyr c'est pourrir un peu", qu'il se montre irrespectueux jus­ qu'au blasphème, Prévert, tente tou­ jours de conserver, au moins en appa­ rence, humour et insouciance.

Pourtant, comme chez les surréalistes dont il fut proche, le jeu n'est pas gra­ tuit : telle la petite fille qui, lasse de jouer au cerceau, veut «jouer à l'assas­ sin >>, il rend à travers les mots leur liberté aux fantasmes et aux pulsions.

Le «rire enfantin», le «rire brut» est libérateur : il renverse les fausses valeurs, ces faux dieux, et permet le cri où s'impose l'évidence de la vie.. »

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