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C'est à l'Elysée même que, en cette fin de matinée du mercredi 29 mai 1968, les ministres apprennent que le Conseil des ministres est annulé.

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C'est à l'Elysée même que, en cette fin de matinée du mercredi 29 mai 1968, les ministres apprennent que le Conseil des ministres est annulé. " C'est un canular ? " demande l'un d'entre eux. " Non ", répond un huissier. Mais le général... Le général est parti. Le Premier ministre même, Georges Pompidou, ne sait pas pour où le général de Gaulle est parti. Le bref coup de téléphone par lequel le général l'a informé de son départ s'est achevé sur ces mots qui l'ont laissé pantois : " Je vous embrasse ". Cette " disparition " du général de Gaulle signifierait-elle que le pouvoir est à ramasser ? Il a suffit de quelques semaines pour que la France passe de l'ennui à la chienlit. C'est le 15 mars 1968 que le monde a publié un article du chroniqueur Pierre Vianson-Ponté dont le titre Quand la France s'ennuie... a pu passer pour une boutade inquiète. S'il y écrivait que " la France est en paix depuis bientôt trente ans et qu'elle ni impliquée ni concernée où que ce soit dans

« anniversaire du retour au pouvoir du général de Gaulle, des millions de manifestants scandent ce slogan dans toute la France : Dix ans, ça suffit ! Ce qui n’empêche pas le général de partir dès le lendemain en voyage officiel pour la Roumanie. Quelques heures après son retour précipité, lors d’un conseil restreint consacré au maintien de l’ordre le 19 mai, le général déclare : “ La réforme, oui ; la chienlit, non. ” On évalue à quelques six millions le nombre des grévistes. Depuis le 14, depuis que les deux mille ouvriers de Sud Aviation à Château Bougon ont décidé de l’occupation de leur usine, l’exemple s’est multiplié. Et dix jours plus tard, ce sont dix millions de salariés qui ont cessé le travail. Ni le vote par le Parlement d’une loi d’amnistie relative aux manifestations étudiantes, ni l’allocution radiotélévisée du général de Gaulle qui annonce un référendum sur la participation, ni les négociations qu’engage Georges Pompidou avec le patronat et les centrales ouvrières n’apaisent l’extraordinaire mouvement qui tient de la kermesse, du meeting permanent et de l’émeute. Pas un politique qui semble avoir la moindre prise sur des événements qui ne sont pas une révolution mais qui tiennent du “ coup d’état d’esprit ”. Daniel Cohn-Bendit précise à Jean-Paul Sartre : “ La seule chance du mouvement, c’est justement ce désordre ”... Où est de Gaulle ? En cette fin de matinée du 29 mai, personne n’en sait rien. François Mitterrand s’est déclaré la veille candidat à la présidence de la République. Pierre Mendès France est prêt quant à lui à former un “ gouvernement provisoire de gestion ”... Où est de Gaulle ? Ce n’est qu’en fin d’après midi, un peu après 18 heures, que depuis Colombey-les-Deux Eglises, il fait savoir qu’il est de retour. Il rentre de Baden-Baden où il est allé voir le général Massu qui commande les troupes françaises stationnées en Allemagne. Il y a conjuré la tentation qu’il a eu de se retirer. Le lendemain, à la seule radio, il déclare : “ Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. ” Et de dissoudre l’Assemblée nationale, de reporter le référendum proposé quelques jours plus tôt. Dès 17 heures, des »

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