Devoir de Philosophie

Expliquer et commenter ce jugement porté sur la Quatrième République par un historien en 1983 : « Les Français pourraient peut-être admettre enfin que ce régime faible et méprisé n'a pas tout à fait démérité. » Jean-Pierre RIOUX, La France de la Quatrième République, tome 2. Éditions du Seuil.

Publié le 17/01/2022

Extrait du document


 
 analyse du sujet

 
 • Sujet de synthèse qui, sous une forme ou une autre, devrait devenir l'un des principaux sujets proposés, dans les années à venir, sur l'histoire de la France depuis 1940.
 
 • Il ne faut surtout pas se laisser aller à exposer l'ensemble de l'histoire de la IVe République : c'est un bilan, l'analyse des points faibles et des points forts qui est demandé.
 
 • Pourtant, comme le suggère J.-P. Rioux, on insistera davantage sur les nuances ou les circonstances atténuantes qui doivent tempérer les jugements, trop généralement critiques et trop sommaires, qui ont accablé la IVe République.
 
 • Ainsi, on peut expliquer par les circonstances, intérieures et extérieures difficiles, les faiblesses politiques du régime, insister sur ses succès économiques, mais sans oublier les faiblesses financière et monétaire et terminer, puisque c'est la raison majeure de sa chute, sur son impuissance à régler le problème colonial tout en évitant, encore une fois, de condamner en bloc.
 développement

« La menace soviétique hante les esprits à partir de 1947.

L'évolution des pays de l'Est et surtout le « coup de Prague», en février 1948, sont perçus comme des preuves de l'expansionnisme soviétique. • La France dans l'O.T.A.N.

La France est alors incapable d'assurer seule sa propre sécurité, d'autant plus qu'unepartie des meilleurs éléments de son armée est engagée en Indochine.

La doctrine Truman, en mars 1947, rassuredans la mesure où elle affirme la volonté américaine de « containment ».

Cet engagement américain se confirmeavec la signature de l'Alliance atlantique à laquelle adhère la France. • La France accepte le réarmement allemand.

Au début des années 1950, le projet de C.E.D.

répond au double soucide faire participer une Allemagne, jugée démocratique, à la défense de l'Europe tout en écartant toute possibilité derenaissance du militarisme allemand par l'intégration de la Bundeswehr à l'armée européenne.

Le projet signé par lesgouvernements et ratifié par la plupart des parlements des « Six », se heurte toutefois, en France, à la doubleopposition des communistes qui dénoncent les objectifs, évidemment antisoviétiques, de la C.E.D.

et des gaullistesqui refusent d'admettre que les armées françaises puissent se diluer dans un ensemble militaire intégré où ellesperdraient leur liberté d'action.

A cette hostilité, s'ajoute celle du poids des nombreux députés, pris individuellement,qui craignent que, comme après 1935, le réarmement ne précède le militarisme allemand ou qui ne peuvent admettreque les fils des victimes des crimes de 1940-1945 puissent éventuellement être placés sous le commandementd'officiers allemands dont le passé politique n'est pas toujours limpide.

Finalement, soumis à l'Assemblée par P.Mendès France, le projet est repoussé.

La France doit cependant se résigner à souscrire aux accords de Paris quiconsacrent le réarmement allemand mais dans le cadre de l'O.T.A.N.

cette fois. • L'armement nucléaire.

La France ne doute pas que sa sécurité passe avant tout par la solidarité atlantique.Cependant, elle refuse de s'en remettre aux seules décisions américaines en ce qui concerne l'emploi des armesnucléaires.

La IVe République et notamment le gouvernement de Mendès France poussent donc les recherches dansce domaine.

De Gaulle, dès son retour au pouvoir, n'aura donc qu'à poursuivre dans la voie déjà tracée pour rendreplus rapidement opérationnelle ce qui sera la force de frappe française, pierre angulaire de toute l'indépendancefrançaise en matière de sécurité. II.

Un esprit novateur Discrètement mais efficacement, la IVe République a su assumer la reconstruction d'un pays dévasté et orienter lamodernisation d'un appareil productif dont le développement était, depuis longtemps, freiné par la pesanteur destructures archaïques. 1.

La reconstruction et la modernisation • La reconstruction, amorcée dès la Libération, est menée à bien, grâce notamment à l'aide du plan Marshall.

Elles'accompagne d'un effort de modernisation : la restructuration des entreprises favorise leur concentration, les biensd'équipement sont multipliés et modernisés, la productivité s'accroît rapidement.

Un nouveau dynamisme animel'économie française comme le souligne la croissance forte et régulière. • La planification.

Les progrès accomplis sont certes le fait des travailleurs et des entreprises.

Mais la IVeRépublique a su harmoniser ces efforts par le biais d'une planification souple, déterminant les objectifs prioritairesque l'État, par ses multiples interventions, investissements publics, aides, politique de crédit, contribue à réaliser. 2.

Le cadre européen Renonçant au frileux protectionnisme de la France d'avant-guerre, la IVe République sut ouvrir progressivementl'économie française sur le monde, et d'abord sur l'Europe. • Le plan Schuman, en 1950, propose la création d'une communauté et d'une politique économique commune portantsur deux produits alors essentiels, le charbon et l'acier.

La C.E.C.A.

voit effectivement le jour en 1952. • Le traité de Rome, instituant la C.E.E., est signé en 1957. Surmontant l'échec de la C.E.D., les dirigeants de la IVe ont su poursuivre le processus de la constructioneuropéenne qui ouvre à la France un marché de 180 millions de consommateurs mais qui, en même temps, est unpari sur le dynamisme économique de l'économie française qui aura à affronter la vive concurrence de sespartenaires. 3.

Le handicap de l'inflation Pourtant l'audace et le succès de la politique économique de la IVe s'accompagnent de graves déséquilibres liés àune forte inflation. • Les hausses des prix handicapent la compétitivité des produits français.

Les balances commerciales sont le plussouvent déficitaires et les maigres réserves de devises sont vite épuisées.

Il fautalors emprunter, mendier auprès des financiers, surtout américains et, à plusieurs reprises, dévaluer le franc.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles