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L’épuisement des troupes grandit, et la paix est toujours hors de portée

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L’épuisement des troupes grandit, et la paix est toujours hors de portée

1917

Épuisé, un soldat français dort dans une église en ruine (1918).

Des millions de soldats de tous les pays disparaissent sur les champs de bataille et des millions de civils meurent de faim. À partir de 1917, l'enthousiasme du début fait place à la résignation et au désir de paix, voire aux mutineries.

Les paroles prononcées par l'empereur Guillaume Il au début de la guerre en août 1914 résonnent encore aux oreilles des soldats et des civils allemands : « Vous serez de retour avant que le feuillage des arbres ne soit tombé >> ! Le gouvernement comme les soldats croient également à une victoire rapide. Toutes les réserves stratégiques sont donc calculées en fonction d'une guerre de courte durée. Dès le premier hiver, les provisions en cuivre et en charbon, en coton et en plomb, en pétrole et en phosphates

 

s'amenuisent de façon dramatique du côté allemand.

1917

« �puisé, un soldat français dort dans une église en ruine (1918 ). L'épuisement des troupes grandit, et la paix est toujours hors de portée Des millions de soldats de tous les pays disparaissent sur les champs de bat aille et des millions de civils meurent de faim. À pa rtir de 1917 , l'enthousiasme du début fait place à la rés ignation et au dés ir de paix, voire aux mutineries. L es paroles prononc ées par l' emp ereur Guillaume Il au dé but de la gu erre en août 1914 résonnent encore aux orei lles des soldats et des civils alle mands : « Vous serez de retour avant que le feuillage des arbres ne soit tomb é >> ! Le gouvernement comme les soldats croient également à une victo ire rapide. Toutes les réser ves strat égiques sont donc calculées en fonction d'une guerre de cou rte durée. Dès le prem ier hi ver, les provisions en cuivre et en charbon, en coton et en plomb, en pétro le et en pho sphates s'amenuisent de façon dramatique du côté allemand. Les interminables queues devant les magasins deviennent le lot quoti dien. Les prix flambent pour des produits tels que la viande et le poisson, le lait et les œufs. Dans l'Empir e alle mand, la ration de pain est d'abord fixée à 225 g de farine par jour et par personne, puis tombe jusqu'à la fin de la guerre à 160 g. C'est la grande époque des produits de substitution, du miel artificiel en passant par le café de gla nds. Cepen­ da nt, tout ne peut être remplacé. En 1916 , la récolte de pommes de terre est incroya bleme nt mauvais e, n' att eignan t que la moitié de la récolte d'avant-guerre. À la fin de l'an née, on ne vend plus que des navets. C'est avant tout les couches les plus pauvres de la population qui commen cent à éle ver leurs voix contre la guerre. Au début , se produisent des grèves, qui trouvent un nouvel élan avec la révo lution rus se de février. Elles gagn ent l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Fra nce en 1917 pour atteindre leur apogée en jan vier 1918 en Allemagne et en Autriche -Hongrie. En répress ion, des milliers de meneurs doivent partir au front. En 1917 , les premiers signes de découragement apparaissent égale- ment dans l'armé e ; désertions et muti neries se pro duis ent à un rythme alarmant. Dans les grandes ga res en Allemag ne, dive rses organ isations aident les soldats à déserter avant leur retour au front. Dans la marine, on assiste à des refus d'ob éissance, essentiellement dus aux humil iations et aux mauvais traitements subis par les équip ages. Au débu t d'a oût 1917, une mutinerie éclate sur le navir e de ligne allemand Prinzregent Luitpold. La répres sion est terri ble : deux peines de mort, ainsi que de longues peines de réclusion. Mutin français exécuté à Verdun En avril 1917, de nombr euses mutineries secouent égaleme nt l'ar mée franç ais e. Tous les corps d'armée protestent, au moment où une nouv elle marche au front est ordonnée. Les dema ndes des soldat s concernent une organi­ sation plus humaine des per­ mi ssions et de meilleur s soins. Le général Pétain y mettra fin avec une terrible sévérité : de nombreux sold ats sont fusillés au terme de procès iniques. Au-delà du décourageme nt, il y a une autre raison à ces mouvements : la du reté des com bats. Lorsqu'ils sont dans l'enfer du front, les soldats ne se battent que pour leur survie. Ce n'est qu'avec le ret our vers l'a rrièr e qu'app araît dans leurs conscienc es le caractère contestable de leur action, si bien que beaucoup refusent de retourner au combat. les opposants célèbres à la guerre 1843-1914 Bertha von Suttner Son roman Bas les armes ! fait la gloire mondiale de cette Autrichienne en 1889. Cette fémin iste devient une émi nente représentante du pacifisme. À partir de 1891, elle est vice-présidente du burea u international de la paix à Berne. Elle est à l'origine du prix Nobel de la paix, qu'elle est la première femme à obt enir en 1905. 18 59-1914 Jean Jaurès 19 17 Jaurès, chef de file des Bertha von Suttner soci alistes réformateurs français, est attaqué en raison de sa position face à l'Em pire al lemand, se déclarant prêt à trouver un accord. Au milieu de l'année 1914, il propose une grève générale comme moyen d'empêcher la guerre. Ce pacifiste est assassiné le 31 juil let 1914 à Paris par le nationalis te Raoul Villain. 18 70 -1919 Rosa Luxemburg Cette socialiste allemande appelle les ouvriers à lutter par des actions massives contre le mili tarisme et la guerre impérial iste. En février 1914, Rosa Luxemburg est condam­ née à un an de prison pour incitation à la désobéissance puis placée en « quartier de sécurité >> entre 1916 et 1918. Elle est assassinée en 1919 1870-1 924 Vladimir lllitch Oulianov dit Lénine Lénine rentre à Petrograd en avril 1917 après un exil en Suisse. Pour pouvoir assurer la victoire du bolchevisme, il signe la paix avec l'Allemagne apr ès une guerre que les Rosa Luxemburg bolcheviks tentèrent à tout prix d'empêcher. Le président du conseil des commissa ires du peuple fonde l'URSS en 1922. 1872-1970 Bertrand Russell Pendant la Première Guerre mondiale, ce phi losophe et mathématicien est un des pacif istes anglais les plus actifs. On lui retire sa chaire de profess eur à Cambridge , et on le condamne en 1918 à six mois de prison. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rompt avec le pacifisme pour combattre les nazis. »

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