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L’intelligentsia FRANÇAISE de 1930 à 1939 : Histoire

Publié le 17/12/2018

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histoire

L’intelligentsia

 

FRANÇAISE

 

Pour un contemporain de 1930, il ne fait aucun doute que l’intelligentsia française, encore considérée de par le monde comme la plus prestigieuse, est nettement ancrée à droite, même si une observation rétrospective conduit plutôt à mettre en lumière les signes d'une sensible évolution vers la gauche, qui ne sera cependant décisive qu’à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, le principal hebdomadaire littéraire de la décennie par son tirage comme par la réputation de ses signatures, Candide, se trouve être étroitement lié à l’Action française, par l’intermédiaire de son éditeur (Arthème Fayard), de son directeur (Jean Fayard) et de son inspirateur (l’historien Pierre Gaxotte). Sans doute la condamnation pontificale qui a frappé P Action française en 1926 a-t-elle profondément troublé les esprits et entraîné l’éloignement de catholiques fervents, comme le philosophe Jacques Maritain qui, avec Humanisme intégral (1936), répondra clairement à la doctrine maurrassienne du «nationalisme intégral». Mais l'influence de Charles Maurras demeure forte dans la société intellectuelle jusqu’à la guerre, au-delà même de l'audience directe du quotidien de la rue de Rome ou de sa Revue universelle, dirigée par Henri Massis. Il n'est pas nécessaire alors de suivre toutes les conclusions politiques du maître à penser, notamment son monarchisme, pour en partager l’autoritarisme, le nationalisme et la xénophobie.

 

La crise économique et culturelle occidentale contribue de surcroît à exciter la verve polémique d’hommes de droite plus connus jusque-là comme écrivains de fiction, tels Marcel Jouhandeau ou Paul Morand. En 1935, une dizaine de membres de l’Académie française ainsi que des écrivains populistes et populaires comme Marcel Aymé et Pierre Mac Orlan signeront une pétition très ferme Pour la défense de l'Occident: dû à l'initiative d'Henri Massis, le texte manifeste la volonté de soutenir l’Italie fasciste dans sa guerre d’invasion contre l'Éthiopie.

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« directeur (Jean Fayard) et de son inspirateur (l'historien Pierre Gaxotte).

Sans doute la condamnation pontificale qui a frappé l'Ac­ tion française en 1926 a-t-elle profondément troublé les esprits et entraîné l'éloignement de catholiques fervents, comme le philosophe Jacques Maritain qui, avec Humanisme intégral (1936), répondra clai­ rement à la doctrine maurrassienne du .

Mais l'influence de Charles Maurras demeure forte dans la société intellec­ tuelle jusqu'à la guerre, au-delà même de l'audience directe du quoti­ dien de la rue de Rome ou de sa Revue universelle, dirigée par Henri Massis.

Il n'est pas nécessaire alors de suivre toutes les conclusions politiques du maître à penser, notamment son monarchisme, pour en partager l'autoritarisme, le nationalisme et la xénophobie.

La crise économique et culturelle occidentale contribue de surcroit à exciter la verve polémique d'hommes de droite plus connus jusque-là comme écrivains de fiction, tels Marcel Jouhandeau ou Paul Morand.

En 1935, une dizaine de membres de l'Académie française ainsi que des écrivains populistes et populaires comme Marcel Aymé et Pierre Mac Orlan signeront une pétition très ferme Pour la défense de l'Occident: dû à l'initiative d'Henri Massis, le texte manifeste la volonté de soutenir l'Italie fasciste dans sa guerre d'invasion contre l'Éthiopie., A vrai dire, au début de la décennie, les regards à la re­ cherche de signes avant-coureurs d'un renouvellement intellectuel ne se portent pas tant sur la gauche que sur un ensemble composite de petits groupes qui s'expriment par l'intermédiaire de revues et de manifestes, et que des historiens ont plus tard propos� de réunir sous le vocable de «non·conformistes des années trente».

A y regarder de plus près, les tentatives de ces intellectuels trouvent leur origine dans la décennie précédente, antérieurement à la crise de 1929, et indépen­ damment d'elle, mais en relation directe avec le traumatisme de la Grande Guerre, qui a durablement terni l'optimisme libéral qui était de mise au début du siècle.

La Jeune Droite, d'extraction maurrassienne, qui s'exprime par exemple dans les Cahiers de Jean-Paul Maxence, et dont Thierry Maulnier fut sans doute la personnalité la plus forte, rejoint dans cette mouvance les néo-proudhoniens du mouvement Ordre nouveau, ani­ mé par Arnaud Dandieu et Robert Aron (Décadence de la nation française, 1931; la Révolution nécessaire, 1933) ou le groupe plus spiritualiste qui s'organise à partir de 1932 autour de la revue Esprit, de ses équipes décentralisées et des propositions. »

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