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Il n'y a pas de vrai sens d'un texte. Pas d'autorité de l'auteur. Quoi qu'il ait voulu dire, il a écrit ce qu'il a écrit. Une fois publié, un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise et selon ses moyens

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Le sens d'un texte peut se déterminer par l'intention qu'a l'auteur lorsqu'il rédige son œuvre. Cependant, il existe une condition indispensable qui réside dans le fait, ou la nécessité, de comprendre ce dont il n'avait pas l'intention. L'intention se trouve être un critère nécessaire à la compréhension du sens véritable d'un texte. Il semble donc n'y avoir qu'une seule interprétation correcte d'une œuvre, similaire voire identique à l'intention première de l'auteur. Cependant, dans ses Œuvres, Valéry développe l'idée selon laquelle « Il n'y a pas de vrai sens d'un texte. Pas d'autorité de l'auteur. Quoi qu'il ait voulu dire, il a écrit ce qu'il a écrit. Une fois publié, un texte est comme un appareil dont chacun peut se servir à sa guise et selon ses moyens «. Néanmoins, est-il seulement possible de rejoindre cet idéal qu'est la compréhension de l'intention de l'auteur ? Tout d'abord, il existe de multiples interprétations possibles d'une œuvre du fait des différents types lecteurs. De plus, c'est l'interprétation du lecteur qui permet de donner un sens au texte. Enfin, il existe un lien intime entre le lecteur et l’œuvre. L'auteur peut généralement apparaître comme étant celui qui s'efforce de transmettre un message. Or, dans le processus littéraire, la lecture est première. C'est pour cette raison qu'une œuvre n'a pas de sens unique. Quel est le rôle de l'intention de l'auteur dans l'interprétation ? L'interprétation que le lecteur fait du texte est-elle toujours une affirmation de l'auteur ? Le lecteur a la possibilité de s'approprier un texte car son auteur ne peut imposer sa propre vérité. Valéry soutient cette idée lorsqu'il explique que « quoi qu'il ai voulu dire, il a écrit ce qu'il a écrit «. Ainsi, lorsqu'il soutient qu'« il n'y a pas d'autorité de l'auteur « il veut probablement dire que nous ne pouvons pas croire que ce que l'auteur a écrit est une vérité absolue. De plus, ce serait comme admettre la toute puissance de l'auteur alors qu'il semble paradoxal de ramener un texte à son auteur. En effet, le rôle du lecteur est primordial. Tout d'abord, c'est lui qui permet à une œuvre de perdurer dans le temps, sans lui, le texte n'a pas lieu d'être. De plus, il est impossible de contrôler l'interprétation que se fait un lecteur d'un texte. Dans Adolphe de Constant, le protagoniste a reçu une éducation de prince. Il préfère cependant tout quitter pour Ellénore, une femme de dix ans plus âgée que lui. Dans cette œuvre, l'amour apparaît comme étant plus fort que la société. Cependant, chaque lecteur est libre d'avoir son avis propre sur le sujet. Si certains peuvent admirer leur courage d'être passés outre les valeurs et normes de la société, d'autres peuvent ne pas approuver ce comportement voire en être choqué, ce qui est tout à fait légitime au XIXe siècle. Montaigne soutient également cette thèse selon laquelle il n'y a pas de vérité mais uniquement des points de vue. C'est...

« pour Ellénore, une femme de dix ans plus âgée que lui. Dans cette oeuvre, l'amour apparaît comme étant plus fort que la société. Cependant, chaque lecteur est libre d'avoir son avis propre sur le sujet. Si certains peuvent admirer leur courage d'être passés outre les valeurs et normes de la société, d'autres peuvent ne pas approuver ce comportement voire en être choqué, ce qui est tout à fait légitime au XIXe siècle. Montaigne soutient également cette thèse selon laquelle il n'y a pas de vérité mais uniquement des points de vue. C'est ce qu'il appelle le relativisme et c'est pour cela que l'enseignement passe par l'esprit critique, c'est-à-dire la nécessité d'être capable de juger par soi-même. Dans ses Essais, il livre pensées et expériences afin de dessiner les contours d'une sagesse. Cependant, est-il possible de distinguer différentes sortes de lecteurs qui justifierait la multitude d'interprétations possibles ? Si le texte peut être assimilé à un appareil alors le lecteur peut s'en servir selon ses envies ou besoins. C'est pourquoi ce dernier peut être double. Nous pouvons distinguer le lecteur passif du lecteur actif. Le premier est discipliné, et cherche comme à s'oublier dans l'oeuvre. Guehenno pourrait assimiler cette lecture de distraction à une fausse lecture. Son objectif principal est de se plonger dans un autre univers afin de se détourner de la réalité. Le second lecteur, plus énergétique, est celui qui se sert du texte comme d'un appareil, et cherche par le moyen de l'oeuvre à en tirer le maximum et optimiser les connaissances qu'il est possible d'acquérir. En opposition avec la fausse lecture, cette lecture est valorisée par Guehenno car elle correspond à la définition qu'il donne de la lecture dans Carnets du vieil écrivain.Cependant, il ne rejette pas pour autant la fausse lecture, elles s'ajoutent et se complètent car les deux font partie du processus de lecture. La passivité au cours de la lecture est fonction de la culture personnelle, du tempérament, de l'âge et du sexe du sujet. Mais elle est aussi une affaire de civilisation. Dans Les Mots, Sartre prône la thèse selon laquelle l'acte de lecture précède l'acte d'écriture. Cette première étape est, pour lui, à la base de la construction d'une personne. L'attitude du lecteur dit passif est univoque, il se contente presque de ce que l'auteur a écrit. En revanche, l'attitude du lecteur actif est ambivalente et complexe. Il peut vivre ou rejeter ce qu'il lit. Il est à la fois crédule et naïf, mais également comme dédoublé en un lecteur de « bonne foi » et de « mauvaise volonté » selon les dires de Valéry. Ainsi, son rapport au texte peut devenir conflictuel. De plus, ce type de lecteur peut avoir tendance à refuser de se laisser réduire au texte. La distinction entre deux lecteurs implique nécessairement l'existence de multiples »

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