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LA LANGUE FRANCAISE EST-ELLE EN DANGER ? FAUT-IL DEFENDRE LA LANGUE FRANCAISE ?

Publié le 22/02/2012

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Paul VALERY disait, à propos de la langue française qu'« elle ne chante pas » (« Le français, bien parlé, ne chante presque pas » - in Regards sur le monde actuel. 1945: Images de la France). Comme tout système linguistique, la langue française s'entend d'un ensemble de signes oraux et graphiques, d'un ensemble de manières, d'expressions et de vocabulaire qui ont pour fonction de permettre la communication des hommes entre eux au sein d'un groupe constitué. A ce titre, son caractère de cohésion sociale est-il net. Aussi, la langue a-t-elle été analysée comme un élément fondateur de la nation par les Romantiques Allemands tels que HERDER et FICHTE qui ont émis la théorie du « nationalisme objectif » selon lequel la langue est un référent de l'identité collective au même titre que la culture. De ce fait, l'attachement d'une patrie à sa langue maternelle, nationale, est-il fort. S'agissant de la langue française, langue de la République selon la révision constitutionnelle de 1992 qui a ajouté un alinéa à l'art.2 Const., parmi les autres signes distinctifs de la souveraineté française et ses symboles (hymnes, drapeaux…), une évolution s'est dessinée au point que, depuis l'après-guerre et surtout depuis deux décennies, la langue française paraît décliner, menacée. Si notre langue se reconnaît à présent, de façon constitutionnelle, par son unité, celle-ci s'est réalisée au fil des siècles lorsque les rois de France ont entrepris d'unifier le Royaume, puis imposé la langue française dans les actes judiciaires (Ord de Villers Cotterêt 1539) ou par le recours à l'éducation (avec les lois FERRY et les « Hussards noirs de la République » dés 1880). De ce fait, du français, dialecte vulgaire aux lettres modernes, des oeuvres littéraires de notoriété ont vu le jour, accordant à notre langue ses lettres de noblesse, un prestige international que traduisait le fait que le français soit la langue officielle, des palais et que ces derniers recouraient aux services d'intellectuels de notre pays. Or ce prestige a perdu de sa superbe, relayé aujourd'hui par la suprématie anglo-saxonne. Dans ces conditions, l'unité linguistique nationale n'est pas davantage acquise avec la résurgence des dialectes locaux, ancestraux, minoritaires, signes de traditions orales en « survie », phénomène que la régionalisation amplifie désormais. Dés lors, les forces et les faiblesses de la langue française apparaissent. A-t-elle un horizon positif ? Est-elle menacée ? Faut-il la défendre ? Par quels moyens ? En conséquence, fait social indéniable et instrument de cohésion nationale, la langue française qui se conjugue avec le plurilinguisme sur son propre territoire, apparaît sans conteste menacée (I). Toutefois, son orgueil, sa place dans le monde des affaires ou culturel, au-delà de sa place parmi les pays les plus riches G8 , lui donnent des moyens pour résister (II).
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« B) Le déclin manifeste de la langue française, altérée de l'intérieur.-La dénaturation linguistique.La dépréciation de la langue française et son altération constituent deux aspects contemporains. D'une part,l'apparition du « verlan » et le langage des jeunes, caractérisé par son flou et sa contraction, dense. D'autre part, ledéveloppement du « franglais », la simplification via les SMS débouchent sur des néologismes. Néanmoins, encontrepointde ces « ressources », il faut constater une nette progression de l'illettrisme chez les plus jeunes (10 à 15 % chezles élèves de6èmee) et une orthographe en chute libre…Cette dépréciation a ainsi pour effet une perte de sens de la langue de même que la standardisation du langage,notamment par le biais des médias et de la radio : pauvreté des débats et recours aux formules chocs, avec arrière-pensée auregard du vocabulaire, riche).-Une concurrence interne.La langue de la République, consacrée constitutionnellement doit s'affirmer aujourd'hui face à l'émergence, larésurgence des dialectes locaux et des langues minoritaires. La loi const de 1992 a établi que le français était LAlangue de laRépublique, alias la langue officielle et unique.Evoquer le problème de la ratification de la Charte en 1999. Cependant relever que le plurilinguisme est un faitétabli, car il est question d'une coexistence problématique de ces diverses « langues ». Sur ce, la valorisation et lapromotiondes langues régionales portent-elles atteinte à l'identité nationale ? N'assisterait-on pas à un renversement, fruit del'histoire :de l'école républicaine contre les dialectes à l'école républicaine accueillant les dialectes ? S'agit-il d'un facteur réeld'enrichissement ? d'une menace pour l'unité et l'identité de la République ? (crainte d'un régionalisme ethniciste).En conséquence, cela présente des menaces sérieuses qui ont déjà entamé la réputation de la langue française.Cependant, demeurent des espaces où celle-ci peut maintenir son rôle et sa place, d'où l'organisation d'unerésistance, àencourager. IIème Partie : DES MOYENS DE RESISTANCE A UTILISER L'écrivain et essayiste MINC préconise l'acceptation de l'anglais comme langue de l'Europe au nom de sonefficacité. Cependant, la langue française peut toujours s'affirmer tant elle peut arguer de sa présence à l'étrangercommelangue vivante secondaire, en dehors des anciennes colonies, ainsi que des programmes universitaires et scolairesEuropéens(SOCRATES, EUREKA) A) Des mécanismes d'ouverture comme recours d'un renouveau de la langue française.-La symbolique de la Francophonie.Peuvent être ici énoncés les domaines de la coopération culturelle, économique et politique qui est un idéalcaractérisépar sa diversité de public de même que par l'esprit de fraternité qui le guide. Création en 1984 du Haut Conseil de laFrancophonie, de composition internationale. Automne 2002 : sommet de Beyrouth où celui-ci est perçu comme uninstrument politique en devenir.-La symbolique de l'intégration.La diversité des cultures, et par extension, des langues et traditions est une richesse, ce qui n'empêche pascependant des problèmes de coexistence. Par nature, la France est une terre d'intégration dans laquelle l'école ajoué le rôlede creuset social.L'enseignement des langues minoritaires à l'école peut en ce sens constituer un facteur d'enrichissementd'autant lus que les langues obéissent à une « loi naturelle » dans le sens où celles-ci procèdent par emprunt etévoluent enpermanence (ex : la colonisation de l'Algérie a donné lieu à une ouverture du vocabulaire à des termes algériens telsque« Gourbi » ou « kif-kif »…).De ce fait, cette situation de renouvellement permanent est le signe d'une bonnesanté non pascelui d'une mort annoncée. B) La possible conjugaison des mécanismes d'ouverture avec des processus de résistance par la défensive ou leprotectionnisme.-L'inévitable domaine de l'exception culturelle.La langue, pour les théoriciens du nationalisme allemand (HERDER, FICHTE) est une part de l'âme d'une »

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