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Tout est dit et l'on vîent trop tard, depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes et qui pensent. Sur ce qui concerne les moeurs, le plus beau et le meilleur est enlevé; on ne peut que glaner après les anciens et les habiles d'entre les modernes. Que faut-il penser de cette opinion de La Bruyère, au chapitre « Des ouvrages de l'Esprit »,dans les « Caractères » ?

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esprit

Dans son chapitre Des ouvrages de l'Esprit, La Bruyère déclare que, depuis longtemps, tous les sujets susceptibles d'être envisagés ont été traités. Est-il vrai qu'il ne resterait plus aux auteurs contemporains « qu'à glaner après les anciens et les habiles d'entre les modernes « ?

Sans doute, nous sommes, dans une large mesure, esclaves de la tradition. Chacun de nous a derrière lui tout un long passé, dont il est issu et dont il dépend. C'est d'ailleurs une des conditions mêmes de l'existence. La société et l'individu ont leurs assises solides dans le seul passé.

« pensées qu'elle pouvait former et sm·tout des sentiments suscep'­ tibles de l'agiter. La littérature, qui se pique de donner une expression exacte de ces idées et de ces sentiments, serait donc condamnée à reprendre sans cesse les mêmes thèmes. C'est en ce sens que Byron a pu prétendre qu'il ne saurait y avoir « d'éori­ vain absolument original ». II. En quoi consiste la véritable originalité. Aussi n'est-ce pas dans le choix du sujet qu'il convient de i) Elle ne réside rechercher l'originalité. Notre littérature du xvi' et du xvne siècle Pa:dandle~o~x nous en fournit une éclatante confirmation. m me u suJe • . Ronsard et les poètes de la Pléiade se sont mis résolument à l'école des anciens, leur empruntant non seulement des sujets, mais encore des cadres, et des procédés d'expression. Adeptes fervents de l'humanisme, ils proclament que l'esprit humain n'a pas varié dans son fond. De même les classiques du xvn• siècle admettent que les héros d'Homère, les personnage~ de Sophocle et d'Euripide sont susceptibles de nous intéresser. Cependant les Amours de Ronsard, les Regrets de du Bellay, les Fables de La Fontaine, les tragédies de Racine, constituent autant d'œuvres nouvelles et personnelles. C'est donc que la véritable originalité consiste dans la façon 2) Elle réside dans de traiter les sujets choisis. « Qu'on ·ne dise pas que je n'ai rien la mise en œu­ dit de nouveau, écrivait Pascal. La disposition des matières est vre. no.uvelle. Quand on joue à la paume, c'est une même balle dont an joue l'un et l'autre, mais l'un la place mieux •· Ainsi s'explique la prédilection que les représentants de l'école 3) qn peut donc classique affichaient pour les anciens. Us estimaient qu.e, ceux-ci ~~;::~t 0~~n:L ayant su démêler le fond éternel de la nature humaine, on ne saurait faillir en les prenant pour modèles. Et cependant ni Racine, ni Molière, ni La Fontaine ne furent des plagiaires. Sans doute Racine emprunte à Euripide le sujet d'Iphigénie ; a) Racine il puise chez Tacite l'idée de Britannicus. Néanmoins ses per- sonnages vivent d'une vie qui leur est propre ; chacun d'eux a son individualité nettement accusée et ne ressemble absolument à aucun de ceux qui portent le même nom dans les œuvres anté- »

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