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SCIENCES HUMAINES CULTURE ET CIVILISATION I.

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SCIENCES HUMAINES CULTURE ET CIVILISATION I. L'EPISTEMOLOGIE. L'épistémologie est la partie de la philosophie des sciences qui réfléchit à ce qu'est la science. L'épistémologie vise à répondre à la question: qu'est-ce qui nous permet de dire qu'un discours est scientifique, alors qu'un autre ne l'est pas ? C'est fondamentalement une recherche des critères de la scientificité. Beaucoup de discours se présentent comme scientifiques alors qu'ils ne le sont pas. Comment le montrer ? Elle n'est pas que ça, elle n'est pas que cette critériologie. Elle touche aussi au problème de la connaissance et des différents types de connaissances. Elle vise justement à montrer que la connaissance scientifique peut regrouper ou être totalement différente d'autres modes de connaissances. Car il y a tout de même d'autres modes de connaissances que la science. L'épistémologie est donc une réflexion sur la science. Elle consiste toujours à se demander si ce qui se présente comme scientifique l'est ou ne l'est pas. Or, l'approbation d'une science passe toujours par quelques définitions de concepts de base. Toutes les sciences utilisent des concepts. Un concept est une idée sur laquelle tout le monde peut se mettre d'accord. Par exemple, il y a un accord chez les mathématiciens pour définir le triangle rectangle. Par contre il n'y a pas encore d'accord en philosophie orale pour définir la justice. On a 2 ou 3 définitions fondamentales mais on n'arrive pas à les unifier. C'est cette universalité de concepts qui est le signe du concept. Très souvent la fondation d'une science passe par la définition de quelques concepts. Cette définition crée une rupture qui permet de distinguer les types de discours et met en place un processus de pensée scientifique qui se remarque au fait qu'elle ait une pensée cumulative. Car un concept peut servir en dehors de la science qui la définit. Certaines découvertes en physique ou en chimie servent à d'autres disciplines. Exemple: la physique a été fondée au 17ème siècle, cela a demandé à peu près un siècle, en passant par la découverte de Galilée de la loi des chutes des corps, et la théorie de Newton (gravitation universelle), en passant par Descartes, Pascal et beaucoup d'autres qui ont fait des expériences, des calculs et cherchaient à définir des notions. Par exemple: la définition de notion de force; tout le monde sait par l'expérience vécue ce qu'est une force. Nos sentiments, une intuition, une expérience vécue ne sont pas des concepts. Or, la réflexion sur la notion de force a permis de distinguer le poids et la masse. Le poids, tout le monde en a eu l'expérience, mais par cette expérience sensible, vous ne pouvez pas arriver à la connaissance conceptuelle qui permet de distinguer le poids et la masse. Et toute la physique moderne est construite sur cette distinction: la masse est constante, le poids varie selon l'altitude, c'est ce que Pascal a commencé à montrer et ce que montre encore nos satellites quand les gens sont en état d'apesanteur. Entre les 2, cela a permis de découvrir la force de gravité et d'élaborer la théorie de l'attraction universelle. Vous voyez que le poids est une expérience sensible, la masse est un concept construit. Là c'est dans le domaine des sciences de la nature, mais ceci est vrai pour toutes les sciences, qui passent toujours par la définition de concepts de base. Et quand ceci est fait, le travail de l'une peut servir aux autres. C'est comme ça que les médecins peuvent reprendre de la chimie ou de la physique et s'en servir et toute sécurité parce qu'on sait de quoi on parle. C'est un discours universel. Alors la question se pose pour les sciences humaines, elles sont un peu dans l'étape des sciences de la nature au 17ème et au 18ème siècle. Elles ont fait quelques découvertes, ont quelques concepts de base, mais elles se battent toujours sur un certain nombre de notions fondamentales pour elles. 1 www.mediprepa.com II. LA NOTION DE CULTURE. La notion de culture fait partie des notions fondamentales. Cette notion est d'abord une notion de sens commun, elle appartient à l'histoire de différentes sociétés. Pourrait-on un jour transformer cette notion en concept scientifique véritablement opératoire ? Le débat est en cours. Si le sujet vous intéresse, vous pourrez regarder le livre de Denis Cuche "La notion de culture dans les sciences sociales", qui montre tous les débats de cette notion chez les historiens, chez les psychanalystes, etc... La notion de culture est une notion qui est l'objet de beaucoup de discussions, et même de rejets. Certains pensent qu'il faudrait essayer de s'en passer. La culture a des ennemis, de tout temps, en particulier dans les régimes totalitaires. Le propre des régimes totalitaires c'est de vouloir remplacer la culture par la propagande. L'intérêt des régimes totalitaires pour la culture doit vous mettre en éveil, vous montrer qu'il y a là un enjeu colossal. Certains diront que la culture est un concept fétiche, c'est pour ceux qui n'ont rien à faire, et qui vont se promener dans les musées à l'heure de la sieste. D'autres diront que la culture est une notion tout à fait incertaine, compromise et dont il faudrait faire l'économie. Pour ma part, je suis de ceux qui pensent que la notion de culture n'est pas encore un concept véritablement construit mais que justement on peut y travailler et que ça en vaut la peine. Des philosophes, des spécialistes de sciences humaines vont dans ce sens. Alors c'est donc à construire, à cerner d'abord le sens de cette notion de sens commun, que nous allons travailler. La question est: Comment peut-on avancer sur un sujet aussi touffu ? Il y a une petite méthode qui est appliquée par les lexicographes (les gens qui cherchent le sens des mots de façon aussi précise que possible dans le but de faire des dictionnaires). Quand vous cherchez un mot dans le dictionnaire, il faut vous poser la question: Comment ont-ils fait pour faire le dictionnaire ? Une science est toujours une pratique, on la fait, on la produit. Comment travaillent les gens qui font les dictionnaires ? Ils ont plusieurs méthodes, ils profitent du travail des autres, comme toutes les sciences, car toutes les sciences sont des activités communes. Jamais un savant n'a fait une science tout seul. Ce qu'un savant fait, c'est réformer ou refonder une partie d'une science. C'est une des grandes différences entre la science et la littérature ou l'art, l'oeuvre de Picasso ne peut être que de Picasso. La méthode utilisée est la méthode des champs sémantiques. Par exemple, quand on veut préciser le sens des mots désignant l'habitat, on prend le mot le plus neutre, ici donc le mot maison (mot d'usage le plus universel, on peut appeler maison à peu près tout ce qui s'habite), et on classe après tous les mots qui désignent différentes espèces de maisons ou d'habitat, à un bout on a le château, le palais, à l'autre bout la hutte, la cabane, etc... on a également l'hôtel particulier, la chaumière. On a donc tout un vocabulaire. Et on voit que ce vocabulaire est structuré par un certain nombre d'oppositions. Pour la maison par exemple: opposition entre grande et petite, entre riche et pauvre, entre urbaine et rurale. Cela révèle des connexions auxquelles on ne pense pas toujours. Il y a des mots récents et anciens, des mots courants et des mots rares, des mots à la mode et des mots vieillis, aisés et vieillis par rapport à faciles. C'est donc en dégageant tous ces systèmes d'opposition qu'on peut mettre de l'ordre dans la langue et que l'on peut définir un peu le sens des mots. On peut le faire pour le vocabulaire de la culture. On peut s'interroger sur le champ sémantique du vocabulaire de la culture dans la langue française par exemple. Et on verra que culture et civilisation sont presque synonymes. Ceci est bizarre car le français a fait la chasse aux synonymes. Pourquoi y-a-t-il ces 2 mots: on voit que culture est un substantif qui a 2 adjectifs: cultivé et culturel. Cela se recoupe. Vous ne dites pas d'un homme qu'il est culturel mais cultivé. Vous dites d'un champ qu'il est cultivé. On parle du ministère des affaires culturelles. Si vous regardez dans votre dictionnaire, vous verrez que cultivé remonte au 12ème siècle, alors que culturel remonte aux années 20 du 20ème siècle, et que c'est un emprunt à l'allemand. Un emprunt, fut-ce d'une notion abstraite, est un phénomène international, de transfert culturel. On a emprunté automobile, on emprunte tous les jours des mots à l'anglais, là on est complètement dans l'histoire des cultures. Alors pourquoi cette invention d'un mot culturel en allemand qui passe en français. Pourquoi n'est-il pas passé plus tôt en français, car il existe en allemand depuis le début du 19ème siècle. Voilà quelques questions qu'il faut se poser. Et quand on se pose ces questions, on arrive à dégager dans l'histoire du mot culture et dans la 2 www.mediprepa.com nébuleuse de sens qui parait d'abord un peu insignifiante, 3000 mots fondamentaux de signification et qui correspondent à des pratiques sociales différentes, à un approfondissement de la notion, à une espèce de radicalisation de la notion. Le 1er niveau de sens est le niveau de sens que j'appellerai de la culture cultivée. Quand vous cherchez un mot, cherchez aussi son antonyme, son opposé, cela vous éclaire beaucoup. Ici le contraire de culture c'est ignorance, rusticité, rudesse, grossièreté. Les synonymes de la culture, au sens cultivé, c'est l'instruction, l'éducation, la formation, les exercices, les compétences, les oeuvres, les modèles. La culture est une propriété acquise par des individus en fonction de leur époque, de leur milieu social et de leur pays, elle concerne la maîtrise du langage, de la langue, de l'écriture, de certains arts, et elle relève d'une formation. Ce sens du mot culture est fondamental, tellement fondamental qu'elle a ses institutions, outre la famille qui transmet cette culture, il y a l'école, l'université, les théâtres, les musées, et une bonne partie des loisirs aussi. Un 2ème niveau: le mot culturel. L'antithèse c'est barbare. Le barbare n'est pas celui qui n'a pas de culture, c'est celui qui a une culture qui ne nous plaît pas. La culture ici est toujours le propre d'un groupe, soit un sous-groupe, comme par exemple la jeunesse, qui n'a pas tout fait les mêmes goûts pour les loisirs, les vêtements, etc... que les anciens. Elle est le fait d'un sous-groupe ou d'un grand groupe: classe sociale, groupe religieux, ethnies, peuple, nation. Et ici la culture est une propriété collective, c'est un patrimoine. Le château de Versailles fait partie d'un certain patrimoine de la France, voire d'un patrimoine de l'humanité. On appellera la culture ici l'ensemble des découvertes, inventions, productions de la vie matérielle, intellectuelle, esthétique ou spirituelle dans lequel se reconnaît un groupe et une société. On verra que la culture dans ce sens là a une forte connotation identitaire. La culture c'est ce qui distingue un groupe d'un autre. Un 3ème niveau de sens: la culture que j'appellerai hominisation. Ce niveau de sens a été él...

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