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Quel sens peut-on donner à l'expression « c'est plus fort que moi » ?

Publié le 10/02/2011

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• Nécessité de définir un objet de réflexion à partir de l'étude d'une expression courante. Pour cela, il convient de mettre en évidence ses implications, les conceptions sous-jacentes qui la rendent possible, et de les évaluer. L'expression « c'est plus fort que moi « donne-t-elle de la vie psychique une représentation adéquate ? A-t-elle une valeur explicative ? Suggère-t-elle fidèlement certains processus mentaux? Problème à envisager: quelle est la validité de la vision commune que l'on se fait du psychisme ?     

« n'est même plus maître chez lui »). — Extension de cette analyse aux autres phénomènes de la vie psychique qui relèvent du même mécanisme:obsession, symptôme névrotique, fantasme, compulsion, etc. • Troisième partie: problématisation de l'expression. — Les manifestations « incontrôlées » du psychisme sont-elles dissociables d'un état général de l'être? La passionelle-même a-t-elle un statut psychologique nettement définissable indépendamment d'une disposition générale dupsychisme saisi comme un tout? — Passions et réactions diverses n'attestent pas le triomphe de forces contraires (à la raison) mais bien plutôt lepouvoir qu'a un conflit psychique de produire des effets déterminés en dehors de tout contrôle conscient. — D'où la nécessité de transformer la représentation commune de l'activité psychique.

Il n'y a pas une instancepsychologique maîtresse (le moi, la conscience) qui serait plus ou moins « assaillie » par des désirs et des forces detous ordres, mais un tout complexe du psychisme dont la conscience n'est qu'une différenciation souvent marginale.Que le moi se sente fort ou faible n'est qu'un épiphénomène d'un certain rapport d'équilibre ou de déséquilibre entredes exigences dont il est chargé d'assurer le compromis (cf.

Freud, Nouvelles conférences sur la psychanalyse.Troisième conférence : les diverses instances de la personnalité psychique, Éditions Idées, Gallimard, page 78).Ainsi, une angoisse non maîtrisée résulte de l'intensité de culpabilisations liées à ce que Freud appelle les « tracesmnésiques » laissées par certaines expériences relationnelles infantiles. • Quatrième partie: les implications morales du problème. — Les enjeux de la réflexion menée sont particulièrement sensibles en matière de responsabilité (cf.

la notion decirconstances atténuantes: «il n'était plus maître de lui-même»). — Problématique du rapport entre connaissance et action.

Cf.

Socrate: « Nul n'est méchant volontairement.» Unevolonté qui «fonctionne» dans l'ignorance ne peut réellement se maîtriser. Cf.

aussi Kant (la bonne volonté se détermine elle-même, en refusant les séductions « hétéronomes » desinclinations sensibles). • Conclusion. — Caractère peu rigoureux et inadéquat des conceptions qui sous-tendent l'expression proposée. — Nécessité de distinguer entre l'explication du psychisme (reconnaissance d'une causalité psychique produisantdes effets spécifiques) et la justification de toute réaction, de tout comportement (confusion entre l'explication etl'alibi). — L'élucidation d'une telle distinction requiert une réflexion précise sur le statut de la liberté.. »

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